LA CONFERENCE DE PRESSE KOUCHNER-BERMUDEZ A PARIS LE 29 JUILLET

30 juillet 2008 

Voici le compte-rendu émis par le ministère français des Affaires étrangères sur la conférence de presse commune entre Bernard Kouchner et son homologue, le nouveau ministre colombien Jaime Bermudez, à Paris, le 29 juillet:

Bernard Kouchner: Je suis heureux d'avoir accueilli mon homologue M. Jaime Bermudez, ministre des Relations extérieures de Colombie accompagné de M. Luis-Guillermo Plata, ministre du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme. Ils auront l'occasion de rencontrer Mme Lagarde ce soir. 

Avec M. Bermudez, nous avons pu nous réjouir, ensemble et tourner un peu, à moitié, la page des otages. Nous avons eu pendant toute cette année passée, des rapports très étroits avec le président Uribe, nous avons beaucoup mobilisé la communauté internationale et la presse en particulier pour que notre compatriote, Mme Ingrid Betancourt soit libérée ainsi que tous les autres otages. 

Nous avons emprunté tous les chemins possibles, en particulier des chemins qui n'étaient pas toujours agréables à M. Uribe, par exemple avec M. Chavez ou M. Correa, mais nous avons réussi. Ils ont réussi, les Latino-américains, pas nous. Ils ont réussi cette libération en deux temps, deux puis quatre et enfin, grâce au président Uribe, les 14 qui ont été libérés dont Ingrid Betancourt. 

Nous remercions une fois de plus le gouvernement colombien et M. le président Uribe tout particulièrement. 

Nous avons parlé de bien d'autres choses mais je veux d'abord laisser mon collègue s'adresser à vous et nous vous dirons quels ont été les autres sujets de notre longue discussion. 

Q - Monsieur le Ministre, j'aimerais connaître la position de la France aujourd'hui, après l'annonce du président Uribe de ne pas permettre une médiation étrangère ? 

R - Le président Uribe est libre chez lui. Il a, je crois, déjà prouvé qu'il avait rétabli sur le territoire la liberté de se déplacer et plus de sécurité qu'il en existait auparavant. Il lui appartient de définir s'il sera un jour utile de recourir à une médiation. Peut-être aujourd'hui, juge-t-il que cela n'est pas utile, mais il avait déjà, avec l'Espagne, la Suisse et la France, des accords pour que des négociations aient lieu. 

Peut-être que cela reviendra, je sais qu'il y a quelques difficultés avec nos amis suisses, mais je ne doute pas que ces difficultés seront surmontées. 

Je peux ajouter que nous avons toujours, le président Sarkozy, moi-même et tous ceux qui se sont occupés de cette triste affaire dit qu'il fallait libérer Ingrid Betancourt et tous les otages. 

Nous sommes disposés à apporter notre soutien si c'est nécessaire, nous le ferons avec plaisir. 

Q - J'ai deux questions. La première en ce qui concerne l'engagement pris par la France en faveur des Programmes de réinsertion en Colombie et le fait que la France pourrait accueillir des Guérilleros démobilisés, non prisonniers ? Et il y a eu des déclarations de Raoul Reyes à propos du paiement d'une somme d'argent, pouvez-vous nous donner des précisions ? 

R - Si on nous demande de participer à ce programme de réhabilitation et que nous y soyons à notre place, c'est-à-dire qu'il nous faut non seulement des personnes disponibles mais des professionnels qui parlent l'espagnol. Je connais un peu ces programmes, c'est difficile, mais nous y sommes tout à fait disposés si nous sommes utiles à aider nos amis Colombiens. 

Quant à l'accueil en France de guérilleros, dès lors qu'ils seraient en règle avec la justice colombienne, - en règle avec la justice colombienne, nous l'avons souligné, le président de la République l'a rappelé et évidemment, nous tiendrons notre parole. Mais j'ai clairement rappelé la nécessité d'être en règle avec la justice colombienne. 

Q - Des prisonniers ou des guérilleros qui se démobiliseraient ? 

R - Ce ne sont pas des prisonniers, ce seraient des guérilleros qui voudraient renoncer à la violence, changer de pays et seraient en règle avec la justice colombienne. Nous n'allons pas accepter, nous, des gens qui s'enfuiraient en France, car il nous faudrait les extrader en Colombie. Il faut que ce soit clair. 

Si la justice colombienne décide d'une amnistie et qu'elle propose qu'un certain nombre de guérilleros pourraient en bénéficier, la France serait disposée à les accueillir s'ils le souhaitent. Mais il faut qu'ils soient en règle avec la justice. 

Q - Que comptez-vous faire pour intervenir, d'une façon ou d'une autre pour obtenir la libération de ce soldat franco-israélien ? 

R - Nous avons dit que tout ce que la France est capable de mobiliser comme énergie pour la libération des otages dans tous les endroits du monde, nous le ferons. Le président de la République a souligné qu'il l'avait fait pour les infirmières bulgares qui furent retenues en Libye, nous l'avons fait pour notre compatriote Ingrid Betancourt qui était otage des FARC en Colombie et le troisième exemple, c'est le soldat Gilad Shalit qui est otage du Hamas à Gaza. 

Nous allons essayer, nous ferons tout ce que nous pourrons. Je ne vous en dirai pas plus mais simplement, il y a eu beaucoup de gens qui se sont impliqués dans cette affaire, triste affaire puisque le soldat Shalit qui est français lui aussi n'a pas pu écrire à ses parents depuis deux ans, ils n'ont pas eu de nouvelles du tout. Il faut absolument que, non seulement ils aient des nouvelles, mais qu'il soit libéré. Simplement, il y a eu des intermédiaires, il y en a encore et il ne faut pas mélanger ni les styles, ni les bonnes volontés. Il faut qu'il y ait de la coordination et de la complémentarité. Mais, oui, nous sommes décidés à faire tout ce que nous pourrons pour ne pas gêner et pour être utile. 

Q - Si M. Saez est appelé à témoigner par la justice colombienne, doit-il s'y rendre ? 

R - S'il est appelé à témoigner par un magistrat, il s'y rendra j'imagine. 

Noël Saez est un homme très courageux qui a servi la France, comme intermédiaire dans cette affaire depuis le début. 

Il a une expérience qui, à travers l'Amérique latine, comme diplomate, lui a permis de prendre des contacts et d'être extrêmement utile au cours de toutes les tentatives qui n'étaient jamais réussies puisqu'elles n'ont pas abouti à une libération. 

Mais jusqu'à la fin, jusqu'à la libération par le président Uribe et par l'armée colombienne, il a été extrêmement utile et extrêmement courageux. Il a d'ailleurs été décoré de la Légion d'honneur, hier par le président de la République française. Nous ne doutons donc pas une seconde que cet homme soit un homme intègre et s'il était appelé par un magistrat pour témoigner, il s'y rendrait. Je ne peux pas répondre à sa place. Le connaissant, et le connaissant depuis maintenant près de 15 ans, puisque je l'ai rencontré au Salvador pour al première fois, je l'ai parfois rencontré dans des endroits très difficiles, il a toujours témoigné de son intelligence et de son courage. Je vous donne mon sentiment, Noël Saez est un très grand serviteur de la République française./. 



Archive pour juillet, 2008

LA CONNEXION ESPAGNOLE DES FARC

29 juillet 2008 

La responsable des FARC en Espagne, Maria Remedios Garcia Albert, alias « Irene », a été remise en liberté sous caution, mais elle reste accusée par l’Audience nationale (ministère public) de « collaboration ou participation à une organisation terroriste ». En Colombie, le procureur général Mario Iguaran a ouvert une enquête contre cette ressortissante espagnole. Elle pourrait déboucher sur une demande d’extradition. 

Quatre autres Espagnols vont faire l’objet de poursuites similaires. Leurs noms n’ont pas été révélés par les autorités colombiennes et espagnoles. Ces personnes ont échangé 94 courriers électroniques avec Raul Reyes, le n°2 des FARC abattu le 1er mars dernier. 

Les communistes espagnols ont réagi avec un humour involontaire à l’action judiciaire lancée contre « Irene ». Pour le chef du groupe parlementaire Gauche unie (IU- communiste), le député espagnol Gaspar Llamazares, María Remedios García Albert « n’a rien à voir avec la guérilla, et son activité n’est qu’humanitaire ». 

Les myriades de courriels échangés entre « Irene » et Raul Reyes prouvent le contraire, mais les communistes nous ont habitué à utiliser le mensonge comme une seconde nature. Les accords “humanitaires”, que les FARC exigent sans jamais les réaliser, concernent une barbarie sans limites, avec la séquestration de milliers de Colombiens, certains depuis onze ans, comme le colonel Luis Mendieta…   

Je doute fort que le juge Baltasar Garzon, fin connaisseur de la Colombie où il se rend régulièrement dans des communautés indiennes, ne poursuive pas jusqu’au bout son action contre les réseaux terroristes des FARC en Espagne, comme il le fait à l’égard de l’ETA.



1000e du blog !

29 juillet 2008

Voici le 1.000e post de “notre” blog. Merci à vous tous pour vos témoignages, réactions, traductions (Colibri surtout), suggestions et informations.

Continuons !

NICARAGUA: LE HERAUT DES CHANSONS SANDINISTES INTERDIT A LA “DICTATURE FAMILIALE” DU PRESIDENT ORTEGA D’UTILISER SES COMPOSITIONS

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28 juillet 2008

Au pays du “violeur, incestueux et pédophile” Daniel Ortega, comme le dénonçait Mario Vargas Llosa hier dans El Pais de Madrid, même le héraut de la geste sandiniste, Carlos Mejia Godoy (photo), refuse au chef de l'Etat le droit d'avoir recours à ses chansons dans ses meetings.

Voici le lien d'un article sur ce thème signé dans El Pais par Sergio Ramirez, ancien vice-président sandiniste sous le premier mandat de Daniel Ortega.

http://www.elpais.com/articulo/arte/Canciones/confiscadas/elpepuculbab/20080705elpbabart_2/Tes

Carlos Mejia Godoy a dénoncé la “dictature familiale (des Ortega), réplique sordide de la tyrannie des  Somoza” pour justifier sa décision.

Comment un tel président a-t-il encore l'aplomb de qualifier les terroristes colombiens des FARC de “frères”, et le régime démocratique colombien de “terroriste d'Etat”, plutôt que de démissionner? La justice suivra-t-elle un jour son cours pour punir ce pédophile dénoncé par la fille de sa femme, Rosario Murillo, elle-même complice des crimes sexuels de son mari président ?

Pourquoi la presse colombienne ne met-elle pas l'accent sur cet énorme  scandale ?

 

LA FRANCE VA-T-ELLE IMITER L’ESPAGNE ET ARRETER LES ANTENNES DES FARC DANS L’HEXAGONE ?

 

  

28 juillet 2008 

 

La chasse aux FARC en Europe et dans le monde a commencé et ne devrait plus s’arrêter, à condition de maintenir la pression sur les pays complices de ces antennes de la guérilla. L’Espagne a donné l’hallali, avec la détention de la déléguée des FARC, « Irène ». Elle a été laissé en liberté provisoire hier soir par le juge Baltasar Garzon, avec obligation de payer une caution de 12.000 euros cette semaine. 

 

En France, les services secrets n’ignorent rien des coordonnées de ces terroristes en civil, souvent dissimulés sous le statut de pseudo réfugiés politiques, avec rente à vie et logement social. Le pays des droits de l'Homme ne peut confondre ses principes avec la cécité face aux complices du terrorisme colombien.  

 

En Suède, membre de l’Union européenne (UE), les agents des FARC ont pignon sur rue avec l’agence ANNCOL, bras politique de la guérilla terroriste. Il suffit de lire le contenu de cette agence pour en avoir conscience. 

 

En Suisse, non membre de l’UE, les délégués des FARC prolifèrent. Berne ne pourra maintenir bien longtemps sa politique de l’autruche. 

 

J’invite les lecteurs de ce blog à réagir et à compléter ce panorama avec des informations concrètes sur cette diaspora hyperactive.   



UN ARTICLE DE EL PAIS DE MADRID SUR “L’OURAGAN INGRID” (dans sa revue DOMINGO)

27 juillet 2008

Voici le lien de cet article. Colibri, inutile de le traduire. Le journaliste cite mon bouquin sur Ingrid.

http://www.elpais.com/articulo/reportajes/huracan/Ingrid/sorprende/mundo/elpepusocdmg/20080727elpdmgrep_3/Tes/

MARIO VARGAS LLOSA DENONCE LE “COMMANDANT VIOLEUR, INCESTUEUX ET PEDOPHILE”, LE PRESIDENT DU NICARAGUA DANIEL ORTEGA

Voici le lien de son article dans El Pais de Madrid. Relire ce que j'ai déjà lu dans la confession de Zoilamerica (cf. intégralité dans ce blog) me donne à nouveau la nausée, et me révolte.

http://www.elpais.com/articulo/opinion/historia/infamia/elppgl/20080727elpepiopi_11/TesTradjctio 

Traduction de Colibri: 

TRIBUNE: MARIO VARGAS LLOSA

Pour l’histoire de l’infamie

La Cour interaméricaine des droits de l’homme accepte la plainte dans laquelle la belle-fille de Daniel Ortega l’accuse d’agressions sexuelles pendant 20 ans. Au Nicaragua, la plainte avait été rejetée.

MARIO VARGAS LLOSA, le 27 juillet 2008

Le mercredi 16 juillet, des dizaines de milliers de Nicaraguayens ont manifesté dans les rues de Managua pour demander la démission du président Daniel Ortega, qu’ils accusent d’être en train de convertir la démocratie fragile et imparfaite que connaît leur pays en une dictature aussi corrompue et autoritaire que celle dont a souffert le Nicaragua sous Somoza. La manifestation s’est tenue à l’appel de la Coordination civile, qui réunit environ 600 organisations civiques, partis et mouvements de l’ensemble du spectre politique, beaucoup d’indépendants, des associations féministes et des intellectuels.

Il s’agit de la première bonne nouvelle qui nous parvienne de ce malheureux pays – le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique latine, après Haïti – depuis que, dans un acte de véritable délire collectif, les électeurs ont choisi l’année passée Daniel Ortega pour occuper le poste de premier magistrat de la nation, oubliant son premier mandat catastrophique (1985-1990) et légitimant son pacte mafieux avec l’ex-président ‘libéral’ Arnoldo Alemán, condamné en 2003 à 20 ans de prison pour avoir pillé les coffres de l’Etat, gaspillant et volant la somme vertigineuse de 250 millions de dollars. Le pseudo-condamné multimillionnaire exécute aujourd’hui sa peine dans une finca privée, vivant comme un prince, recevant toutes les visites qu’il lui plaît de recevoir, et voyageant à Managua quand cela lui chante pour donner des consignes à son groupe parlementaire qui, uni à celui des Sandinistes, détient la majorité au Congrès. Cette alliance mafieuse et contrenature entre une soit-disant gauche et une soit-disant droite- en réalité, deux bandes de gangsters déguisées en partis politiques – a permis la dénaturation de la justice, posé ainsi les bases d’une nouvelle dictature et ouvert la porte pour que Daniel Ortega et Arnoldo Alemán s’en tirent à bon compte et soient exonérés de tout paiement pour les délits qu’on leur impute. Les électeurs qui, par ingénuité, ignorance ou fanatisme, avaient consacré cette alliance contre-nature se repentent déjà de leur erreur, puisque, selon les dernières enquêtes, la popularité du président Ortega est en chute libre depuis qu’il est arrivé au pouvoir en janvier 2007. Il n’est plus soutenu aujourd’hui que par 21% des Nicaraguayens.

