COMMENT URIBE A “TIRE LES OREILLES” A SAEZ ET GONTARD

11 JUILLET 2008

Voici un papier du Tiempo sur le face à face inopiné entre le président colombien et les deux émissaires européens JP Gontard et N Saez, le 27 juin, au palais présidentiel de Bogota, soit 4 jours avant l'Opération Mise en échec qui a permis la libération de 15 otages dont Ingrid Betancourt. 

“Mal, très mal, on n'agit pas ainsi! Je ne vous retire pas la médiation (avec les FARC) uniquement par respect pour vos pays (France et Suisse)”, a lancé Uribe aux deux hommes qui sortaient alors du bureau du Haut commissaire à la paix.

Selon les documents retrouvés dans les ordinateurs de Raul Reyes, le Français et le Suisse qualifiaient Uribe, devant les FARC, de “fou, arrogant, et à genoux devant les gringos”.

En castellano: 

'Mal, ¡Muy mal!' les dijo el pasado 27 de junio cuando se encontró sin planearlo con el francés Noel Saez y el suizo Jean Pierre Gontard en un pasillo de la Casa de Nariño.

Los dos europeos eran los emisarios autorizados para contactar a las Farc en busca del acuerdo humanitario.

Ellos, y los embajadores de sus países, salían de la oficina del comisionado de Paz, Luis Carlos Restrepo, cuando Uribe se los topó.

Ni siquiera hubo saludo. El Presidente los careó, los señaló con su índice, y les reprochó sus actuaciones como mediadores: “Mal, ¡Muy mal! (…) Eso no es así. No les quito la mediación por respeto a sus países”, dijo Uribe y les dejó claro que no confiaba en ellos.

Dos cosas tenían molesto al Presidente: primero, la visita que Saez y Gontard acababan de hacer a Ecuador, sin consultarle al Gobierno, para contactar a un miembro del secretariado de las Farc; segundo, los correos de los PC de 'Raúl Reyes' (abatido en un bombardeo el pasado primero de marzo), que hablan de pagos y compromisos de ellos con la guerrilla, como se ha conocido esta semana.

Uribe, además, había conocido que los emisarios, en las conversaciones con las Farc, se referían a él de manera despectiva. Un mensaje de 'Reyes' al secretariado, de febrero 27 del 2007, dice que los europeos “encuentran en Uribe un desespero sin límite, arrogante y doblado ante los gringos (…) Lo llaman el loco”.

Ni los emisarios ni los embajadores tuvieron tiempo de devolver algún comentario al Presidente. Él, una vez 'cantada la tabla', siguió su camino. No hubo diálogo.

En ese momento Uribe estaba indispuesto. El día anterior había conocido pormenores del fallo de la Corte Suprema que cuestionó el trámite del acto legislativo de la reelección.

El Presidente se topó con los emisarios cuando se dirigía al primer piso de la Casa de Nariño con el ministro de Protección Social, Diego Palacio, para anunciar que este último demandaría a magistrados de la Corte ante la Comisión de Acusación.

Saez y Gontard estaban ese viernes en la oficina de Restrepo para insistir, como lo habían exigido con molestia el día anterior, que necesitaban de inmediato garantías de seguridad para adentrarse en el pacífico caucano. Allí planeaban contactar a “un mensajero de 'Alfonso Cano'”, según contó a la radio el Comisionado de Paz el pasado lunes.

El Gobierno tardó 48 horas en asegurar la zona y los europeos viajaron el sábado.

Sin embargo, ese día el periódico Le Figaro, de Francia, publicó que Uribe no estaba brindando garantías de seguridad para el trabajo de los mediadores. Restrepo alcanzó ese día, antes de que los emisarios partieran, a hacerles su propio reclamo telefónico, al considerar que habían filtrado tal información.

El fin de sus gestiones

Luego de tales episodios y de la declaración del comisionado Restrepo de buscar un contacto directo con las Farc, hoy se da por entendido que Gontard y Saez no van más en su papel de mediadores.

La Cancillería francesa fue explícita al respecto, en un comunicado del pasado miércoles. Allí aseguró que Colombia “ha decidido poner fin a este mecanismo (la mediación)” al tiempo que negó que Saez haya entregado dinero a las Farc en el 2003 para liberar a Ingrid Betancourt.

La embajada de Suiza hizo lo propio el domingo pasado cuando buscó alejar a su Gobierno de los movimientos de Gontard. En un comunicado, el embajador Thomas Kupfer aclaró que ese emisario es un “consejero externo” y que “ni sus acciones ni sus declaraciones comprometen necesariamente al Gobierno suizo”.

