LE NON D’IVAN MARQUEZ A LA FRANCE ET A URIBE (TRADUCTION INTEGRALE PAR COLIBRI)
Voici la traduction COMPLETE en français par Colibri, que nous remercions une fois de plus!
Entretien avec Iván Márquez, du secrétariat des FARC
Vendredi 25 juillet 2008
Les agences Anncol et ABP Noticias présentent à leurs lecteurs la transcription des réponses apportées par le Commandant Iván Márquez, membre du secrétariat de l’Etat-major central des FARC-Armée du peuple, aux questions du journaliste William Parra de Telesur, sur différents thèmes relatifs à la réalité de la confrontation politique et sociale que connaît la Colombie.
Q : en premier lieu, que représente la mort du commandant Manuel Marulanda Vélez et comment la disparition de leur chef historique a-t-elle été digérée par les FARC ?
R : elle représente l’absence douloureuse d’un être indispensable ; du bâtisseur de l’Armée du Peuple ; du stratège de la Campagne bolivarienne pour la Nouvelle Colombie ; du commandant légendaire, artisan de la conception tactique, opérationnelle et stratégique des FARC et de la guerre de guerrillas mobiles ; du dirigeant politique de l’insurrection …. Manuel Marulanda Vélez – comme dans les vers de Neruda – ‘n’est pas mort. Il est au milieu de la poudre, debout, tel une mèche allumée’. Il continue à combattre depuis les montagnes rebelles de l’éternité. Il demeure vivant dans les fusils des guerrilleros des FARC, dans le Plan stratégique, dans la Plateforme bolivarienne pour la Nouvelle Colombie, et dans l’aspiration collective à la Grande Patrie et au Socialisme, qui sont comme un immense drapeau au vent. Devant notre Commandant en chef, sur l’autel de la patrie, nous avons juré de vaincre, et nous vaincrons. Comment digérons-nous cette absence? En réaffirmant notre détermination à lutter. En renforçant notre cohésion. En nous ancrant dans nos principes. En empoignant avec davantage de force le livre et les fusils du bouclier invincible de la guerrilla des FARC.
Q : de votre point de vue, quel est le principal héritage laissé par Manuel Marulanda Vélez au pays ?
R : d’avoir jeté les bases du Nouveau Pouvoir avec la construction d’une armée populaire bolivarienne, cohérent dans ses structures, organisé autour du Plan Stratégique, déterminé de manière irréversible à prendre le pouvoir pour le peuple. Manuel Marulanda Vélez est un exemple de conviction, de persévérance et de lutte acharnée. Jamais nous ne serons inférieurs à la foi déposée par les peuples de Notre Amérique dans la lutte de résistance des FARC. Leurs manifestations impressionnantes de solidarité nous font nous exclamer, comme le Libérateur Simón Bolívar que ‘notre résolution est imperturbable : l’indépendance, sinon rien’.
Q : pourriez-vous nous dresser un brève portrait de Manuel Marulanda Vélez ?
R : je travaille en ce moment à un portrait de lui intitulé ‘Manuel Marulanda Vélez, le héros insurgé de la Colombie de Bolívar’. Pour le moment, je ne trouve à répondre à votre demande qu’en vous citant les vers épiques et étincelants du poète Luis Vidales : ‘Je chante, Colombie, pour Manuel, le guerrillero/ C’est lui, Amérique latine, que je chante/ C’est lui, monde d’aujourd’hui, que je vous présente / Manuel est le père de la jungle colombienne / il est le berger de la paix dans le troupeau / Manuel est frère des fleuves et du vent / et là-bas où la montagne est plus libre / douce patrie vers le ciel, là-bas je le sens / dans sa louange la nuit illuminée / lâche sa fusillade d’étoiles / Les hautes terres propres l’ont vu colombien / et l’air pur fut doux à son sommeil / L’aigle qui passe est un tir d’arme à feu / chaque oiseau est comme un papier qui traverse le ciel / Pour lui parler de la patrie les arbres murmurent / et le tronc du palmier fait flamber sa bannière / pour indiquer que passe le guerrillero / Un moment ! lui dit l’aube limpide / et, sur un rocher de l’Ande américaine / elle fait de lui en pied une photo spectrale / Les arbres sont comme des escadres de son armée / en tant que défenseur du pauvre, proche parent du blé / il en est de lui comme de celui-là: quarante fois on l’a laissé pour mort / et quarante fois il est demeuré vivant.