C’est encore très élevé si l’on prend en compte le cursus du ‘commandant’ Ortega. Je résume l’histoire de sa belle-fille Zoilamérica Narváez, ainsi qu’elle apparaît dans deux publications qui me paraissent absolument dignes de foi (El País de Madrid, daté du 29 juin 2008, et Búsqueda, de Montevideo, daté du 5 juin 2008), mais le lecteur qui a l’estomac suffisamment solide pour cela pourra lire sur internet le témoignage complet de ces péripéties qui paraissent tirées d’un roman du Marquis de Sade.

Zoilamérica est la fille de Rosario Murillo, épouse d’Ortega, coordinatrice des Conseils du pouvoir citoyen et, selon certains, la détentrice du véritable pouvoir derrière le trône nicaraguayen. Le 22 mai 1998, Zoilamérica, militante du Front Sandiniste de Libération Nationale, a rendu public son témoignage contre son père-adoptif, révélant que, depuis l’âge de 11 ans, ‘j’ai été harcelée et abusée sexuellement par Daniel Ortega Saavedra, ces pratiques s’étant poursuivies pendant pratiquement 20 années de ma vie’. Les précisions, les détails et les circonstances du récit de Zoilamérica sont terrifiants, et révèlent chez son bourreau, harceleur et violeur, un cynisme et une cruauté quasi-pathologiques. Le chemin de croix de l’enfant a commencé en 1979, lorsque le révolutionnaire vivait dans la clandestinité au Costa Rica. Chaque fois que la mère s’absentait, il en profitait pour ‘me peloter et toucher mes organes génitaux. Je me suis souvenue il y a peu de temps qu’il mettait aussi son pénis dans ma bouche’.
La terreur et la honte faisaient que l’enfant supportait tout cela sans dénoncer les faits à sa mère qui, semble-t-il, dédiée corps et âme à la politique, était totalement dans la lune au regard des horreurs que perpétrait son mari dans son dos. Le ‘commandant’ entrait dans la salle de bains pendant que Zoilamérica se douchait et se masturbait en la regardant, tout en caressant ses vêtements. La nuit il s’introduisait dans la chambre que la petite fille partageait avec son frère Rafael, ‘il entreprenait de m’ôter une partie de la couverture de mon corps, il continuait en me tripotant et ensuite il terminait en se masturbant. Il me disait de ne pas faire de raffut pour ne pas réveiller Rafael… et il me disait : ‘tu verras qu’avec le temps tu finiras pas aimer ça !’’.

Lorsque les sandinistes ont renversé Anastasio Somoza en 1979, la famille Ortega Murillo a déménagé à Managua, où Zoilamérica reçut une chambre pour elle seule. Ce fut, dit-elle, un cauchemar pire encore. La nuit, le commandant se glissait dans le lit de l’enfant de 12 ans et s’en donnait à cœur joie. Elle commença à souffrir de ‘frissons, de nausées et de claquements des mâchoires’. Elle vivait avec une sensation constante de panique, du fait des agressions dont elle était l’objet, et de la perspective que toute cela finirait par se savoir, la plaçant au centre d’un grand scandale. Dérobant du temps à ses obligations gouvernementales, le ‘commandant’ apparaissait soudain à la maison à l’heure où il savait que Zoilamérica se trouvait seule et exigeait qu’elle participât à ses jeux sexuels : ‘il me disait de bouger, que comme ça, ce serait bon. ‘Tu aimes ça, hein ?’ me disait-il, tandis que je demeurais dans un silence absolu sans avoir la force de crier ni d’appeler ma maman. La peur m’en empêchait. Je sentais ma gorge desséchée, j’étouffais et je tremblais. Son contact me transmettait des frissons et un mal-être intenses, me donnait la nausée, et je me croyais sale, très sale, car j’avais la sensation que cet homme, que je rejetais, me souillait entièrement. J’ai commencé à me doucher plusieurs fois par jour, pour m’enlever cette saleté’.

Les audaces du ‘commandant’ croissaient avec le temps. Il obligeait sa belle-fille à visionner avec lui des films pornographiques, et il lui montrait des revues érotiques, comme Playboy. Un jour, il se présenta à la maison avec un vibromasseur qu’il entendait faire utiliser à Zoilamérica, mais l’appareil n’a pas fonctionné. En 1982, il la viola, sur le tapis de sa chambre. ‘Je pleurais et j’avais la nausée. Il a éjaculé sur mon corps pour ne pas courir de risques de grossesse, et il a continué à faire cela de nombreuses autres fois : ma bouche, mes jambes et mes seins étaient les zones où il répandait le plus souvent son sperme, malgré mon dégoût et ma répugnance. Dès lors, pour moi, la vie prit une signification douloureuse. Les nuits furent beaucoup plus téméraires, j’écoutais ses pas dans le couloir avec son uniforme militaire ; je me souviens parfaitement du vert olive et des lauriers bordés sur son uniforme’.
Le témoignage se poursuit sur le même ton, sur beaucoup d’autres pages, avec une infinité de détails où il est difficile de déterminer ce qui est pire, de la lâcheté du tout-puissant dirigeant ‘révolutionnaire’ qui a maintenu pendant 20 ans de sa vie sa belle-fille dans une situation d’esclave sexuelle ou de la vilenie de l’appareil militaire et politique à son service qui protégeaient ces agressions en empêchant que la jeune fille dénonce son bourreau.

Lorsque le scandale a éclaté, Mme Rosario Murillo a pris la défense de son mari et accusé sa fille de comploter avec les ennemis du sandinisme. Il y a quelques années, en 2004 – les urgences de la politique – l’épouse du ‘commandant’ a joué à la radio une réconciliation avec sa fille, qui, néanmoins, a maintenu l’ensemble de ses accusations contre son père adoptif. Mais celui-ci avait déjà pris toutes les dispositions nécessaires pour se jouer de la justice. Le tribunal pénal numéro 1 de Managua, dirigé par la guerrillera Juana Méndez, fidèle militante sandiniste, a sursis à statuer. Face à la récusation de la plaignante, la présidente du tribunal pénal numéro 2 de Managua, Ileana Pérez, autre sandiniste confirmée, n’a eu besoin que d’un jour pour rejeter la plainte. Mais la Cour interaméricaine des droits de l’homme vient d’accepter de connaître de la demande contre l’Etat du Nicaragua pour ‘déni de justice’. L’accusation contre le ‘commandant’ violeur, incestueux et pédophile pourra-t-elle y prospérer ? A en juger par la lenteur toute géologique avec laquelle les juges examinent l’affaire, on dirait que le haut tribunal de l’OEA est plus que réticent à condamner un chef d’Etat en exercice, et, qui plus est, progressiste et révolutionnaire.

C’est cela aussi, hélas, l’Amérique latine d’aujourd’hui. Mais pas seulement cela, heureusement. Il existe une autre réalité latino-américaine qui tourne le dos à ces manifestations extrêmes de la brutalité et de la barbarie, où la justice commence à être digne de ce nom et où une femme ne peut pas être piétinée et agressée durant deux décennies par un tueur en uniforme vert olive armé de pistolets sans que les juges n’agissent pour défendre la victime. Au Nicaragua-même, bien des sandinistes décents, comme les frères Mejía Godoy –qui ont interdit à Ortega d’utiliser leurs chansons révolutionnaires – ont commencé à militer contre le nouveau despote et ses excès, dans le même temps que beaucoup d’associations féministes prenaient la défense de Zoilamérica. Mais que quelqu’un qui a été capable de commettre de telles atrocités se trouve de nouveau au pouvoir, revêtu de l’onction des votes de ses compatriotes, au lieu d’être en train de pourrir dans une prison, en dit long sur le chemin que doit encore parcourir la terre de Rubén Darío et de Sandino pour sortir de ce puits d’horreur et de honte qu’on appelle le sous-développement.

 

 

LE NON D’IVAN MARQUEZ A LA FRANCE ET A URIBE (TRADUCTION INTEGRALE PAR COLIBRI)

Voici la traduction COMPLETE en français par Colibri, que nous remercions une fois de plus!

Entretien avec Iván Márquez, du secrétariat des FARC
Vendredi 25 juillet 2008

Les agences Anncol et ABP Noticias présentent à leurs lecteurs la transcription des réponses apportées par le Commandant Iván Márquez, membre du secrétariat de l’Etat-major central des FARC-Armée du peuple, aux questions du journaliste William Parra de Telesur, sur différents thèmes relatifs à la réalité de la confrontation politique et sociale que connaît la Colombie.

Q : en premier lieu, que représente la mort du commandant Manuel Marulanda Vélez et comment la disparition de leur chef historique a-t-elle été digérée par les FARC ?

R : elle représente l’absence douloureuse d’un être indispensable ; du bâtisseur de l’Armée du Peuple ; du stratège de la Campagne bolivarienne pour la Nouvelle Colombie ; du commandant légendaire, artisan de la conception tactique, opérationnelle et stratégique des FARC et de la guerre de guerrillas mobiles ; du dirigeant politique de l’insurrection …. Manuel Marulanda Vélez – comme dans les vers de Neruda – ‘n’est pas mort. Il est au milieu de la poudre, debout, tel une mèche allumée’. Il continue à combattre depuis les montagnes rebelles de l’éternité. Il demeure vivant dans les fusils des guerrilleros des FARC, dans le Plan stratégique, dans la Plateforme bolivarienne pour la Nouvelle Colombie, et dans l’aspiration collective à la Grande Patrie et au Socialisme, qui sont comme un immense drapeau au vent. Devant notre Commandant en chef, sur l’autel de la patrie, nous avons juré de vaincre, et nous vaincrons. Comment digérons-nous cette absence? En réaffirmant notre détermination à lutter. En renforçant notre cohésion. En nous ancrant dans nos principes. En empoignant avec davantage de force le livre et les fusils du bouclier invincible de la guerrilla des FARC.

Q : de votre point de vue, quel est le principal héritage laissé par Manuel Marulanda Vélez au pays ?

R : d’avoir jeté les bases du Nouveau Pouvoir avec la construction d’une armée populaire bolivarienne, cohérent dans ses structures, organisé autour du Plan Stratégique, déterminé de manière irréversible à prendre le pouvoir pour le peuple. Manuel Marulanda Vélez est un exemple de conviction, de persévérance et de lutte acharnée. Jamais nous ne serons inférieurs à la foi déposée par les peuples de Notre Amérique dans la lutte de résistance des FARC. Leurs manifestations impressionnantes de solidarité nous font nous exclamer, comme le Libérateur Simón Bolívar que ‘notre résolution est imperturbable : l’indépendance, sinon rien’.

Q : pourriez-vous nous dresser un brève portrait de Manuel Marulanda Vélez ?

R : je travaille en ce moment à un portrait de lui intitulé ‘Manuel Marulanda Vélez, le héros insurgé de la Colombie de Bolívar’. Pour le moment, je ne trouve à répondre à votre demande qu’en vous citant les vers épiques et étincelants du poète Luis Vidales : ‘Je chante, Colombie, pour Manuel, le guerrillero/ C’est lui, Amérique latine, que je chante/ C’est lui, monde d’aujourd’hui, que je vous présente / Manuel est le père de la jungle colombienne / il est le berger de la paix dans le troupeau / Manuel est frère des fleuves et du vent / et là-bas où la montagne est plus libre / douce patrie vers le ciel, là-bas je le sens / dans sa louange la nuit illuminée / lâche sa fusillade d’étoiles / Les hautes terres propres l’ont vu colombien / et l’air pur fut doux à son sommeil / L’aigle qui passe est un tir d’arme à feu / chaque oiseau est comme un papier qui traverse le ciel / Pour lui parler de la patrie les arbres murmurent / et le tronc du palmier fait flamber sa bannière / pour indiquer que passe le guerrillero / Un moment ! lui dit l’aube limpide / et, sur un rocher de l’Ande américaine / elle fait de lui en pied une photo spectrale / Les arbres sont comme des escadres de son armée / en tant que défenseur du pauvre, proche parent du blé / il en est de lui comme de celui-là: quarante fois on l’a laissé pour mort / et quarante fois il est demeuré vivant.

Q : le commandant Marulanda est mort à un mauvais moment pour les FARC : le mois de mars a été très dur pour l’organisation insurgée ; vous avez perdu non seulement Raúl Reyes et Iván Ríos… Quel commentaire vous inspirent les circonstances qui ont caractérisé ce moment de mars si triste ?

R : nous autres révolutionnaires nous ne choisissons pas le moment de notre mort, mais en quelque endroit que la mort nous surprenne, qu’elle soit la bienvenue, comme dit le Che, pour autant –et ça, c’est moi qui le dis – que notre cri de lutte, de lutte pour la paix et la justice sociale, notre cri d’indépendance, de socialisme et Grande Patrie, parvienne à une oreille réceptive. La lutte que nous livrons est une lutte menée jusqu’à ses ultimes conséquences, car, ‘dans une révolution, si elle est sincère, on triomphe ou on meurt’. Les dénouements douloureux sont prévisibles dans toute confrontation, et à plus forte raison si l’on affronte un ennemi doté d’un grand pouvoir de feu, qui a amené la guerre au stade de la dégradation et qui bénéficie de l’appui entier des technologies militaires de pointe et des dollars que lui fournit le gouvernement des Etats-Unis dans le cadre de sa stratégie spoliatrice de domination et d’asservissement. Mais nous pouvons affirmer, malgré le triomphalisme médiatique, que nous sommes en train de sortir de l’horrible nuit de mars forts d’une expérience nouvelle et avec un horizon clair afin de continuer la bataille pour la paix, la justice sociale, la démocratie véritable et la dignité.

Q : pour beaucoup, ces coups reçus, ces morts, laissent les FARC dans une situation difficile. Plusieurs analystes considèrent que cette guerrilla est pratiquement vaincue sur le plan militaire ? Ont-ils raison ?

R : ils ne connaissent pas les FARC. Ils prennent leurs désirs pour la réalité et se bernent avec leurs propres illusions. Les FARC, ce n’est pas une armée de jeunes bleus. Il leur arrive, aux FARC, la même chose qu’à Bolívar, qui croissait dans l’adversité. La fin de la fin des FARC, on en parle depuis l’attaque de Marquetalia en mai 1964. En 44 ans, ils ont lancé toutes sortes de plans et d’opérations militaires pour les annihiler, et ils n’y ont pas réussi.. D’abord le plan LASO, acronyme anglais qui signifie Opération latino-américaine de sécurité, avec pour objectif d’empêcher l’émergence d’un nouveau Cuba sur le continent ; tel était le but de l’opération Marquetalia. Ensuite, ils ont mis sur pied l’opération Sonora qui cherchait à vaincre militairement les FARC dans la Cordillère centrale, mais ils n’ont pas intégré le fait qu’ils combattaient les guerriers de Manuel. Ensuite, ils ont lancé l’opération Centaure ou Maison verte, mais les agresseurs ont dû s’en retourner la queue entre les jambes à Tolemaida, où les attendaient leurs mentors et instructeurs nord-américains. Ces agressions ont été suivies, comme autant de vagues, par les plans Thanatos, Destructor 1, Destructor 2 et le plan Colombie. Et, parallèlement à cela, ils ont déclenché l’horreur du paramilitarisme, stratégie criminelle de contre-insurrection de l’Etat qui cherchait à détruire à travers les massacres, les fosses communes et les tronçonneuses ce qu’il tenait pour les bases sociales de la guerrilla. Et maintenant, avec le Plan patriote conçu par les stratèges du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis, avec l’utilisation de technologies militaires sophistiquées, de satellites, d’avions et de drones, avec des troupes qui dépassent les 400 000 soldats et des milliers de conseillers et de mercenaires gringos, avec l’aide militaire de Washington sous forme de dizaines d’hélicoptères et de milliards de dollars sur la période la plus récente, ils aspirent, dans un effort désespéré, à vaincre l’insurrection et le mécontentement populaire. Ni le feu, ni les bombes des opérations militaires des oligarchies et de l’empire, ni les marches manipulées ne parviendront à désarticuler la résistance et la lutte pour une Colombie Nouvelle, bolivarienne. La lutte armée est toujours à l’ordre du jour en Colombie, et ce parce que les problèmes politiques, économiques et sociaux qui l’ont motivée n’ont pas disparu. En 1984, avec l’accord de La Uribe, nous avons essayé la lutte par le voie électorale, mais l’alternative politique que nous proposions, l’Union patriotique, a été balayée à coups de feu. A 5 000 s’est élevé le nombre de morts du fait de l’intransigeance du régime santandériste qui opprime la Colombie. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous luttons clandestinement à travers le Mouvement Bolivarien pour la Nouvelle Colombie. Dans les FARC, il y a des gens avec des principes. Nous sommes des indiens courageux. On ne nous séduit pas avec le chant des sirènes. Nous sommes prêts pour engager le combat, avec le pas des vainqueurs, prêts pour la bataille d’Ayacucho du XXième siècle, à laquelle nous convions tous les peuples de Notre Amérique. Pour paraphraser Bolivar, nous sommes comme le soleil, dardant nos rayons de toutes parts.