 


10 commentaires

    Pages : [1] 2 »

  1. Fabio

    Jacques, peut-etre vous n’avez pas encore découvert que Colibri a traduit aussi l’entretien a JC Lecompte. Commentaire #29 de votre article.

    Voici un entretien au General Padilla par Le Figaro. Le quotidien francais semble ignorer que les contrats en intelligence et technologie avec les israeliens etaient prévus en premiere instance avec les francais, mais ils ont été annulés par les raisons que les fideles du blog connaissent bien. ;)

    ————————————————————

    « Nous sommes à la fin de la fin des Farc »

    PROPOS RECUEILLIS PAR NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX À BOGOTç, KATIA CLARENS
    11/07/2008 | Mise à jour : 14:13 |
    Dix jours après la libération d’Ingrid Betancourt, le chef de l’armée colombienne, le général Padilla, explique l’opération de sauvetage et prédit la fin des Farc.

    Il entre dans la pièce, pressé, pas empressé. Puissante présence. Le général Padilla de León, chef d’état-major des forces armées colombiennes et proche du président Alvaro Uribe, nous reçoit entre deux réunions. Il a le regard brillant, et goûte comme un nectar ce dernier triomphe : voilà dix jours, il accueillait, sur le tarmac et en compagnie du ministre de la Défense, les 15 otages libérés par ses services de renseignement. Parmi eux se trouvait Ingrid Betancourt. L’opération « Mise en échec », extraordinaire coup de poker, venait de réussir. Il parle désormais de l’avenir « post-victoire » de la Colombie. Ses propos semblent partiellement en contradiction avec ceux du haut commissaire pour la paix Carlos Restrepo, qui annonçait lundi que le gouvernement colombien n’avait plus confiance dans les négociateurs européens. Lui, au contraire, confirme le rôle humanitaire de la France.

    Le Figaro Magazine - L’opération de sauvetage du 2 juillet dernier a porté un coup très dur aux Farc. Il s’ajoute à la mort récente de deux de leurs chefs, Raúl Reyes et Manuel Marulanda. Peut-on aujourd’hui pronostiquer la fin des Farc ?

    Général Freddy Padilla - Churchill, en son temps, avait annoncé le début de la fin. Nous, nous sommes à la fin de la fin. Après plus de quarante ans de désolation, de mort, de terrorisme, d’enlèvements, d’extorsions, nous sommes dans la dernière ligne droite. Grâce au programme de démobilisation proposé par le gouvernement, plus de 42 000 Colombiens se sont démobilisés (cela inclut les paramilitaires, ndlr) dans les deux dernières années. Un record. Concernant les Farc, de plus en plus de cadres moyens quittent l’organisation, qui tend à vieillir. Ce secrétariat ne trouvera pas de remplaçants. Il y a désormais plus de démobilisés que d’engagés dans leurs rangs - environ 9 000 personnes. C’est cependant une étape très difficile qui demande beaucoup de fermeté, parce que les Farc, privées de leur force, recourront sans doute au terrorisme et aux assassinats.

    Les Américains et les Israéliens ont dit avoir participé au sauvetage, quel a été leur rôle ?

    Cette opération a été mise au point et exécutée par les renseignements militaires colombiens. Les huit hommes et la femme qui étaient dans l’hélicoptère étaient tous des Colombiens. Par ailleurs, les Etats-Unis ont été les premiers à croire aux aspirations démocratiques de la Colombie. Le plan Colombie (programme de lutte contre les groupes armés et le narco trafic soutenu par les Etats-Unis, ndlr) a donné lieu à une transfusion de technologie de pointe qui nous a permis de faire un bond stratégique. Ensuite, d’autres pays sont arrivés pour apporter leur aide. Qu’achetons-nous à chaque nation ? Cela dépend des besoins et des facilités économiques qui sont proposées. Les Américains ont fourni de l’équipement, spatial (des moyens satellites, ndlr) entre autres, qui a beaucoup aidé.

    Et les Israéliens ?

    Ils nous ont transmis leur savoir-faire et leur expérience.

    En entraînant vos hommes, par exemple ?

    Ils sont intervenus dans différentes disciplines.

    On a dit qu’il y avait eu des négociations préalables avec les chefs Farc en charge des otages, comme « Cesar », est-ce vrai ?

    Dans cette opération sans précédent, il n’y a pas eu un seul blessé, pas un seul mort, pas un seul centime versé.