Q : le commandant Marulanda est mort à un mauvais moment pour les FARC : le mois de mars a été très dur pour l’organisation insurgée ; vous avez perdu non seulement Raúl Reyes et Iván Ríos… Quel commentaire vous inspirent les circonstances qui ont caractérisé ce moment de mars si triste ?
R : nous autres révolutionnaires nous ne choisissons pas le moment de notre mort, mais en quelque endroit que la mort nous surprenne, qu’elle soit la bienvenue, comme dit le Che, pour autant –et ça, c’est moi qui le dis – que notre cri de lutte, de lutte pour la paix et la justice sociale, notre cri d’indépendance, de socialisme et Grande Patrie, parvienne à une oreille réceptive. La lutte que nous livrons est une lutte menée jusqu’à ses ultimes conséquences, car, ‘dans une révolution, si elle est sincère, on triomphe ou on meurt’. Les dénouements douloureux sont prévisibles dans toute confrontation, et à plus forte raison si l’on affronte un ennemi doté d’un grand pouvoir de feu, qui a amené la guerre au stade de la dégradation et qui bénéficie de l’appui entier des technologies militaires de pointe et des dollars que lui fournit le gouvernement des Etats-Unis dans le cadre de sa stratégie spoliatrice de domination et d’asservissement. Mais nous pouvons affirmer, malgré le triomphalisme médiatique, que nous sommes en train de sortir de l’horrible nuit de mars forts d’une expérience nouvelle et avec un horizon clair afin de continuer la bataille pour la paix, la justice sociale, la démocratie véritable et la dignité.
Q : pour beaucoup, ces coups reçus, ces morts, laissent les FARC dans une situation difficile. Plusieurs analystes considèrent que cette guerrilla est pratiquement vaincue sur le plan militaire ? Ont-ils raison ?
R : ils ne connaissent pas les FARC. Ils prennent leurs désirs pour la réalité et se bernent avec leurs propres illusions. Les FARC, ce n’est pas une armée de jeunes bleus. Il leur arrive, aux FARC, la même chose qu’à Bolívar, qui croissait dans l’adversité. La fin de la fin des FARC, on en parle depuis l’attaque de Marquetalia en mai 1964. En 44 ans, ils ont lancé toutes sortes de plans et d’opérations militaires pour les annihiler, et ils n’y ont pas réussi.. D’abord le plan LASO, acronyme anglais qui signifie Opération latino-américaine de sécurité, avec pour objectif d’empêcher l’émergence d’un nouveau Cuba sur le continent ; tel était le but de l’opération Marquetalia. Ensuite, ils ont mis sur pied l’opération Sonora qui cherchait à vaincre militairement les FARC dans la Cordillère centrale, mais ils n’ont pas intégré le fait qu’ils combattaient les guerriers de Manuel. Ensuite, ils ont lancé l’opération Centaure ou Maison verte, mais les agresseurs ont dû s’en retourner la queue entre les jambes à Tolemaida, où les attendaient leurs mentors et instructeurs nord-américains. Ces agressions ont été suivies, comme autant de vagues, par les plans Thanatos, Destructor 1, Destructor 2 et le plan Colombie. Et, parallèlement à cela, ils ont déclenché l’horreur du paramilitarisme, stratégie criminelle de contre-insurrection de l’Etat qui cherchait à détruire à travers les massacres, les fosses communes et les tronçonneuses ce qu’il tenait pour les bases sociales de la guerrilla. Et maintenant, avec le Plan patriote conçu par les stratèges du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis, avec l’utilisation de technologies militaires sophistiquées, de satellites, d’avions et de drones, avec des troupes qui dépassent les 400 000 soldats et des milliers de conseillers et de mercenaires gringos, avec l’aide militaire de Washington sous forme de dizaines d’hélicoptères et de milliards de dollars sur la période la plus récente, ils