Q : que pouvez-vous nous dire de la version du président Uribe et du ministre de la défense de Colombie, Jaun Manuel Santos, qui insistent sur le fait que le commandant Marulanda n’est pas mort des suites d’un arrêt cardiaque, mais de peur ou du fait de bombardements intensifs ?

R : avec des idées pareilles, aussi bien le président Uribe que le ministre de la défense Santos, témoignent d’une ânerie aussi incroyable qu’extraordinaire. Seul un imbécile pourrait avaler le fait que le guerrillero légendaire, qui a fait front durant 60 ans à 17 gouvernements et, durant ce laps de temps, à tous les Etats-majors des Forces armées officielles, puisse mourir de peur. La prétention de ces benêts ne peut provoquer que l’hilarité et l’indignation. Comme l’a dit le commandant Manuel lui-même : ‘on ne peut tuer personne avec une rafale de mots’.

Q: comment a été décidée la désignation d’Alfonso Cano comme chef suprême des FARC et quels changements cela suppose-t-il dans la définition de la conduite de l’organisation ?

R : cela pose la continuité des plans. Et, pour ce qui est de la façon dont a été désigné Alfonso comme nouveau commandant des FARC, je dois dire que cela s’est fait à l’unanimité le 27 mars, lorsque nous avons appris la malheureuse nouvelle du décès du Commandant en chef. Ce même jour, nous avons pris également la décision de différer l’annonce de cette information pour la faire coïncider avec le 44ème anniversaire des FARC. L’ensemble de l’Etat-major central, du secrétariat et des combattants des FARC sont unis de manière inébranlable autour du commandant Alfonso Cano.

Q : beaucoup d’analystes et de commentateurs assurent qu’avec l’arrivée du commandant Cano s’ouvrent de nouvelles possibilités pour engager une négociation, et se présente une nouvelle possibilité pour l’échange humanitaire et la paix ? Quel jugement portez-vous sur ces affirmations ?

R: les politiques de FARC sont déjà définies et déterminées par nos Conférences nationales et les Plénums de l’Etat-major central. Il y a une ligne tactique et stratégique qui est élaborée collectivement. La paix a toujours été notre principal objectif stratégique, et, de ce point de vue, nous nous retrouvons avec le Libérateur pour qui ‘l’insurrection s’annonce avec un esprit de paix ; elle résiste au despotisme car celui-ci détruit la paix ; et elle ne prend les armes que pour obliger ses ennemis à la paix’.

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La suite, toujours avec Colibri aux manettes:

Q : les évènements du 2 juillet qui ont débouché sur la libération de 15 prisonniers paraîtraient indiquer que les opérations militaires de libération constituent une solution au problème. Que s’est-il passé dans la jungle du Guaviare ?

R : dans la libération inattendue de 15 prisonniers de guerre dans la jungle du Guaviare, ni Uribe ni Santos, ni les généraux Padilla et Montoya ne sont les héros qu’ils prétendent être. Dans cette prétendue opération, la seule chose qu’ils aient faite, c’est de fournir les hélicos ; tout le travail a été réalisé par deux traîtres qui, à leur tour, ont été trahis par les généraux et par le gouvernement. L’opération a été utilisée à fond pour lancer des fleurs au Président, aux militaires, à la politique de Sécurité démocratique et, surtout, pour masquer l’illégitimité et l’illégalité scandaleuses du second mandat de monsieur Uribe, fruit du délit de subornation qui a permis sa réélection immédiate. Le président Uribe cherchait à dissimuler son talent d’épouvantable dictateur qui attaque avec tous les feux de sa colère les arrêts de la Cour qui lui sont défavorables. En agissant hors du cadre de son propre état de droit, il prétend vaincre, depuis le palais de Nariño, l’indépendance de la Cour à coups de puissantes charges explosives. Il a déjà soumis la branche législative du pouvoir ; il s’attaque maintenant à la branche judiciaire.

Q : au sujet de cette libération du 2 juillet, le commandant Fidel Castro a dit que les FARC n’auraient jamais du capturer Ingrid Betancurt [NDT : sic] et qu’elles ne devraient pas non plus maintenir les soldats et les civils en leur pouvoir dans les conditions de vie qui sont celles de la jungle, ce qu’il considère comme un acte de cruauté. Que pensez-vous de cet argument du commandant ?

R : je ne voudrais pas extérioriser les sentiments que provoquent de type de positions. Je veux simplement dire que les FARC sont dans leur droit le plus entier de rechercher par tous les moyens la liberté des guerrilleros combattants détenus aussi bien dans les prisons du régime que dans celles de l’empire. Nous cherchons une porte de sortie qui mette fin aux souffrances de la captivité pour les prisonniers des deux parties en présence. Il faut penser également à la cruauté et aux chaînes que supportent les nôtres dans les oubliettes du régime uribiste et dans celles de l’empire, qui sont les mêmes que celles dont souffrent les 5 héros cubains et les milliers de prisonniers niés dans leurs droits dans les prisons d’Abu Graih [NDT : re-sic] et de Guantánamo. Je veux ajouter qu’en Colombie, certains dirigeants politiques sont plus militaristes et plus va-t-en-guerre que les militaires eux-mêmes. Nombre d’entre eux instrumentalisent et sont des protagonistes actifs de la législation sur la guerre et de la répression contre le peuple de Colombie sous la forme du terrorisme d’Etat.

Q : le président Uribe parle d’encerclement humanitaire des camps où pourraient se trouver les prisonniers de guerre ? Quelle signification revêt cette annonce pour les FARC ? L’ordre selon lequel on n’autorisera pas les libérations par la force perdure-t-il ?

R: il n’y a pas d’encerclement humanitaire, seulement des encerclements militaires. Le thème des encerclements humanitaires est une tromperie pour donner la sensation d’un contrôle du territoire qui n’a jamais existé. Au milieu de tout cela, ce qui existe, c’est un ordre infâme du président Uribe à ses généraux de libérer les prisonniers par les armes et en faisant couler le sang, sans attacher d’importance aux conséquences. Dans ces circonstances, tout dénouement fatal sera de la responsabilité de monsieur Uribe.

Q: le gouvernement français a offert de recevoir tous les membres des FARC qui seraient inclus dans l’échange. Si l’échange se concrétise, les FARS seraient-elles disposées à laisser les guerrilleros libérés se rendre dans un autre pays ?

R : cette hypothèse est en soi un affront à la dignité des guerrilleros des FARC. Les véritables combattants n’échangent ni les montagnes de la patrie ni leurs convictions contre un exil humiliant outremer.

Q: la France a pris le premier juillet la présidence de l’Union européenne. Du fait de l’intérêt que porte ce pays à l’échange humanitaire, les FARC envisageront-elles la possibilité de rechercher leur reconnaissance politique, la reconnaissance de leur statut de force belligérante, et le retrait de leur nom de la liste des groupes terroristes ?

R: de fait, nous sommes une force belligérante dans l’attente de cette reconnaissance de la part de ceux qui souhaitent contribuer à la paix de la Colombie. C’est une condition temporaire, le temps que soit résolu le conflit de légitimités. Le qualificatif de terroristes ne nous a été imposé que du fait du pire terroriste qu’ait jamais connu l’humanité ; le gouvernement des Etats-Unis.

Q : les médias parlent à profusion de FARC mal en point politiquement et militairement, et décimées tant en nombre de combattants qu’en termes de ressources financières. Les analystes considèrent que les FARC traversent le pire moment de leur histoire. Jusqu’à quel point les FARC sont-elles mal en point ?

R : en réalité, ce qui les préoccupe, c’est le déchaînement éventuel de la protestation sociale avec l’existence d’une guerrilla bolivarienne comme les FARC, qui a déjà achevé le déploiement stratégique de ses forces sur l’ensemble du territoire national. D’où le Plan patriote. D’où l’escalade de l’intervention militaire des Etats-Unis en Colombie. D’où la conversion de la base aérienne de Tres Esquinas en base américaine, dans cette Amazonie qu’ils convoitent. Si les FARC étaient déliquescentes ils n’annonceraient pas le transfert en Colombie de la base de Manta. Ce qui est en pleine déliquescence en revanche, ce sont les institutions colombiennes pourries, éclaboussées par le sang et la cocaïne, le narco-paramilitarisme et l’illégitimité.

Q : dans les circonstances actuelles, il est possible d’arriver à une négociation de paix avec le gouvernement Uribe ?

R : avec Uribe, la paix n’est rien d’autre qu’une chimère. La solution politique du conflit n’est possible qu’avec un autre gouvernement, et d’autant plus s’il est le résultat d’un Grand Accord National dans lequel les forces du changement et le souverain, c’est-à-dire le peuple, joueraient un rôle de premier plan. Un nouveau gouvernement qui, plaçant la paix au sommet de ses priorités, rassemble les troupes dans leurs casernes et renvoie les gringos chez eux.

Q : quelle analyse les FARC font-elles en ce moment du gouvernement d’Uribe et de la situation des institutions colombiennes au milieu du sabbat de la narco-parapolitique et d’autres scandales comme celui de la Yidis-politique ?

R: c’est un gouvernement narco-paramilitaire, illégitime et illégal, qui n’est soutenu que par l’appui criminel du gouvernement de Washington, par le terrorisme d’Etat, par la manipulation de l’opinion à travers des campagnes médiatiques, par les massacres, par la confiscation des terres, le déplacement forcé, la tronçonneuse, les fraudes et la corruption. Les Etats-Unis ont besoin d’un régime comme celui de la Colombie pour l’utiliser comme tête de pont dans l’assaut néo-libéral sur le continent.

Q : les FARC ont dit que le gouvernement d’Uribe Vélez est illégal et illégitime. Pour quoi, dans ces conditions, se maintient-il, selon les informations de la presse colombienne, aux niveaux de popularité les plus élevés ? Pourquoi ce gouvernement ne s’effondre-t-il pas ?

R : ces enquêtes ne consultent pas les 70% de la population qui se débat dans la pauvreté et la misère, ni les 4 millions de déplacés du fait du terrorisme de l’Etat. Elles ne consultent pas les 50% de la population économiquement active qui connaît l’angoisse quotidienne du chômage et du sous-emploi. Elles ne consultent pas les syndicalistes persécutés, ni les indigènes agressés, ni les négritudes oubliées, ni les étudiants réprimés. 80% de la popularité d’Uribe relèvent d’une farce et n’est que le résultat de la manipulation la plus répugnante de l’opinion.

Q : que peut-on espérer de la nouvelle génération de commandants qui a assumé la conduite des FARC : une ligne militaire plus dure ou, au contraire, l’accès à la politique totale ?

R : qu’elle continue à suivre le chemin tracé par l’inoubliable Commandant en chef Manuel Marulanda Vélez, c’est-à-dire celui de la politique totale, qui est la lutte stratégique pour la prise de pouvoir par la voie des armes et de l’insurrection, à travers laquelle on parviendrait à la création d’un gouvernement révolutionnaire, ou par la voie des alliances politiques en vue de l’instauration d’un gouvernement réellement démocratique, en résonance avec la Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie.

Q: selon les soit-disant ordinateurs saisis auprès du commandant Raúl Reyes, les FARC ont été financées par le gouvernement du Président Hugo Chávez. Qu’y a-t-il d’exact là-dedans ?

R : si cela avait été le cas, nous aurions déjà renversé le gouvernement, cette marionnette des Etats-Unis. Cette affirmation constitue un prétexte interventionniste. Ce qui doit attirer l’attention en Amérique latine et dans le monde, ce sont les 10 milliards de dollars que la Maison blanche a apportés au gouvernement terroriste d’Uribe pour massacrer le peuple, le faire disparaître, le spolier, le déplacer… La Colombie est le premier récipiendaire de l’aide militaire des Etats-Unis en Amérique latine, et le troisième dans le monde. Bien sûr, le gouvernement de Washington appuie de cette manière son homme de paille favori pour la déstabilisation de la région, pensant contenir la puissante fore bolivarienne que l’on voit déjà venir à l’horizon de ce siècle. Un tribunal des peuples doit amener sur le banc des accusés l’empire rapace et violent qui veut continuer à asservir les peuples.

Q : les FARC ont-elles financé la campagne présidentielle de Rafael Correa en Equateur ? Et comment ?

R : c’est un contre-sens. Ce sont les FARC qui ont besoin de l’action de l’internationalisme solidaire des peuples du monde.

Q: avec toutes les difficultés qui ont surgi autour du thème de la présence de la guerrilla en tant que prétexte ayant déclenché la crise diplomatique entre la Colombie et l’Equateur et entre la Colombie et le Venezuela, la nécessité ne se pose-t-elle pas de reconsidérer la poursuite de cette forme de lutte, surtout dans le contexte de la menace latente des Etats-Unis à travers l’argument qu’ils agiront contre ceux dont ils considèrent qu’ils appuient le terrorisme ?

Q : la question de la lutte armée ne se pose pas. Les causes qui l’ont motivée n’ont pas changé. Les oligarchies ne veulent que d’une paix qui ne touche pas à leurs privilèges, qui ne modifie pas les structures politiques, économiques et sociales qui ont engendré la pauvreté publique. La stratégie de domination des Etats-Unis est déjà définie et le prétexte n’a pas d’importance. Ce que veulent les gringos, c’est le pétrole du Venezuela, le gaz de Bolivie, les richesses de l’Amazonie et la misère pour nos peuples. L’articulation de la résistance aux politiques agressives de l’empire s’impose. Je veux rappeler qu’à travers les fusils des guerrilleros des FARC, ce sont les peuples de Notre Amérique qui résistent. Et pour ce qui est de la pertinence de la lutte armée, une réflexion du Libertador : ‘Lors même que les conséquences de la résistance au pouvoir seraient alarmantes, il n’est pas moins vrai qu’il existe dans la nature de l’homme vivant en société un droit inaliénable qui légitime l’insurrection’. Tant que les FARC existeront, personne ne pourra ôter son fusil au Che.

Q: la Guajira appartient au Venezuela, comme le dit le Président Chávez ?