    Combien d’hommes sont aujourd’hui assignés à la lutte contre les Farc ?

    L’armée colombienne comptera en décembre 300 000 hommes, dont 60 % sont assignés à la lutte contre la narco-guérilla. Nous contrôlons désormais tout le territoire. Mais le plus important, c’est que les militaires et le président sont soutenus par le peuple. Cette semaine, le président a atteint 92,5 % de confiance dans les sondages. Un record.

    A quoi ressemblera la Colombie de la post-violence ?

    Notre processus de paix sera très différent de celui de l’Amérique centrale. Là-bas, ceux qui avaient refusé le programme de paix se sont organisés et ont formé de redoutables bandes criminelles : les Maras. Nous étudions en ce moment les moyens de prévenir leur formation en Colombie dans l’ère de ce que nous appelons la post-victoire. Il serait impardonnable que nous reproduisions un tel schéma.

    Le président Sarkozy et Ingrid Betancourt ont dit qu’ils continueront à lutter pour obtenir la libération des otages toujours retenus par les Farc. Quelle est la position des forces armées et du président Uribe en ce sens ?

    Nous avons sélectionné trois pays, la France, la Suisse et l’Espagne. Ce seraient les seules nations autorisées à agir pour la médiation, dans un cadre humanitaire, avec la guérilla. En coordination, bien sûr, avec les autorités colombiennes.


  2. MERCI JACQUES,VOICI UN ARTICLE QUI VA FAIRE PLAISIR AU LIEDER MAXIMO
    Le Président Alvaro Uribe Velez
    (désolés pour daniel cbd mais je remet la parapolitique européenne à plus tard)

    Pour les autres news,rendez vous sur mon blog,le blog que lit Mr Le Président Alvaro Uribe Velez (et aux dernières nouvelles l’ambassadeur de Colombie aussi et Madame Ségoléne Royal,sans parler de la conseillère de l’Elysée qui écoute tout le monde mais n’entend personne)

    PS:Je ferais un longue article sur la désinformation autour du dossier de “la chèvre de Monsieur Seguin”en ligne dimanche(normal,jour du seigneur)
    asta la vista


  3. SI NOTRE TRADUCTEUR MAGNANIME EN A LE TEMPS ET LE COURAGE NOS LECTEURS ATTENDENT LA TRADUCTION MERCI COLIBRI,BELLE OISEAU CHANTEUR ET ENCHANTEUR DE MOTS…


  4. merci fabio,j’ai déjas mis en ligne la traduction de colibri à 7h ce matin mais celle du figaro m’était passé inapercue donc je la reprend(heureusement que Jacques a des lecteurs assidues et compétents.Merci à tous,pour la Colombie et le respect pour la France.DE GAULLE ….????!!!

  5. jose

    A se demander ou est passe l’argent “du gouv. francais” pour la rancon payee par ces deux Rats a un inconu et pas a la FARC!

    Dehors du cirque de “mediateurs” ils peuvent maintenant profiter d’une tres bonne retraite.


  6. A REGARDER A NOUVEAU
    OPERATION ECHEC
    THALES,ELBIT,IAI,RAFAEL,technologie Française et Israélienne,logistique Américaine,et méthode Colombienne,relire mon dossier sur “OPERATION ECHEC” http://vincentportier.canalblog.com/archives/2008/07/06/9831881.html

  7. jc

    Jose,

    J ai deja comme vous pose cette question sur le blog. il y a qq jours.
    Ou sont passes les 200 mille euros sois disant verses a un “companero” inconu des farcs
    Faut il rappeler que cette “prima extraodiraria” fut acheminee par l’equipe de l Hecules de Mnaos en 2003?

    Mystere mystere !!

  8. Colibri

    Vous reprendez bien une petite traduction?
    ________________________________________

    ‘Mal, très mal!’. C’est en ces termes qu’il s’est adressé au Français Noel Saez et au Suisse Jean-Pierre Gontard le 27 juin dernier en les rencontrant de manière impromptue dans un couloir de la Casa de Nariño.

    Les deux Européens, émissaires autorisés à contacter les FARC pour rechercher un accord humanitaire, sortaient, en compagnie des ambassadeurs respectifs de leur pays, du bureau du Haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, lorsqu’Uribe leur est tombé dessus.

    Il n’y a même pas eu de salutations. Le président les a confrontés d’emblée, en pointant son index sur eux, et leur a reproché leurs actions en tant que médiateurs : ‘Mal, très mal. […] On n’agit pas ainsi. Je ne vous retire pas la médiation uniquement par respect pour vos pays’ a poursuivi Uribe, en leur indiquant clairement qu’il n’avait pas confiance en eux.

    Deux choses dérangeaient particulièrement le président: d’abord, la visite que Saez et Gontard viennent d’effectuer en Equateur, sans en informer le gouvernement, afin de contacter un membre du secrétariat des FARC ; ensuite, les courriels des PC de ‘Raúl Reyes’ (abattu dans un bombardement le 1er mars dernier), qui parlent de paiements et d’engagements pris envers la guerrilla, ainsi que cela a été révélé cette semaine.

    Uribe, en outre, avait pris connaissance du fait que les émissaires, dans leurs conversations avec les FARC, se référaient à lui de manière méprisante. Un message de ‘Reyes’ au secrétariat, daté du 27 février 2007, affirme que les Européens ‘trouvent dans la personne d’Uribe un désespoir sans limite, [un homme] arrogant et prosterné devant les gringos (..) Ils l’appellent ‘le fou’’.
    Ni les émissaires ni les ambassadeurs n’ont eu le temps de répondre quoi que ce soit au président, lequel, après avoir ‘dit ses vérités’ a poursuivi son chemin. Il n’y a pas eu de dialogue.

    Au moment de cet incident, Uribe était irrité ; la veille, il avait pris connaissance des détails de l’arrêt de la Cour suprême qui met en question la procédure législative de la réélection.

    Le président est tombé sur les émissaires au moment où il se rendait au premier étage de la Casa de Nariño avec le ministre de la protection sociale, Diego Palacio, pour annoncer que celui-ci porterait plainte devant la Commission d’accusation contre des magistrats de la Cour.

    Saez et Gontard se trouvaient ce vendredi-là dans le bureau de Restrepo pour insister, ainsi qu’ils l’avaient exigé lourdement la veille, sur la nécessité d’obtenir immédiatement des garanties en matière de sécurité pour s’enfoncer dans la zone pacifique du pays caucan, où ils prévoyaient de rencontrer un ‘messager’ d’Alfonso Cano’, ainsi que l’a raconté à la radio, lundi dernier, le Haut commissaire pour la paix.

    Le gouvernement a mis 48 heures à sécuriser la zone, et les Européens ont fait le voyage le samedi.

    Pour autant, ce même jour, le journal français le Figaro a publié un article selon lequel Uribe n’offrait pas les garanties de sécurité nécessaires au travail des émissaires. Restrepo avait réussi ce jour-là, avant que les émissaires ne s’en aillent, à les joindre par téléphone pour leur faire lui-même des reproches, en considérant qu’ils étaient à l’origine de cette fuite.

    LA FIN DE LEURS DEMARCHES

    Après des épisodes comme ceux-ci et la déclaration du Haut commissaire Restrepo tendant à rechercher un contact direct avec les FARC, on tient aujourd’hui pour acquis que Gontard et Saez ne poursuivront pas leur rôle de médiateurs.

    Les Affaires étrangères françaises se sont montré explicites sur ce point, dans un communiqué de mercredi dernier, dans lequel elles assurent que la Colombie ‘a décidé de mettre fin à ce mécanisme (de médiation)’, dans le même temps qu’elles niaient que Saez ait remis de l’argent aux FARC en 2003 pour libérer Ingrid Betancourt.

    L’ambassade de Suisse a fait de même dimanche dernier lorsqu’elle a cherché à établir des distances entre son gouvernement et les mouvements de Gontard. Dans un communiqué, l’ambassadeur Thomas Kupfer précise que cet émissaire est un ‘conseiller extérieur’ et que ‘ni ses actions ni ses déclarations n’engagent nécessairement le gouvernement suisse’.

  9. Colibri

    jc said:

    Jose,
    J ai deja comme vous pose cette question sur le blog. il y a qq jours.Ou sont passes les 200 mille euros sois disant verses a un “companero” inconu des farcsFaut il rappeler que cette “prima extraodiraria” fut acheminee par l’equipe de l Hecules de Mnaos en 2003?
    Mystere mystere !!

    Vous avez dû oublié quelques zéros, ami blogueur :-)

    Avec 200 000 euros, même en 2003, je doute que vous ayiez pu acheter autre chose qu’un cheveu de Mme Betancourt.

  10. Colibri

    ‘Oublier’, pas ‘oublié’, la honte!

  11. Pages : [1] 2 »

Répondre