R : sans aucun doute, la Guajira appartient à la Colombie de Bolívar et du premier précurseur de l’indépendance de Notre Amérique, le généralissime Francisco de Miranda. Notre critère est le même que celui présenté par le Libertador à Páez : ‘j’ai oublié de vous dire que nous avons pensé fusionner deux ou trois moitiés des départements de Boyacá, Zulia et Barinas pour qu’il n’y ait plus de frontière entre le Venezuela et la Nouvelle-Grenade, parce que c’est cette division qui nous tue, et c’est pour cela que nous devons la détruire’. Une réaffirmation pour terminer : nous avons juré de vaincre, et nous vaincrons.

FIN



LA RESPONSABLE DES FARC EN ESPAGNE A ETE ARRETEE PRES DE MADRID

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26 JUILLET 2008 

La police espagnole a arrrêté à San Lorenzo de El Escorial, au nord-ouest de Madrid, “la responsable de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) en Espagne”, de nationalité espagnole. 

Selon la police, Maria Remedios Garcia Albert, alias “Irene” (photo)', qui “détient également des responsabilités au niveau européen” et qui est chargée de recueillir des fonds pour la guérilla colombienne, est accusée “d'appartenance à une organisation armée”. 

Mme Garcia Albert, âgée de 57 ans, se trouvait en possession “de diverses quantités d'argent” qu'elle devait faire parvenir aux représentants des Farc en Europe. 

Toujours selon la même source, elle “offrait une couverture et un appui logistique en Espagne à de hauts dirigeants de cette organisation terroriste, tels Luis Edgar Devia Silva, alias 'Raul Reyes', et Ovidio Salinas Perez, alias 'Juan Antonio Rojas'”. Raul Reyes, tué en mars lors d'un raid de l'armée colombienne, était le numéro deux des Farc. 

Elle était aussi chargée de faire la liaison avec des représentants de la guérilla colombienne installés principalement en Suisse et en Suède. 

A Bogota, le directeur de la police colombienne, le général Oscar Naranjo, a indiqué samedi que cette interpellation marquait le commencement d'une série d'arrestations de personnes liées à la guérilla des Farc en Europe.
“Cette arrestation est le début d'une série d'arrestations qui auront lieu en Europe, surtout de personnes ayant des liens avec les Farc”, a déclaré le général Naranjo à la radio RCN de Bogota.
Selon le directeur de la police, la capture de Garcia Albert, qui, selon lui fait partie de la “commission internationale des Farc”, découle de l'exploitation d'informations retrouvées dans l'ordinateur du numéro deux de la guérilla, Raul Reyes, tué au cours d'une opération de l'armée colombienne en Equateur le 1er mars dernier.
“Nous espérons (de nouvelles arrestations) grâce à l'exploitation des données qui se trouvent dans l'ordinateur de Reyes qui contient un nombre significatif de noms de personnes résidant à l'étranger, certaines Européennes et d'autres Colombiennes”, a ajouté le général Naranjo.
Le chef de la police colombienne a précisé que cette arrestation était “le fruit d'une collaboration étroite entre les polices de Colombie et d'Espagne” dans le cadre de la lutte antiterroriste.

   

LE COMMANDANT IVAN MARQUEZ REJETTE L’OFFRE DE LA FRANCE DE DONNER L’ASILE POLITIQUE AUX FARC ET REFUSE DE NEGOCIER AVEC ALVARO URIBE

 26 juillet 2008 

Interviewé par les agences ABP et ANNCOL, bras politiques des FARC, Ivan Marquez contredit la récente disposition du chef de la guérilla, Alfonso Cano, à négocier avec Alvaro Uribe. Les déclarations opposées dans l’état-major de la guérilla traduisent l’extrême malaise d’une organisation en pleine déliquescence. Rappelons que Marquez s’abrite au Venezuela avec Rodrigo Granda et Jésus Santrich. Voici les extraits de cette interview : 

-         sur l’offre de Paris de recevoir les guérilleros libérés comme réfugiés politiques : « cette option constitue une offense à la dignité des guérilleros des FARC. Les vrais combattants n’échangent pas les montagnes de la patrie ni leurs convictions contre un déracinement humiliant ». -         sur une négociation avec le président colombien: « avec Uribe la paix n’est qu’une chimère. La solution politique du conflit n’est possible qu’avec un autre gouvernement, et davantage encore si c’est le résultat d’un grand accord national (…), un nouveau gouvernement dont l’objectif de paix le conduirait à ramener l’armée dans ses casernes et à renvoyer les gringos à la maison ».

-         sur l’opération Jaque : « tout le travail a été réalisé par deux traîtres, à leur tour trahis par les généraux et le gouvernement ».  La entrevista en castellano : 

Entrevista a Iván Márquez del secretariado de las FARC 
 
 

viernes, 25 de julio de 2008 
Las agencias ANNCOL y ABP Noticias presentan a sus lectores la trascripción de las respuestas dadas por el Comandante Iván Márquez, integrante del Secretariado del Estado Mayor Central de las FARC-EP, a preguntas planteadas por el Periodista William Parra de TELESUR, sobre diversos temas referidos a la realidad de la confrontación política y social que se desenvuelve en Colombia. En primer lugar, ¿qué significa la muerte del comandante Manuel Marulanda Vélez y cómo ha sido asimilada por las FARC la desaparición de su líder histórico? Significa la ausencia dolorosa de un imprescindible; del constructor del Ejército del Pueblo; del estratega de la Campaña Bolivariana por la Nueva Colombia; del legendario comandante, artesano de la concepción táctica, operacional y estratégica de las FARC y de la guerra de guerrillas móviles; del conductor político de la insurgencia… Manuel Marulanda Vélez -como en los versos de Neruda- “no ha muerto. Está en medio de la pólvora, de pie, como mecha ardiendo”. Sigue combatiendo desde las montañas rebeldes de la eternidad. Sigue vivo en los fusiles de los guerrilleros farianos, en el Plan Estratégico, en la Plataforma Bolivariana por la Nueva Colombia y en el anhelo colectivo de Patria Grande y Socialismo, que son una inmensa bandera al viento. Ante nuestro Comandante en Jefe, ante el altar de la patria, hemos jurado vencer, y venceremos. ¿Cómo asimilamos esta ausencia? Reafirmando nuestra determinación de lucha. Estrechando nuestra cohesión. Ratificándonos en nuestros principios. Empuñando con más fuerza el libro y los fusiles del imbatible escudo guerrillero de las FARC. Según su punto de vista ¿cuál es el mayor legado que ha dejado Manuel Marulanda Vélez al país? Haber sentado las bases para el Nuevo Poder con la construcción de un ejército popular bolivariano, cohesionado en sus estructuras, en torno al Plan Estratégico, irreversible en su propósito de toma del poder para el pueblo. Manuel Marulanda Vélez es ejemplo de convicción, de perseverancia y de lucha inclaudicable. Jamás seremos inferiores a la fe que han depositado los pueblos de Nuestra América en la lucha de resistencia de las FARC. Sus manifestaciones abrumadoras de solidaridad nos hacen exclamar con el Libertador Simón Bolívar que “es imperturbable nuestra resolución de independencia o nada”. 

¿Nos puede hacer una breve semblanza de Manuel Marulanda Vélez? Estoy trabajando una semblanza titulada MANUEL MARULANDA VÉLEZ el héroe insurgente de la Colombia de Bolívar. Por ahora sólo atino responder su requerimiento con los destellantes versos épicos del poeta Luis Vidales: “Canto Colombia a Manuel, el guerrillero/ es éste, América Latina, el que yo canto/ a éste, mundo de hoy, os lo presento/ Manuel es el padre de la selva colombiana/ es el pastor de la paz en el rebaño/ Manuel es hermano de los ríos y del viento/ y allá donde es más libre la montaña/ dulce patria hacia el cielo, allá lo siento/ En su loor la noche iluminada/ suelta su tiroteo de luceros/ Las altas tierras limpias lo vieron colombiano/ y el aire puro le fue dócil a su sueño/ El águila que pasa es un disparo/ cada ave es como un papel que cruza el cielo/ Para hablarle de patria los árboles susurran/ y el mástil de la palma flamea su bandera/ para indicar que pasa el guerrillero/ ¡Un momento! le dice la límpida mañana/ y sobre un risco del ande americano/ le saca una foto espectral de cuerpo entero/ Los árboles son como escuadras de su ejército/ por defensor del pobre, pariente próximo del trigo/ como a éste le sucede: que cuarenta veces lo han dejado muerto/ sólo para quedar cuarenta veces vivo.    

Murió el comandante Marulanda en un mal momento para las FARC; el mes de marzo fue muy duro para la organización insurgente; perdieron no sólo a Raúl Reyes y a Iván Ríos… ¿Qué comentario le merecen las circunstancias que caracterizaron este marzo de trances tan luctuosos? Los revolucionarios no escogemos un momento para morir, pero en cualquier lugar donde nos sorprenda la muerte, bienvenida sea, como dice el Che, siempre que éste, nuestro grito de lucha –y esto lo digo yo- de lucha por la paz con justicia social, de independencia, de Socialismo y Patria Grande, llegue a un oído receptivo. La lucha que libramos es hasta las últimas consecuencias por que “en una revolución se triunfa o se muere si es verdadera”. Los desenlaces dolorosos son previsibles en una confrontación y mucho más si se enfrenta a un enemigo con un gran poder de fuego, que ha llevado la guerra a la degradación y que tiene todo el respaldo de la tecnología militar de punta y los dólares que le proporciona el gobierno de los Estados Unidos en el marco de su expoliadora estrategia de predominio y subyugación. Pero podemos afirmar que pese al triunfalismo mediático, estamos saliendo de la horrible noche de marzo con nuevas experiencias y con un horizonte claro para continuar la pelea por la paz, la justicia social, la democracia verdadera y la dignidad.   

Para muchos, estos golpes, estas muertes, dejan a las FARC en difícil situación. Hay varios analistas que consideran que esta guerrilla está casi derrotada militarmente. ¿Están en lo cierto? No conocen a las FARC. Confunden el deseo con la realidad y se engañan con sus propias fantasías. Las FARC no son un ejército de soldados bisoños. A estas les sucede lo que a Bolívar, que se crecía en medio de la adversidad. Del fin del fin de las FARC están hablando desde el ataque a Marquetalia en mayo de 1964. En 44 años han lanzado todos los planes y operaciones militares para aniquilarlas, y no han podido… Primero, el Plan LASO, sigla en inglés que significa Operación Latinoamericana de Seguridad; el objetivo: impedir el surgimiento de una nueva Cuba en el continente, ese era el propósito de la Operación Marquetalia. Luego desplegaron la operación Sonora que buscaba derrotar militarmente a las FARC en la Cordillera Central, pero no tuvieron en cuenta que enfrentaban a los guerreros de Manuel. Después lanzaron la Operación Centauro o Casa Verde, pero los agresores tuvieron que regresar con el rabo entre las piernas a Tolemaida, donde los esperaban sus mentores e instructores norteamericanos. A estas agresiones le siguieron como oleadas los planes Thanatos, Destructor 1, Destructor 2, el Plan Colombia; y paralelamente a estos desataron el horror del paramilitarismo, criminal estrategia contrainsurgente del Estado que buscaba destruir lo que consideraban bases sociales de la guerrilla a través de las masacres, las fosas comunes y las motosierras. Y ahora con el Plan Patriota diseñado por los estrategas del Comando Sur del ejército de los Estados Unidos, con el uso de sofisticadas tecnologías militares, con satélites, con aviones y aparatos no tripulados, con un pie de fuerza que sobrepasa los 400 mil efectivos y miles de asesores y mercenarios gringos, con la “ayuda” militar de Washington con decenas de helicópteros y 10 mil millones de dólares en el último período, aspiran en un esfuerzo desesperado a derrotar a la insurgencia y el descontento popular. Ni el fuego, ni las bombas de las operaciones militares de las oligarquías y el imperio, ni las marchas manipuladas lograrán desarticular la resistencia y la lucha por una Colombia Nueva, bolivariana. La lucha armada en Colombia es vigente y tiene lugar porque los problemas políticos, económicos y sociales que la motivaron no han desaparecido. En 1984, con el Acuerdo de La Uribe, intentamos la lucha por la vía electoral, pero la alternativa política que planteamos, la Unión patriótica, fue barrida a tiros. Cinco mil fueron los muertos por la intransigencia del régimen santanderista que oprime a Colombia. Por eso ahora luchamos clandestinamente a través del Movimiento Bolivariano por la Nueva Colombia. En las FARC hay gente de principios. Somos indios bravos. No nos seducen con cantos de sirenas. Estamos listos para entrarle al combate, con paso de vencedores, al Ayacucho del siglo XXI, al cual convocamos a todos los pueblos de Nuestra América. Parafraseando a Bolívar: estamos como el sol; brotando rayos por todas partes.    ¿Qué nos puede decir de la versión del Presidente Uribe y del ministro de defensa de Colombia Juan Manuel Santos, quienes insisten en que el comandante Marulanda murió no como consecuencia de un paro cardiaco, sino por los intensos bombardeos o por susto? Con tal ocurrencia tanto el Presidente Uribe, como el ministro de defensa Santos, están haciendo uso de la más increíble como extraordinaria asnalidad. Sólo a un imbécil le podría caber en la cabeza que el legendario guerrillero que se enfrentó durante 60 años a 17 gobiernos y a todos los estados mayores de las fuerzas armadas oficiales en ese lapso, pudiera morir de susto. Esa pretensión de tontivanos sólo provoca hilaridad e indignación. Como dijo el mismo comandante Manuel: “a uno no lo pueden matar con disparos de palabras”. 

¿Cómo se decidió la designación de Alfonso Cano como comandante máximo de las FARC y qué variaciones implica esta determinación en la conducción de la organización? Implica la continuidad de los planes. Y en cuanto a cómo se designó a Alfonso como nuevo comandante de las FARC, debo decir que por unanimidad el 27 de marzo, cuando nos enteramos de la infausta noticia del deceso del Comandante en Jefe. Ese mismo día tomamos la decisión también de posponer esta información hasta el 23 de mayo para hacerlo en el marco del 44 aniversario de las FARC. Todo el Estado Mayor Central, el Secretariado y los combatientes farianos rodean férreamente unidos al comandante Alfonso Cano.   Muchos críticos  y analistas aseguran que con la llegada del comandante  Cano se abren nuevas posibilidades para iniciar una negociación; una nueva oportunidad para el intercambio humanitario y la paz. ¿Qué valoración le da a estas afirmaciones? Las políticas de las FARC ya están definidas, determinadas por nuestras Conferencias Nacionales y los Plenos del Estado Mayor Central. Hay una línea táctica y estratégica elaborada colectivamente. La paz ha sido siempre nuestro principal objetivo estratégico, y en esto coincidimos con el Libertador para quien “la insurrección se anuncia con el espíritu de paz, se resiste contra el despotismo porque éste destruye la paz, y no toma las armas sino para obligar a sus enemigos a la paz”.  

Los acontecimientos del 2 de julio que desembocaron en la liberación de 15 prisioneros parecieran indicar que los rescates militares son una solución al problema. ¿Que sucedió en las selvas del Guaviare? En el inesperado rescate de 15 prisioneros de guerra en las selvas del Guaviare, ni Uribe ni Santos, ni los generales Padilla ni Montoya son los héroes que se reclaman. En la pretendida operación sólo colocaron los helicópteros; todo el trabajo fue realizado por dos traidores, quienes a su vez resultaron traicionados por los generales y el gobierno. El suceso fue utilizado a fondo para echarle flores al Presidente, a los militares, a la política de Seguridad Democrática, y sobre todo, para tapar la escandalosa ilegitimidad e ilegalidad del segundo mandato del señor Uribe, surgido del delito de cohecho que favoreció su reelección inmediata. Buscaba el Presidente Uribe disimular su talante de desaforado dictador que ataca con todos los fuegos de su ira los fallos de la Corte que le son adversos. Actuando por fuera de su propio estado de derecho pretende derribar desde el Palacio de Nariño, con poderosas cargas explosivas, la independencia de la Corte. Ya tiene sometida la rama legislativa del poder público; ahora va por la jurisdiccional. A propósito de esta liberación del 2 de julio el comandante Fidel Castro ha dicho que las FARC jamás debieron capturar a Ingrid Betancurt y que tampoco debieron tener en las condiciones de la selva en prisión a los soldados y a los civiles que tenían las FARC, y esto lo señala como un acto de crueldad. ¿Qué opina sobre ese argumento del comandante? No quisiera exteriorizar sentimientos que provocan este tipo de posiciones. Solamente quiero decir que las FARC están en todo su derecho de buscar por todos los medios la libertad de los combatientes guerrilleros presos tanto en las cárceles del régimen como en las del imperio. Buscamos una salida que ponga término al sufrimiento del cautiverio de los prisioneros de las dos  partes contendientes. Hay que pensar también en la crueldad y en las cadenas que soportan los nuestros en las mazmorras del régimen uribista y en las del imperio, que son las mismas que padecen los 5 héroes cubanos y los miles de prisioneros violentados en sus derechos como ocurre en las cárceles de Abu Graih y de Guantánamo. Quiero agregar que en Colombia algunos dirigentes políticos son más militaritas y guerreristas que los propios militares. Muchos de ellos instrumentan y son protagonistas activos de la legislación de guerra y de la represión contra el pueblo de Colombia por cuenta del terrorismo de Estado. 

El presidente Uribe habla de cercos humanitarios sobre los posibles campamentos donde se encuentran los prisioneros de guerra. ¿Qué significado tiene para las FARC este anuncio; continúa la orden de no permitir el rescate a sangre y fuego? No existen cercos humanitarios, sino cercos militares. Lo de los cercos humanitarios es un engaño para dar la sensación de un control territorial que nunca ha existido. De por medio lo que existe es una orden infame del Presidente Uribe a sus generales de rescatar a sangre y fuego a los prisioneros, sin que importen las consecuencias. En estas circunstancias, cualquier desenlace fatal será responsabilidad del señor Uribe. El gobierno francés ha ofrecido recibir a  todos los miembros de las FARC que estén incluidos en el intercambio. ¿Si se concreta el intercambio, estarían las FARC dispuestas a dejar que los guerrilleros liberados, vayan a otro país? Ese planteamiento es de por sí una afrenta a la dignidad de los guerrilleros de las FARC. Los verdaderos combatientes no cambian las montañas de la patria ni sus convicciones por un humillante destierro en ultramar.  

Francia asumió el primero de julio la presidencia de la Unión Europea. ¿Por el interés de este país en el intercambio humanitario, las FARC pensarán la posibilidad de buscar el reconocimiento político, el reconocimiento de beligerancia y el retiro de su nombre de la lista de grupos terroristas? De hecho somos una fuerza beligerante a la espera de que quienes quieran coadyuvar a la paz de Colombia, hagan ese reconocimiento. Es una condición temporal mientras se resuelve el conflicto de legitimidades. El calificativo de terroristas no es más que una imposición del más grande terrorista que ha tenido la humanidad: el gobierno de los Estados Unidos.   Los medios hablan profusamente de unas FARC golpeadas política y militarmente, y diezmadas tanto en número de combatientes como en recursos económicos. Expresan los analistas que las FARC pasan por el peor momento de su historia; ¿Qué tan golpeadas están las FARC? En realidad lo que les preocupa es un eventual desencadenamiento de la inconformidad social con la existencia de una guerrilla bolivariana como las FARC, que ya ha completado el despliegue estratégico de su fuerza por todo el territorio nacional. Por eso el Plan patriota. Por eso el escalamiento de la intervención militar de los Estados Unidos en Colombia. Por eso la conversión de la base aérea de Tres Esquinas, en base militar estadounidense en la amazonía que codician. Si las FARC estuviesen resquebrajadas no estarían anunciando el traslado de la base de Manta para Colombia. Lo que se está resquebrajando es la podrida institucionalidad colombiana salpicada de sangre y cocaína, narco-paramilitarismo e ilegitimidad.  

¿En los actuales momentos es posible que se pueda llegar a una negociación de paz con el gobierno Uribe? Con Uribe la paz no es más que una quimera. La solución política del conflicto sólo es posible con otro gobierno, y mucho más si es el resultado de un Gran Acuerdo Nacional en el que jueguen papel protagónico las fuerzas del cambio y el soberano que es el pueblo. Un nuevo gobierno que haciendo de la paz su objetivo cimero recoja las tropas en sus cuarteles y mande a los gringos para su casa. Cuál es la caracterización que las FARC tienen en este momento del gobierno de Uribe y de la situación de la institucionalidad colombiana en medio del aquelarre de la narco-para-política y otros escándalos más como el de la Yidis-política? Es un gobierno narco-paramilitar, ilegítimo e ilegal. Sólo lo sostiene el criminal apoyo del gobierno de Washington, el terrorismo de Estado, la manipulación de la opinión a través de campañas mediáticas, las masacres, el despojo de tierras, el desplazamiento forzoso, la motosierra, los fraudes y el cohecho. Estados Unidos necesita un régimen como el de Colombia, para utilizarlo como cabeza de playa para el asalto neoliberal al continente. 

Las FARC han dicho que el gobierno de Uribe Vélez es ilegal e ilegítimo. ¿Por qué entonces se mantiene, según lo difunde la prensa colombiana, en los más altos niveles de popularidad; por qué no cae este gobierno? Las encuestas no consultan el 70 por ciento de la población que se debate en la pobreza y en la miseria, ni a los más de 4 millones de desplazados por el terrorismo de Estado. No consultan al 50 por ciento de la población económicamente activa que sufre la angustia cotidiana del desempleo y del subempleo. No consultan a los sindicalistas perseguidos, ni a los indígenas violentados, ni a las negritudes olvidadas, ni a los estudiantes reprimidos. El 80 por ciento de la popularidad de Uribe es una farsa y es el resultado de la más asquerosa manipulación de la opinión. ¿Qué se puede esperar de la nueva generación de comandantes que ha asumido la conducción de las FARC: una línea militar más dura o por el contrario el arribo a la política total? Continuar el camino trazado por el inolvidable Comandante en jefe Manuel Marulanda Vélez, es decir, el de la política total, que es la lucha estratégica por la toma del poder por la vía de las armas y de la insurrección con lo que se llegaría a un gobierno revolucionario, o por la vía de las alianzas políticas hacia la instauración de un gobierno verdaderamente democrático, en consonancia con la Plataforma Bolivariana por la Nueva Colombia.  

Según los supuestos computadores incautados al comandante Raúl Reyes las FARC han sido financiadas por el gobierno del Presidente Hugo Chávez. ¿Qué hay de cierto en eso? Si eso hubiese sido así, ya habríamos tumbado a este gobierno títere de los Estados Unidos. Esa afirmación es un pretexto intervencionista. Lo que debe llamar la atención de Latinoamérica y el mundo son los 10 mil millones de dólares que la Casa Blanca ha aportado al gobierno terrorista de Uribe para masacrar al pueblo, desaparecerlo, despojarlo, desplazarlo… Colombia es el primer receptor de ayuda militar de los Estados Unidos en el hemisferio, y el tercer receptor en el mundo. Claro, el gobierno de Washington apoya de esta manera a su testaferro predilecto en la desestabilización de la región, pensando en la contención de la poderosa fuerza bolivariana que ya se ve venir en el horizonte de este siglo. Un tribunal de los pueblos debe conducir al banquillo de los acusados al imperio rapaz y violento que quiere seguir subyugando a los pueblos. ¿Financiaron las FARC la campaña presidencial de Rafael Correa en Ecuador? ¿Y con qué? Eso es un contrasentido. Son las FARC las que necesitan la acción del internacionalismo solidario de los pueblos del mundo. 

¿Con todas las dificultades que se han presentado en torno al tema de la presencia guerrillera como excusa que ha generado la crisis diplomática entre Colombia y Ecuador ó Colombia y Venezuela, no se plantea la necesidad de un replanteamiento en la persistencia de esta forma de lucha, sobre todo cuando está latente la amenaza de Estados Unidos con el argumento de que actuará contra quienes consideren que apoyan el terrorismo? La lucha armada no está en cuestión. Las causas que la motivaron no se han modificado. Las oligarquías sólo quieren una paz que no toque sus privilegios, que no modifique las injustas estructuras políticas, económicas y sociales que han causado la pobreza pública. La estrategia de dominación de los Estados Unidos ya está trazada y el pretexto es lo de menos. Lo que los gringos quieren es el petróleo de Venezuela, el gas de Bolivia, las riquezas de la Amazonia, y la miseria para nuestros pueblos. Lo que se impone es la articulación de la resistencia a las políticas agresivas del imperio. Quiero recordar que en los fusiles guerrilleros de las FARC resisten los pueblos de Nuestra América. Y en cuanto a la pertinencia de la lucha armada, una reflexión del Libertador: “Aun cuando sean alarmantes las consecuencias de la resistencia al poder, no es menos cierto que existe en la naturaleza del hombre social un derecho inalienable que legitima la insurrección”. Mientras existan las FARC nadie podrá quitarle el fusil al Che. ¿La Guajira es de Venezuela como dice el Presidente Chávez? Sin duda, la Guajira pertenece a la Colombia de Bolívar y del primer precursor de la independencia de Nuestra América, el generalísimo Francisco de Miranda. Nuestro criterio es el mismo expuesto por el libertador a Páez: “Se me olvidó decir a usted que hemos pensado fundir juntas dos o tres mitades de los departamentos de Boyacá, Zulia y Barinas para que no haya más frontera de Venezuela ni de Nueva Granada, porque esta división es la que nos está matando, y por lo mismo debemos destruirla”. Una reafirmación final: Hemos jurado vencer, y Venceremos. 

LES FARC LIBERENT 8 OTAGES ET LES REMETTENT AU CICR EN COLOMBIE

 

  

25 juillet 2008 

 

Cette nouvelle rassurera tous ceux qui avaient redouté un rejet du CICR par la guérilla après la présence d’un logo de la Croix rouge internationale sur le gilet de l’un des 9 membres du commando dans l’Opération « Jaque ». 

 

“La libération est intervenue à la suite d'une demande adressée par les FARC au CICR”,  révèle le CICR dans un communiqué, en précisant que la libération des otages avait eu lieu dans la région rurale d'Antioquia, dans le nord-ouest de la Colombie.

 

“L'opération a été possible grâce au dialogue strictement confidentiel entre les parties concernées et à l'action humanitaire, neutre et indépendante du CICR”, a ajouté le Comité, en se déclarant “prêt à contribuer à la recherche de mécanismes en vue de la libération d'autres otages”.

 

Ces otages avaient été enlevés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie le 17 juillet dernier, alors qu'ils circulaient en bateau près de la localité de Riosucio, à 600 km au nord-ouest de Bogota.

 

Aqui el Comunicado de Prensa del CICR :
 
 
Río Arquía, Antioquia
El CICR recibe de las FARC 8 civiles
 
El Comité Internacional de la Cruz Roja (CICR) recibió, ayer miércoles 23
de julio de 2008, en la zona rural del municipio de Vigía del Fuerte
(Antioquia) a 8 civiles que se encontraban en poder de la FARC-EP desde el
pasado 17 de julio de 2008.
 
La operación fue posible gracias a la interlocución confidencial y discreta
de las partes concernidas y bajo la acción humanitaria, neutral e
independiente del CICR
 
La liberación se realizó luego de una solicitud que las FARC cursó al CICR.
 
El CICR reitera su disponibilidad de apoyar la búsqueda de mecanismos para
obtener la liberación de otros rehenes, así como de los demás detenidos en
poder de los grupos armados.

MES DOUTES SUR L’INTERVIEW D’ALFONSO CANO AU QUOTIDIEN ITALIEN LA REPUBBLICA

24 JUILLET 2008 

Voici le résumé de ce présumé entretien du chef des FARC avec un certain Jordi Valle pour La Repubblica, traduit et publié par Courrier International.

AFFAIRE BETANCOURT • Le chef des FARC s’exprime sur la libération d’Ingrid Betancourt

Après avoir traversé la jungle colombienne jusqu’à une localité tenue secrète à la frontière avec l’Equateur, l’entrepreneur d’origine catalane Jordi Valle a rencontré Guillermo Léon Vargas, alias Alfonso Cano. C’est la première fois que le nouveau chef des Forces armées révolutionnaires de la Colombie (FARC) rencontre un journaliste depuis la spectaculaire libération de la sénatrice Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages aux mains des FARC, le 2 juillet dernier.

Accompagné d’un mystérieux Français dont il ne révèle que le prénom, “Jean” (et le fait qu’”il était à Paris lors de la rencontre entre Ingrid Betancourt et Nicolas Sarkozy”), Valle raconte dans Il Venerdì, le supplément du quotidien romain La Repubblica, que Cano laisse entendre que le fait que la libération des otages a eu lieu sans effusion de sang n’est pas le fruit du hasard. “J’imagine que les gens savent lire entre les lignes, que le fait qu’Ingrid était bien portante et la facilité avec laquelle s’est déroulée l’opération parle de lui-même.”

Cano insiste ensuite sur la “négociation”, considérée comme “fondamentale pour résoudre un problème - celui de la guérilla - qui dure depuis longtemps. Entre deux groupes politiques opposés, la négociation avant tout. La pacification du pays est déterminante pour l’avenir du peuple colombien.” Y aurait-il eu négociation et rançon ? demande Valle. “Un changement dans les méthodes de guerre”, réplique Cano, qui avoue toutefois que les FARC sont “peut-être un peu hors du temps, incapables de réagir à un encerclement toujours plus technologique. Mais nous sommes nombreux et savons nous protéger de l’œil électronique le plus pénétrant. Les branches de la forêt nous cachent.”

Cano ne cache pas son envie de parvenir à une issue négociée de la rébellion. “Un chef responsable de ses hommes cherche la négociation. Si toutes les parties la veulent.” Cano dément qu’il y ait eu, comme l’a affirmé la Télévision suisse romande, paiement d’une rançon, de même qu’il dit ne pas croire à la version des autorités colombiennes selon laquelle les otages ont été libérés sur ordre d’un homme imitant au téléphone la voix de Cano. “Je défie quiconque d’imiter ma voix. Personne ne peut me ressembler, du moins pour mes hommes.” Le “jefe” des FARC se demande enfin si un changement à le tête de l’Etat colombien ne serait pas souhaitable et imagine volontiers Ingrid Betancourt succéder au président Alvaro Uribe. “Elle a appris à connaître la Colombie et ses problèmes, et j’ai l’impression qu’à Paris elle a sollicité moins de fermeté avec les FARC et une négociation.”

Ma réaction:

J'ai les plus grands doutes sur la véracité de cet entretien. La radio W de Bogota, que je viens d'écouter, a parlé avec ce Jordi Valle, qui a rapidement coupé le téléphone. Ce n'est pas un entrepreneur, mais un employé du gaz qui aurait travaillé en Equateur dans la société Liquigaz, a-t-il dit. Je n'ai pu trouver le texte intégral dans le site du journal italien, mais la radio W l'a obtenu. Jordi Valle aurait rencontré Cano à Nueva Loja, une localité d'Equateur. C'est impensable! Le chef des FARC est pourchassé dans la région du défil de las Hermosas dans le centre de la Colombie. Jordi Valle publie aussi un entretien avec Alvaro Uribe qui aurait dit que “les USA ne sont pas prêts pour élire un noir à la présidence”. Or l'ambassade de Colombie à Rome a démenti et révélé que jamais Uribe n'avait reçu cet homme, qui apparaît donc comme un mythomane avéré.

La Repubblica se doit d'expliquer ce qu'il en est.

LA JUSTICE COLOMBIENNE ORDONNE L’AUDITION DU SUISSE JEAN-PIERRE GONTARD POUR LE PRESUME DELIT DE FINANCEMENT DU TERRORISME

 

 

24 JUILLET 2008 

Cette décision vient d’être rendue publique par le procureur général colombien Mario Iguaran. « Le ministère public a estimé qu’il convient d’ouvrir une enquête formelle et de convoquer Jean-Pierre Gontard pour une audition pour qu’il lève les doutes de la justice colombienne sur sa neutralité de médiateur», a déclaré le procureur. 

Le 16 juillet, Mario Iguaran avait annoncé l’ouverture d’une enquête contre le médiateur suisse dans l'affaire des otages. Jean-Pierre Gontard est accusé d'avoir remis 500.000 dollars à la guérilla des Farc au Costa Rica. Cette information était contenue dans les ordinateurs de Raul Reyes, le n°2 des FARC éliminé le 1er mars dernier.

 

 

Un juge d’instruction de la lutte anti-terroriste a été désigné pour enquêter et procéder à l’audition de Jean-Pierre Gontard, « y compris en Suisse ».

Le 7 juillet le gouvernement colombien avait annoncé qu'il rechercherait désormais un “contact direct” avec les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pour obtenir la libération des otages car il avait “perdu la confiance” dans les médiateurs européens.

“Le président (colombien Alvaro Uribe) a dit clairement à M. Jean-Pierre Gontard et à M. Noël Saez (les médiateurs suisse et français pour un accord avec la guérilla), qui se trouvaient à Bogota, que le gouvernement colombien n'a pas confiance dans leur travail”, avait affirmé le Haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo.
“Je crois que le travail pendant de nombreuses années des deux facilitateurs n'a, au delà de leur bonne volonté, produit aucun résultat, et en plus ces derniers ont été manipulés par les Farc”, avait-il ajouté.
La Suisse a rejeté les accusations de la Colombie contre son émissaire.

 

RENAUD « N’EST PAS SUR SON LIT DE MORT », A PARLE AU TELEPHONE AVEC INGRID BETANCOURT, MAIS N’A TOUJOURS PRESENTE NI FELICITATIONS NI EXCUSES A ALVARO URIBE

  

24 juillet 2008 

Face aux « rumeurs ridicules autant que mensongères » sur son état de santé, entretenues par son mutisme total depuis la libération d’Ingrid Betancourt, Renaud est sorti de son silence ce jeudi, par le biais d’un communiqué de sa maison de disque. 

“C'est pour faire briller l'adage pour vivre heureux vivons cachés que Renaud n'a pas souhaité monter à Paris ni répondre aux nombreuses demandes d'interviews suite à la libération d'Ingrid Betancourt. En revanche, après avoir longuement parlé avec elle au téléphone, il lui a bien sûr fait part de son bonheur indicible à sa libération”. ”Afin de faire cesser ces rumeurs ridicules autant que mensongères », le texte ajoute que  « Renaud n'est pas sur son lit de mort mais, au contraire, en parfaite santé, et il passe d'excellentes vacances en Provence avec Romane et leur fils Malone”. 

Il aura donc fallu attendre 22 jours, depuis l’opération « Jaque », pour avoir des nouvelles de Renaud. Ses admirateurs n’avaient pas compris pourquoi ce « chanteur » (j’ai du mal à mettre ce monsieur dans la catégorie de Brel, Brassens, Ferré, Trenet), auteur d’une chanson en l’honneur d’Ingrid, « Dans la jungle », n’avait pas été présent aux festivités en l’honneur de l’ex-otage. 

Dans ce blog, on l’avait tous compris. « D’un indigne président, vous payez le tribut », avait écrit Renaud dans cette chanson, avant de traiter de « fasciste » le président colombien. Or Ingrid n’a cessé de rendre hommage à l’armée colombienne et à Alvaro Uribe pour leur courage dans l’opération de sauvetage des otages. 

S’il avait rejoint Ingrid, Juanes et Miguel Bosé sur l’esplanade du Trocadero à Paris le 20 juillet, Renaud eût été contraint de féliciter Alvaro Uribe, de lui présenter des excuses et de témoigner sa solidarité avec les centaines d'autres otages en Colombie. Ces mots ne font pas partie jusqu’à ce jour, hélas, de son vocabulaire. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

LE PRESIDENT PEDOPHILE DU NICARAGUA A RECU SIX TERRORISTES DES FARC ET DOIT ETRE POURSUIVI POUR COMPLICITE DE CRIMES

 23 juillet 2008 

29 ans après le renversement du président nicaraguayen Anastasio Somoza par les castristes du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), l’ancien dictateur apparaît comme un enfant de chœur face aux dérives criminelles de l’actuel chef de l’Etat, Daniel Ortega. Rempart de la lutte contre Somoza, le quotidien La Prensa, de Managua, vient de révéler qu’un avion vénézuélien, apparemment affrété par la compagnie nationale pétrolière du Venezuela PDVSA, avait conduit jeudi dernier six membres des FARC depuis Caracas jusqu’au Nicaragua, pour participer secrètement à l’anniversaire de la révolution sandiniste le 19 juillet. 

Les noms des six terroristes colombiens n’ont pas été publiés, mais le seul fait d’accueillir des hors-la-loi faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international au travers d’Interpol est punissable par la loi pour complicité avec les auteurs de crimes contre l'Humanité. Les FARC détiennent encore plus de 700 otages, dont 26 officiers colombiens, certains enchaînés depuis plus de 10 ans.

Dernière minute: selon La Prensa, quatre des six chefs des FARC reçus à Managua étaient:  Iván Márquez, Pablo Catatumbo, Rodrigo Granda et Pastor Alape. Comme mon blog l'a déjà révélé, ce sont tous des commandants rebelles abrités par Hugo Chavez au Venezuela!  Rodrigo Granda a été libéré en juin 2007 par Alvaro Uribe à la demande de Nicolas Sarkozy pour servir “d'intermédiaire de paix”. En lieu et place de dialogue, il vient d'appeler hier les FARC à poursuivre la lutte armée dans un communiqué co-signé avec un certain Jésus Santrich, lui aussi caché au Venezuela.

Daniel Ortega joue avec le feu au mépris de la justice, puisqu’il est passible des Assises pour avoir violé lorsqu’elle était mineure Zoilamerica, la fille de son épouse, elle-même consentante dans ce crime répété. 

Ce même Ortega n’a pas hésité à accuser récemment le président colombien Alvaro Uribe de pratiquer un « terrorisme d’Etat ».

Quant à Hugo Chavez, son double jeu est mis au jour une nouvelle fois. Il a appelé les FARC à se rendre, puis conduit une de leurs délégations au Nicaragua.

LA FRANCE SE DOIT DE LANCER UN MANDAT D’ARRET INTERNATIONAL CONTRE RODRIGO GRANDA

23 juillet 2008

A l'heure où retombe le soufflé Betancourt, il est temps pour la France de retrouver le sens de ses obligations diplomatiques en Colombie, notamment à l'égard du commandant des FARC Rodrigo Granda.

Ce chef de la guérilla terroriste avait été libéré le 5 juin 2007 par le président Alvaro Uribe à la demande pressante de Nicolas Sarkozy, à charge pour le rebelle d'obtenir la libération des otages de la guérilla, dont Ingrid, comme “intermédiaire de paix”.

14 mois plus tard, ce même Granda, sans avoir jamais rien fait pour honorer ce gentleman agreement, vient de publier hier un appel aux FARC à la poursuite de la lutte armée, alors que même Fidel Castro, après Hugo Chavez, a demandé aux rebelles de libérer leurs otages.  Or Rodrigo Granda vit caché au Venezuela.

Le commandant Rodrigo Granda fait l'objet de poursuites au Paraguay pour sa participation présumée à l'enlèvement suivi du meurtre en septembre 2004 de Cecilia Cubas, fille de l'ancien président paraguayen Raul Cubas, malgré le versement aux FARC d'une rançon de 800.000 dollars.

Si la France ne lance pas un mandat d'arrêt international auprès d'Interpol contre cet criminel présumé qui a renié sa parole, il revient à la Colombie et au Paraguay de le faire. Rodrigo Granda, comme Radovan Karadzic, doit être jugé par le tribunal international de La Haye.

A suivre de près…

NB Dans un article du 23 juin 2007, le journal suisse “Le Courrier” révèle que Monica Granda, la fille de ce criminel présumé, vit en Suisse.

L’ABSENCE DU CHANTEUR RENAUD AUX FESTIVITES POUR INGRID BETANCOURT: UN MYSTERE

23 juillet 2008

Renaud aura été le grand absent des festivités françaises autour d'Ingrid Betancourt. On ne l'a vu nulle part. Il avait pourtant participé à tous les spectacles parisiens en faveur de l'ex-otage, et, surtout, créé une chanson en son honneur.

L'un de vous a-t-il des informations ?

Ou alors Renaud a-t-il été mis à l'index pour avoir écrit, dans sa chanson pour Ingrid “Dans la jungle”:

“D'un indigne président

Vous payez le tribut”

Ou pour avoir publiquement qualifié Alvaro Uribe de “fasciste”, alors qu'Ingrid Betancourt n'a cessé de rendre hommage au président colombien depuis sa libération par l'armée colombienne ???

La question qu’Ingrid Betancourt élude

La question qu’Ingrid Betancourt élude

 

Par Eduardo Mackenzie

Paris, 19 juillet 2008

 

Parmi les nombreuses déclarations faites par Ingrid Betancourt depuis qu'elle a été libérée par l'armée colombienne dans l'action spectaculaire du 2 juillet 2008 dans le Guaviare, il y a quelque chose d’important qu'elle n'a pas dit ou qu'elle n'a pas voulu dire jusqu'à aujourd'hui.

 

Elle n'a pas demandé au gouvernement français de soutenir le gouvernement colombien dans sa lutte contre le narco- terrorisme des Farc.

 

Ce silence attire l'attention et montre que nous sommes devant un énorme paradoxe.

 

Paris a salué la libération d'Ingrid Betancourt comme sa propre victoire. Toutefois, l'orientation française a été de toujours demander à Bogota de renoncer à toute tentative de sauvetage militaire de l’otage. Ingrid, à son tour, a contribué au renforcement du triomphalisme immérité de Paris en proclamant : « Je dois tout à la France ». Dès lors, « l'opération Jaque » de l'État colombien, à laquelle elle doit, en réalité, sa liberté, a cessé d'être pour elle un sujet d’intérêt. 

 

L'équivoque va très loin. Pendant les six années et quatre mois qu'a duré la captivité d'Ingrid Betancourt, le gouvernement français s'est cru autorisé à essayer d'imposer au gouvernement colombien une attitude précise à l’égard de ce rapt : Bogota ne devait tenter la moindre action militaire pour libérer  l'ex sénatrice et devait, au contraire, accepter l'exigence des Farc d’accomplir le soi-disant « accord humanitaire », c'est-à-dire de discuter avec la bande criminelle et lui concéder ce qu’elle demande : la démilitarisation d'une région du territoire colombien

 

Si le gouvernement colombien avait suivi ces conseils, Ingrid Betancourt et les autres 14 kidnappés seraient encore aujourd'hui dans les mains des Farc, et celles-ci se seraient emparés des villages de Pradera et Floride et leurs 120 000 habitants, et auraient constitué un bastion pas loin de Cali, la troisième ville de la Colombie.

 

En tant que président de la France et président de l'Union Européenne pendant les six prochains mois, Nicolas Sarkozy a donné un accueil extraordinaire à l'ex otage franco-colombienne, qui au lendemain du sauvetage, avant que l'examen médical de rigueur fût pratiqué à Bogota, a choisi de voyager à Paris avec sa famille dans un avion officiel français. Les mots qu'elle a prononcés à l'aéroport de Villacoublay ont été accueillis avec délectation par le gouvernement et par la presse française.

 

À Bogota, Ingrid avait laconiquement remercié le président Alvaro Uribe et les forces militaires colombiennes pour leur opération de sauvetage. Elle a aussi fait une remarque favorable à la réélection du chef d'État. Une telle attitude était à peine normale. Toutefois, une fois installée en France, Ingrid Betancourt a oublié le thème prioritaire. Quant aux comités « de soutien», ceux qui s’étaient consacrés à faire de l’anti-uribisme et de la politique «anti- impérialiste », au lieu d'exercer une  pression directe sur les Farc pour qu'elles libèrent les otages, et qui avaient ignoré les demandes que la propre Ingrid Betancourt avait formulées pour sa libération [3], ils ont été salués par elle comme de véritables héros. 

 

Une seule suggestion d'Ingrid Betancourt au gouvernement, dans le sens que la France change sa politique actuelle devant la Colombie et offre un réel soutien à l'action de l'État colombien, serait vue comme une demande logique et légitime, compte tenu du formidable acte de justice et de responsabilité politique de l'État colombien, cristallisé dans l'opération du 2 juillet. Ce jour-là, sans un seul coup de feu, quinze otages « politiques », les trois américains et onze policiers et militaires, ont été arrachés à leurs bourreaux, un front des Farc chargé de surveiller une zone de narco- cultures, par un coup d'astuce et d'audace que tout le monde a salué comme exemplaire. 

  

Malgré l’énorme impact de ses propos à l'heure actuelle, Ingrid Betancourt n'a pas fait une telle exhortation aux responsables français. Avant de voyager à Paris, l'ex otage avait sollicité la collaboration de Hugo Chávez, Rafael Correa et Cristina Kirchner « pour obtenir la libération de tous les otages des Farc et atteindre la paix en Colombie ». Mais elle n'a fait aucun appel à la France sur la question fondamentale : l'appui de ce pays et de l'UE aux efforts de sécurité de la Colombie.

               

Si elle ne l'a pas fait,  c’est parce qu'elle n'est pas disposée à le faire.

 

Dans la lutte difficile et quasiment solitaire de la démocratie colombienne contre la subversion armée communiste et contre la phase la plus aiguë et récente de ce phénomène, connue sous le nom de narco- terrorisme, l'État français n'a pas apporté de soutien à Bogota.

 

Dans un moment dramatique, parce que l'expansion militaire des Farc était à son apogée et parce que les coups sanglants contre les forces de l'ordre étaient de plus en plus déstabilisateurs, le gouvernement colombien a demandé à la France et à l'Union Européenne leur aide urgente. Toutefois, le Plan Colombie a été brutalement rejeté par l'Union Européenne le 24 octobre 2000. L'UE était, à ce moment-là, sous la présidence française. Un mois et demi plus tard, le Quai d'Orsay acceptait la visite d'Olga Marin, la fille du chef suprême des Farc.

 

Depuis lors, la diplomatie colombienne n'a compté qu'avec l'appui décisif des États-Unis dans ce combat nécessaire et inévitable qu’un État de droit latino-américain livre contre l'organisation terroriste la plus ancienne et forte de l'hémisphère occidental.

 

La politique de Paris et de l'UE a consisté, depuis lors, à ne soutenir ni le Plan Colombie, ni les plans ultérieurs, et à se contenter de lancer des déclarations sur la nécessité d'une hypothétique « solution politique » du soit disant « conflit colombien ». Par conséquent, toute demande d'aide financière, militaire et diplomatique de Bogota a été rejetée. La France et l'UE appuient certaines Organisations non gouvernementales qui opèrent en Colombie. Mais le sauvetage des otages au pouvoir des guérillas de l'extrême droite et de l'extrême gauche, n'a jamais été à la portée de ces groupes.

 

Il ne s'agit pas, donc, d'un oubli. Ingrid Betancourt ne fait pas cette demande cruciale au président Nicolas Sarkozy car elle sait que cela est politiquement incorrect, puisque l'orientation  du 24 octobre 2000 est encore en vigueur. Il est l’heure, toutefois, que l'UE change de ligne sur la Colombie. Ingrid Betancourt pourrait le demander, devrait le demander, comme l’a demandé plusieurs fois le président Alvaro Uribe, sans être écouté. L’actuelle présidence française de l'UE est la meilleure occasion pour corriger l'injustice commise en octobre 2000. La politique extérieure française actuelle « de la main tendue », annoncée à l'occasion de la nouvelle présidence française de l'UE, profitera-t-elle à la Colombie ? 

 

La question est posée.

 

Une autre constatation qui saute aux yeux en ce moment est que, malgré les souffrances énormes vécues, les humiliations constantes, la confrontation quotidienne brutale avec l'organisation terroriste, Ingrid Betancourt, pendant sa captivité, a peu avancé du point de vue politique.  Elle continue à penser les Farc et leurs alliés comme elle les pensait en 2001.

 

Ingrid Betancourt, et les quatre ou cinq cents otages qui sont encore aujourd'hui dans les geôles des Farc, sont les victimes  d'une des machines de mort les plus efficaces montées par les soviétiques pendant la Guerre Froide.  La libération des otages en Colombie, et le démantèlement définitif du projet Farc, est l’un des derniers combats secrets de la Guerre Froide, laquelle prétend se perpétuer en Colombie par un obscur caprice de l'Histoire. Ingrid Betancourt, les dits comités « de soutien » et certaines chancelleries européennes, paraissent ne pas le savoir. Pour Ingrid Betancourt le problème Farc c’est réduit à un point : celui d'une guérilla « paysanne » qui devrait libérer les 25 otages « échangeables » qui restant dans leurs mains, pour « améliorer son prestige décimé » et pour faire un « premier pas » vers un « processus de paix », qui permettra « des changements dans la structure de l'État ».

Voilà pourquoi l'aide que la démocratie française devrait apporter à la démocratie colombienne pour achever avec succès ce combat nécessaire n'est pas une priorité pour Ingrid Betancourt.

 

Au contraire, elle croit indispensable, donner depuis Paris des leçons de science politique au chef d'État qui l'a libérée,  qu’elle accuse maintenant d'avoir un « langage de haine » et d’« avoir isolé »  la Colombie. Évidemment, pour Ingrid Betancourt quand la Colombie se défend et qu’elle est menacée par la tyrannie vénézuélienne, alliée des Farc, et par ses marionnettes équatoriennes et nicaraguayennes, cela équivaut à faire fausse route. Parce que la seule issue que nous aurions, selon elle, est de s’incliner devant les aventures antilibérales et liberticides du « bolivarisme » chaviste.

 

Cette attitude regrettable, ainsi que sa décision de ne pas prendre part en Colombie aux manifestations  du 20 juillet 2008 pour la libération des otages aux mains des guérillas, a heurté la sensibilité de  beaucoup de Colombiens.  Quelques uns la voient comme candidate présidentielle en 2010. D'autres se demandent si elle aspire à faire de la politique en France. L'auteur Marek Halter la voit, par exemple, dans le Parlement Européen. Mais il n'est pas facile de savoir si la classe politique française adoptera un jour Ingrid Betancourt pour cette besogne. « Quelle place Ingrid Betancourt occupe-t-elle désormais dans la société française? », a timidement demandé ces jours-ci un journaliste à Bernard Kouchner. La réponse du ministre socialiste français des Affaires Étrangères a été très claire : « Elle occupera sans doute une place en Colombie ».

 

 

 

[1]  La Vanguardia, Barcelone, 5 juillet 2008.

[2]  Le gouvernement français, d'autre part, a promis aux Farc de les retirer de la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne si elles libéraient Ingrid Betancourt. RCN, Bogota, 11 juillet 2008 ; El Colombiano, Medellín, 13 juillet 2008.

[3]  Dans une vidéo que les Farc ont livré comme preuve de survie d'Ingrid Betancourt le 30 août 2003, celle-ci se prononce pour les sauvetages militaires des otages. Sa famille, les comités « de soutien » et le gouvernement français n'ont jamais accepté cette thèse.

[4]  Les américains sont Thomas Howes, Keith Stansell et Marc Gonçalves. Ils participaient à une mission antidrogue à bord d'un avion qui a dû atterrir d'urgence le 13 février 2003 dans une zone infiltrée par les Farc.

[5]  Il s’agit du colonel Mendieta, du caporal Moncayo, du sergent Arcila, de l'ex gouverneur Alan Jara, du major Duarte, du sergent Beltrán, de l'intendant Moreno, du sergent Delgado, du major Murillo, du caporal  Martínez, du capitaine Gómez, du sergent Moreno, de l'intendant Solarte, de l'intendant Duarte, du lieutenant Hernández, de l'intendant Medina, du sergent Salcedo, de l'intendant Peña, du capitaine Solórzano et du parlementaire Lizcano.

[6]  Le Journal du Dimanche, Paris, 6 juillet 2008.

INGRID BETANCOURT AUX SEYCHELLES

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D. de Villepin et I. Betancourt au restaurant à Paris le 13/07/08

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Les retrouvailles

 

22 juillet 2008

L'ancienne otage séjourne depuis hier dans cet archipel de l'Océan Indien avec ses deux enfants, jusqu'au 17 août. C'est ce qu'affirme lenouvelobs.com.

Ingrid Betancourt y avait séjourné de 1985 à 1988 lorsque que son mari de l'époque, Fabrice Delloye, dirigeait la mission commerciale à Mahé, la capitale.

Son ami Dominique de Villepin passera la voir la semaine prochaine, précise l'hebdo. Le mari colombien d'Ingrid, Juan Carlos Lecompte, est toujours en Colombie. 

Les Seychelles sont réputées pour leurs cocos fesses (cocos en forme de fessier).

C’EST LA DEBANDADE A LA TETE DES FARC : LES UNS VEULENT NEGOCIER, LES AUTRES CONTINUER LA GUERILLA

 

21 juillet 2008 

 

Dès le 16 juillet, mon blog avait révélé l’éclatement d’une guerre des chefs au sein des FARC sur la suite à donner à leur mouvement après leur série de revers catastrophiques, dont l'opération “Jaque”. C’est confirmé avec deux informations contradictoires connues hier : un chef du 53e front de la guérilla, sous les ordres du Mono Jojoy (chef militaire des rebelles), souhaite négocier avec des généraux colombiens. Un autre communiqué, signé par Rodrigo Granda et Jésus Santrich, annonce la poursuite de la lutte armée. Il convient de rappeler que ces deux commandants rebelles sont hébergés au Venezuela et ne combattent pas en Colombie. 

 

Voici cette succession de textes contradictoires : 

 

  

Jefes de las Farc dicen que no dejarán lucha armada 

The Associated Press 

El Nuevo Herald, Miami 

21 de julio de 2008 

  

Dos de los comandantes de las FARC advirtieron que la guerrilla no bajará los fusiles, pese a los llamados desde todo el mundo, incluso de la izquierda política, de poner fin a la lucha armada.  La declaración está contenida en una carta de cuatro páginas de los comandantes Rodrigo Granda y Jesús Santrich divulgada el domingo en el sitio de internet de la Agencia Bolivariana de Prensa (ABP), que tradicionalmente difunde comunicados y pronunciamientos de las rebeldes Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC). 

La carta carece de fecha, pero la agencia ABP indicó que los comentarios de los dos comandantes guerrilleros surgieron tras del debate generado por declaraciones del presidente de Venezuela, Hugo Chávez. El pasado 8 de junio, Chávez pidió a las FARC liberar a todos los secuestrados en su poder y deponer las armas porque “la guerra de guerrillas pasó a la historia”. Llamados similares hicieron también desde el presidente de Ecuador, Rafael Correa, hasta el ex presidente de Cuba, Fidel Castro. “No seremos nosotros, no y mil veces no, quienes bajemos las armas”, dijeron los dos comandantes insurgentes en la carta. 

Sin mencionar directamente a ningún mandatario, los comandantes guerrilleros dijeron que han recibido mensajes de distintos sectores de izquierda de la región saludando la lucha de las FARC, mientras que las posiciones expresadas por otros eran “oportunistas”. Esas posiciones contra la lucha armada, dijeron los rebeldes, eran “retruécanos con los que se suele manosear la realidad sin asco de arrastrar los principios para mostrarse revolucionario mientras se es oportunista, sobre todo cuando se aprovechan sinceras, pero equívocas posiciones de buena fe que han venido de probados hombres y mujeres, gobernantes o no, que claman por el desarme de las insurgencias”. 

En Colombia “estamos en una confrontación que no ha de cesar mientras no se acabe con las profundas causas sociales que la engendraron…en el caso de las FARC, que desenvuelven su lucha en medio de las peores atrocidades que contra del pueblo desatan las oligarquías, jamás condenaremos ni desistiremos de la insurrección armada”, añadieron. Las FARC, que con 44 años es la guerrilla activa más antigua de la región, han mantenido desde siempre que seguirán en combate hasta alcanzar “una democracia con justicia social” y aunque en el pasado han accedido a negociaciones de paz con distintos gobiernos, a la vez desarrollaban su poderío militar, financiado en parte con el tráfico de drogas. Más recientemente, en la gestión del presidente Alvaro Uribe, han recibido los más duros golpes en su historia con la muerte de algunos de los jefes rebeldes y el rescate de los más valiosos secuestrados que tenían en su poder desde hace por lo menos cinco años. 

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Frente de las Farc quiere negociar con generales

El Pais, Cali 

21 de julio de 2008 


Un dirigente guerrillero dijo al Nuevo Herald que militares activos o retirados podrían ser el contacto.

Un dirigente del Frente 53 de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia, Farc, bajo el mando de Jorge Briceño Suárez, alias Mono Jojoy, afirma que su grupo está dispuesto a negociar con “generales colombianos”, informó ayer el diario El Nuevo Herald. El rotativo de Miami publica una información elaborada por el periodista Steve Salisbury, quien dice haberse entrevistado recientemente con el “comisario político-militar” de ese frente en las montañas de Sumapaz, Cundinamarca.

El dirigente guerrillero, identificado sólo como ‘N’ y cuya tarea sería “comandante reemplazante de frente”, manifestó a Salisbury la disposición de su grupo a iniciar “contactos directos de buena fe” con autoridades colombianas. “Una manera para hablar con el Gobierno (colombiano) sería tener un contacto con generales”, retirados o de servicio activo, que tengan la autorización expresa del Ejecutivo, declaró ‘N’, según esta información.

Las Farc preferirían conversar con generales “patriotas, sinceros y no corruptos” que hayan experimentado la guerra personalmente, en vez de hablar con “políticos mentirosos”, agregó el guerrillero, quien tiene una trayectoria de 35 años en el movimiento alzado en armas. La entrevista, según el diario, se llevó a cabo “a fines de junio”, es decir antes de la operación militar que rescató a quince rehenes de las Farc, entre ellos Ingrid Betancourt y tres estadounidenses, el 2 de julio. Sin embargo, precisa El Nuevo Herald, esta propuesta guerrillera fue reiterada en una comunicación enviada por la guerrilla a través del misionero estadounidense Russell Martin Stendal, diez días después de que el Ejército rescatara a los quince secuestrados.

Stendal se dedica a repartir ejemplares de la Biblia entre guerrilleros, paramilitares y tropas gubernamentales que encuentra en sus misiones pastorales por regiones remotas de Colombia. El misionero dijo a Salisbury que para ‘N’ y los otros guerrilleros del Frente 53 de las Farc serían interlocutores aceptables generales retirados como Carlos Alberto Ospina y Jorge Enrique Mora, ex comandantes de las Fuerzas Militares, Reynaldo Castellanos, ex comandante del Ejército, y el brigadier general retirado Gabriel Díaz, entre otros.  Consultados por Salisbury, el brigadier Díaz dijo que la propuesta le parece “viable”, mientras que un funcionario colombiano familiarizado con los temas de paz del Gobierno, que pidió el anonimato, afirmó que esta es la primera vez que escucha una propuesta de esta naturaleza de parte de miembros las Farc.

En sus últimas comunicaciones la dirección de las Farc ha manifestado su rechazo a un diálogo con el presidente Álvaro Uribe, y ha dicho que prefiere reunirse con el de Nicaragua, Daniel Ortega, para hablar de “la guerra y la paz” en Colombia. El mandatario nicaragüense aceptó dialogar con sus “hermanos de las Farc”, hecho que motivó una protesta del Gobierno colombiano, que desautorizó esa mediación. En otro comunicado, fechado el 5 de julio, el Secretariado de las Farc dijo que mantiene su voluntad de “concretar acuerdos humanitarios que logren el intercambio y además protejan a la población civil de los efectos del conflicto”.

El sábado pasado el presidente Daniel Ortega insistió en su disposición de dialogar con esa guerrilla porque “para luchar por la paz no tenemos que pedirle permiso a nadie”. “Yo he encontrado disposición del Secretariado de las Farc de trabajar por la paz y yo les digo a los hermanos de las Farc que estamos dispuestos a dialogar, a conversar para trabajar por la paz en Colombia, porque bien se la merece ese pueblo”, dijo Ortega al clausurar las celebraciones del XXIX Aniversario de la Revolución Sandinista. De otro lado, siete presuntos guerrilleros de las Farc se rindieron ante tropas del Ejército con las que libraban combates en una localidad del departamento del Caquetá. La deserción se presentó en Vista Hermosa, aldea rural de Puerto Rico, precisó la Agencia de Noticias del Ejército (ANE). Los rebeldes entregaron siete fusiles, documentos y equipos de comunicaciones.

Suizo dice que no llevó dinero

El profesor suizo Jean Pierre Gontard, uno de los mediadores para facilitar una salida pacífica al caso de los rehenes de las Farc, aseguró que “nunca llevó dinero” a esa guerrilla, en una entrevista publicada ayer en el diario NZZ am Sonntag. El Gobierno colombiano señaló que informaciones recuperadas de los ordenadores que pertenecieron al ex número dos de las Farc, ‘Raúl Reyes’, muerto en una operación militar colombiana contra un campamento de la guerrilla en Ecuador, señalaban que Gontard entregó US$500.000 a un emisario de ese grupo armado en Costa Rica.

Tras esa acusación, la Fiscalía abrió una investigación en su contra y el Gobierno anunció su intención de poner fin a la mediación internacional para entrar directamente en contacto con las Farc. Posteriormente, el Ministerio de Asuntos Exteriores de Suiza sostuvo que la misión a la que aludía Colombia se remontaba a 2001, cuando Gontard colaboró para lograr la liberación de dos empleados de la farmacéutica Novartis, que habían sido secuestrados. Gontard dijo que contribuyó a “establecer el contacto entre la compañía y las Farc para que se realizara el acuerdo al que llegaron en el 2001, tras la liberación de los rehenes”.
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Revoici mon post du 16 juillet : 

LA GUERRE DES CHEFS A ECLATE AU SOMMET DES FARC MAIS AUCUN MEDIA NE S’EN EST RENDU COMPTE (SAUF CE BLOG)! 

  

 16 juillet 2008  

J’ai du mal à y croire, mais les médias, y compris colombiens, sont tombés dans le panneau sans prendre du recul face à une présumée déclaration du secrétariat des FARC sur leur refus de négocier avec Alvaro Uribe et leur appel au président du Nicaragua Daniel Ortega. Publiée le 15 juillet, l'information est datée du…26 juin, une semaine avant l'opération ”Jaque” qui a permis la libération par la Colombie de 15 otages dont Ingrid .  

Au même moment un texte signé POUR LA PREMIERE FOIS par Alfonso Cano, nouveau chef des FARC, a été publié par l’ABP, bras politique de la guérilla (Cf. ci-dessous). Ce document daté de « juin 2008 », donc avant l’opération « Jaque » comme le texte précédent sur le présumé refus par la guérilla de négocier, estime « toujours en vigueur » la proposition des FARC de rencontrer Alvaro Uribe pour déterminer les termes d’un accord, avec pour seule exigence la prise en compte, dans un éventuel échange entre otages et prisonniers, de trois chefs de la guérilla détenus aux USA.  

Le document le plus récent est daté du 5 juillet. Il a été publié le 11 juillet par le secrétariat des FARC, révèle la volonté d’un accord avec le gouvernement colombien, et ne comporte aucune exigence préalable : ni un mini-Etat ni la libération des chefs rebelles détenus aux USA !  

A l’évidence, il y a de l’eau dans le gaz au sommet des FARC. Jamais la guérilla n’a péché par de telles contradictions.  

Je ne serais pas étonné par une nouvelle surprise, dans le genre de l’opération « Jaque ». L’appel à Daniel Ortega dans un même texte hostile à une négociation ne peut provenir que d’un secteur jusqu’au-boutiste de la guérilla. Je pense à Jorge Briceno, le « Mono Jojoy », chef militaire des FARC et principal criminel de guerre de cette guérilla. Après l’abandon des FARC par Hugo Chavez, qui mange désormais dans la main d’Uribe sous peine de la publication d’autres e-mails mortels pour lui dans les ordinateurs de Raul Reyes,  le président nicaraguayen, violeur de la mineure « Zoilamerica » (cf. mon blog)  mais toujours pas inculpé par la justice, est devenu le dernier appui des FARC.  

Même Fidel Castro leur a demandé de libérer tous leurs otages. Alfonso Cano serait au bord de la reddition que je ne serais pas étonné. Il est cerné dans le canyon de la Delicias (les Délices !), au centre de la Colombie.  

A suivre…  

Voici les communiqués de la guérilla avant et après l’Opération Jaque, survenue le 2 juillet 2008, avec la libération de 15 otages dont Ingrid Betancourt : 

- Le 26 juin (mais le texte est publié ce 15 juillet) - La guérilla des Farc refuse de négocier un accord de paix avec le gouvernement colombien du président Alvaro Uribe et demande à rencontrer le président du Nicaragua Daniel Ortega, selon un message diffusé mardi par la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur.
“Sur ces affaires de guerre et de paix, nous souhaitons parler personnellement avec vous ou à vos émissaires”, indique le message adressé au président Ortega, daté du 26 juin dernier et signé par le secrétariat de l'état-major central des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
“Seul un nouveau gouvernement, véritablement démocratique, issu d'un grand accord national pourrait à nouveau emprunter la voie vers une solution politique au conflit social et armé que connaît la Colombie“, souligne le texte écrit avant la libération de 15 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, le 2 juillet à la faveur d'une opération de l'armée colombienne.  

- JUIN 2008 (sans autre précision) :  

A los Combatientes y Luchadores por La Patria Grande y El Socialismo  

    
Junio del 2008.  

Camaradas del Estado Mayor Central, de los Estados Mayores de los Bloques y Frentes, de los Comandos Conjuntos, mandos de las redes urbanas, columnas, compañías, guerrillas, escuadras y comisiones, guerrilleras y guerrilleros, mandos y milicianos bolivarianos, militantes del Partido Comunista Clandestino e integrantes del Movimiento Bolivariano: reciban nuestro revolucionario saludo que extendemos a todos quienes trabajan junto a nosotros por una Nueva Colombia.  

Durante la última semana del mes de mayo recibimos mensajes de solidaridad de todas las unidades farianas, donde destacan la gigantesca dimensión política y militar del Comandante Manuel Marulanda Vélez como uno de los más grandes revolucionarios de nuestra historia, y también reafirmando lealtad absoluta a su legado, a nuestro compromiso y objetivos de transformación revolucionaria y brindando total respaldo a las decisiones tomadas por la dirección de las FARC en esta coyuntura.  

El 27 de marzo, luego del deceso del Camarada Manuel, acordamos que solo a partir del 23 de mayo informaríamos sobre ello a los mandos y guerrilleros, a los amigos y conocidos y, a la opinión, mientras decidíamos lo necesario para garantizar la continuidad de los planes en curso, como efectivamente ocurrió.  

Redistribuimos funciones dentro del Secretariado y lo reajustamos al igual que al Estado Mayor Central, fortalecimos los Estados Mayores de los Bloques donde fue necesario, pasamos revista a la situación orgánica y al trabajo de masas, todo ello en medio de la permanente confrontación y cobijados con la indestructible coraza del secreto de los centenares de guerrilleros conocedores del fallecimiento de nuestro comandante en jefe.  

Y así, entre otras decisiones, definimos al camarada Iván Márquez como jefe de las relaciones internacionales del Estado Mayor Central y al camarada Pablo Catatumbo como nuevo jefe del Movimiento Bolivariano por la Nueva Colombia.  

Nuestro rico intercambio de opiniones frente a la actual situación ratificó el sagrado compromiso revolucionario de las FARC-EP, con su dirección a la cabeza, de mantener firme y muy en alto las banderas de la Nueva Colombia, la patria grande bolivariana y del socialismo; reafirmó la vigencia de todos nuestros planes político militares y de nuestra condición de combatientes de la paz democrática, es decir de la paz con justicia social, sin hambre, con empleo, techo, salud y educación para todos, con soberanía nacional y vigencia de una verdadera democracia política alejada de la violencia y de la corrupción administrativa.  

Valga recordar que las FARC nacieron hace 44 años como una respuesta popular y revolucionaria al terror institucional y para institucional del Estado, a la vergonzosa intromisión gringa en nuestros asuntos internos, al despojo de las tierras y su acrecentada concentración en unas pocas manos, a las profundas injusticias sociales existentes y a la voraz corrupción de la oligarquía, realidades todas que hoy perduran multiplicadas para desgracia de nuestro pueblo.  

Como revolucionarios queremos y luchamos la reconciliación de la familia colombiana y la construcción de un nuevo tejido social justo, pero la oligarquía, esa mezcla maldita de privilegiadas fortunas, inmensas haciendas, cunas de oro y poder político, no ha querido ni quiere compartir un ápice de sus privilegios con las mayorías del país. Por eso elude cualquier posibilidad sólida de acuerdos de paz.  

Camaradas: insistiremos cuantas veces sea necesario sobre nuestra disposición de concretar un acuerdo humanitario que fije unas reglas claras alrededor de la población civil de obligatorio cumplimiento para las dos partes y que, ante todo, priorice la libertad de los camaradas extraditados Sonia, Simón, Iván Vargas y de todos los prisioneros de guerra de uno y otro lado.  

Sin embargo, y no es un secreto, este gobierno no ha tenido el menor interés en concretarlo simplemente porque sería reconocer de facto, el estatus beligerante de una guerrilla revolucionaria a la que quiere satanizar. Por eso tanta disculpa, teorías absurdas, improvisaciones montajes, falsos positivos y temerarias órdenes de rescate que juegan con la vida de los prisioneros para satisfacción de los delirios de grandeza presidenciales.  

Pensó el gobierno que las decisiones unilaterales de las FARC- EP cuando liberamos 6 prisioneros a comienzos del presente año, eran debilidad y no demostraciones innegables de la voluntad que nos acompaña.  

A pesar de ello, nuestra propuesta de encontrarnos con el gobierno para precisar los términos de un acuerdo, continúa vigente así como la decisión de mantener comunicación y redoblar esfuerzos para que la reiterada generosidad de muchísimos gobiernos amigos de las soluciones políticas, finalmente logren hacer entender al régimen colombiano que negar el conflicto existente, tergiversar sus dimensiones y esconder su desgarradora realidad, no soluciona sino que agrava e incrementa los odios y las distancias.  

Persistiremos en nuestros esfuerzos por alcanzar la paz democrática por las vías civilizadas del diálogo tal como lo hemos hecho desde hace 44 años, porque es nuestra concepción revolucionaria, porque así son nuestros principios. El levantamiento armado, la guerra de guerrillas, la clandestinidad y la actividad conspirativa responden básicamente a la violencia institucional que desde la muerte del Libertador Simón Bolívar ejercen los poderosos contra las mayorías que han luchado por libertad, tierra, trabajo, justicia, democracia y soberanía.  

En la búsqueda de esos objetivos nunca desmayaremos. Nuestra palabra la respaldamos con la práctica diaria, en el crisol de la lucha cotidiana. Así nos lo enseñaron Bolívar, Manuel, Jacobo y todos los próceres y héroes de la historia patria. Hemos comprometido nuestra honra y vida en este empeño porque estamos seguros de la justeza y posibilidad real de materializar el sueño de una nueva Colombia. No nos arredran las dificultades, no nos amilanan las amenazas de la oligarquía que hemos escuchado toda la vida, no creemos en los llamados a la claudicación y a la indignidad, ni en los judas que aceptan las monedas de su oponente porque sobre esa moral nunca se construirá un mejor país, ni una sociedad pujante ni una familia solidaria. El valor a fundamentar como piedra angular debe ser el bien común sostenido sobre una ética transparente.  

Camaradas: los caminos que conducen al incremento de la lucha popular en sus más variadas formas y a la conquista del poder, nunca han sido fáciles, ni en nuestro país ni en ninguna otra parte del mundo, ni ahora ni antes. Solo la profunda convicción en la victoria, en la justeza, validez y vigencia de nuestros principios y objetivos y un monolítico esfuerzo colectivo, garantizarán el triunfo. A los reaccionarios que hacen cuentas alegres con las FARC les informamos que la intensidad de la confrontación nos ha fortalecido, hemos estrechado vínculos con las comunidades, sus organizaciones y las luchas populares, elevado la disciplina y el respeto por la población civil e incrementado nuestra cualificación y aprendizaje. Han caído guerrilleros porque así es la lucha, pero también su generosa sangre derramada es evidencia de nuestro total compromiso con el pueblo, otros camaradas ya cubrieron la trinchera y muchos más continúan llegando a filas, así fueron también la gesta de nuestra independencia y todos los procesos liberadores de la humanidad donde se desataron los demonios de la guerra.
 
Somos una fuerza revolucionaria con la suficiente historia, solidez y consistencia para superar el fallecimiento de nuestro Comandante en jefe porque el mismo nos instrumentó y contribuyó en el esfuerzo colectivo de consolidación política y militar. El Secretariado, el Estado Mayor Central, los Estados Mayores de los Bloques y frentes, los comandos de todo nivel, los mandos y combatientes de las FARC-EP garantizaremos el triunfo.  

Continuamos luchando por cumplir todos con los planes aprobados, manteniendo a fondo la práctica de la guerra de guerrillas móviles, incrementando nuestros nexos con la población civil y con el movimiento de masas que resiste la ofensiva del gran capital y de los terratenientes, intensificando el intercambio de opinión con todas las fuerzas interesadas realmente en las salidas políticas al conflicto y por alcanzar un gran acuerdo democrático y patriótico, ante el desmoronamiento de una institucionalidad fracturada irreversiblemente por el narcoparamilitarismo el autoritarismo totalitario y el arrodillamiento ante la Casa Blanca.  

Debemos invitar a las comunidades a denunciar la agresión militar del gobierno, que tras la máscara de la confrontación con la guerrilla, masacra civiles para presentarlos como guerrilleros, arrasa labranzas, campos y bosques de reserva con los bombardeos, genera desplazamiento posibilitando el despojo de tierras y a aterrorizando a quienes protestan a través de la amenaza directa, la agresión y el crimen.  

Y esforzarnos más por informar sobre los centenares de combates diarios que se libran en campos y ciudades porque el régimen esconde la terrible realidad de la guerra fratricida, de sus bajas y reveses, para transmitir un inexistente ambiente de control oficial en el territorio nacional.  

También rechazar la patraña montada alrededor de los supuestos computadores y archivos del Comandante Raúl Reyes, como maniobra y macabra manipulación reeleccionista que busca lesionar a quienes no comparten la estrategia presidencial de la llamada seguridad democrática tras la que se esconde el papel de “cabeza de puente” asignado por el pentágono norteamericano a nuestro país en sus planes de agresión militar contra los pueblos de América Latina buscando recuperar su deteriorada hegemonía imperial.  

La indignante decisión de levantar una base militar norteamericana en Colombia, las pretensiones de una segunda reelección, el cáncer de la narco para política que sumieron las instituciones en estado terminal y las propuestas consignadas en la Plataforma Bolivariana deben ser temas de encuentro y unidad, que alienten a los colombianos a la convergencia por la construcción colectiva y acordada de la paz.  

Camaradas: la espada de Bolívar permanece desenvainada y en manos de todos aquellos que como nosotros, no descansaremos hasta lograr la justicia social, la democracia y la soberanía soportes verdaderos de la convivencia con que soñamos todos los colombianos.  

Un fuerte apretón de manos para todos. .  

Por el Secretariado,  

Alfonso Cano.  

   

- le 5 juillet (mais le texte a été publié le 11 juillet   

1. La fuite des 15 prisonniers de guerre, mercredi dernier 2 juillet, a résulté directement de la conduite méprisable de Cesar et Enrique, qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance dont ils avaient été investis.  

2. Indépendamment d’un épisode tel que celui-ci, inhérent à toute confrontation politique et militaire faite de victoires et de revers, nous maintenons en vigueur notre politique tendant à concrétiser des échanges humanitaires qui permettent l’échange et en outre protègent les populations civiles des effets du conflit. Si le gouvernement devait persister dans la seule voie des opérations de sauvetage, il devrait assumer toutes les conséquences de sa décision téméraire et aventureuse.  

3. La lutte pour la libération de nos combattants politiques prisonniers -et des autres - figurera toujours à l’ordre du jour des unités des FARC, et particulièrement de leur direction. Tous, nous les portons dans notre esprit et dans notre cœur.  

4. En aucune partie du monde ni à aucun moment le chemin pour obtenir les transformations révolutionnaires n’a été facile, tout au contraire, et c’est pour cette raison que notre engagement se renforce avec chaque nouveau défi ou difficulté.  

5. La paix que nécessite la Colombie doit être le résultat d’accords qui bénéficient à la majorité, elle ne sera pas la paix des tombeaux fondée sur la corruption, la terreur d’Etat, la félonie et la trahison. Les causes pour lesquelles luttent les FARC-Armée du peuple demeurent en place, le présent est à la lutte et l’avenir est à nous.  

Secrétariat de l’Etat-major central des FARC-Armée du peuple  

Montagnes de Colombie, le 5 juillet 2008