aspirent, dans un effort désespéré, à vaincre l’insurrection et le mécontentement populaire. Ni le feu, ni les bombes des opérations militaires des oligarchies et de l’empire, ni les marches manipulées ne parviendront à désarticuler la résistance et la lutte pour une Colombie Nouvelle, bolivarienne. La lutte armée est toujours à l’ordre du jour en Colombie, et ce parce que les problèmes politiques, économiques et sociaux qui l’ont motivée n’ont pas disparu. En 1984, avec l’accord de La Uribe, nous avons essayé la lutte par le voie électorale, mais l’alternative politique que nous proposions, l’Union patriotique, a été balayée à coups de feu. A 5 000 s’est élevé le nombre de morts du fait de l’intransigeance du régime santandériste qui opprime la Colombie. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous luttons clandestinement à travers le Mouvement Bolivarien pour la Nouvelle Colombie. Dans les FARC, il y a des gens avec des principes. Nous sommes des indiens courageux. On ne nous séduit pas avec le chant des sirènes. Nous sommes prêts pour engager le combat, avec le pas des vainqueurs, prêts pour la bataille d’Ayacucho du XXième siècle, à laquelle nous convions tous les peuples de Notre Amérique. Pour paraphraser Bolivar, nous sommes comme le soleil, dardant nos rayons de toutes parts.
Q : que pouvez-vous nous dire de la version du président Uribe et du ministre de la défense de Colombie, Jaun Manuel Santos, qui insistent sur le fait que le commandant Marulanda n’est pas mort des suites d’un arrêt cardiaque, mais de peur ou du fait de bombardements intensifs ?
R : avec des idées pareilles, aussi bien le président Uribe que le ministre de la défense Santos, témoignent d’une ânerie aussi incroyable qu’extraordinaire. Seul un imbécile pourrait avaler le fait que le guerrillero légendaire, qui a fait front durant 60 ans à 17 gouvernements et, durant ce laps de temps, à tous les Etats-majors des Forces armées officielles, puisse mourir de peur. La prétention de ces benêts ne peut provoquer que l’hilarité et l’indignation. Comme l’a dit le commandant Manuel lui-même : ‘on ne peut tuer personne avec une rafale de mots’.
Q: comment a été décidée la désignation d’Alfonso Cano comme chef suprême des FARC et quels changements cela suppose-t-il dans la définition de la conduite de l’organisation ?
R : cela pose la continuité des plans. Et, pour ce qui est de la façon dont a été désigné Alfonso comme nouveau commandant des FARC, je dois dire que cela s’est fait à l’unanimité le 27 mars, lorsque nous avons appris la malheureuse nouvelle du décès du Commandant en chef. Ce même jour, nous avons pris également la décision de différer l’annonce de cette information pour la faire coïncider avec le 44ème anniversaire des FARC. L’ensemble de l’Etat-major central, du secrétariat et des combattants des FARC sont unis de manière inébranlable autour du commandant Alfonso Cano.
Q : beaucoup d’analystes et de commentateurs assurent qu’avec l’arrivée du commandant Cano s’ouvrent de nouvelles possibilités pour engager une négociation, et se présente une nouvelle possibilité pour l’échange humanitaire et la paix ? Quel jugement portez-vous sur ces affirmations ?
R: les politiques de FARC sont déjà définies et déterminées par nos Conférences nationales et les Plénums de l’Etat-major central. Il y a une ligne tactique et stratégique qui est élaborée collectivement. La paix a toujours été notre principal objectif stratégique, et, de ce point de vue, nous nous retrouvons avec le Libérateur pour qui ‘l’insurrection s’annonce avec un esprit de paix ; elle résiste au despotisme car celui-ci détruit la paix ; et elle ne prend les armes que pour obliger ses ennemis à la paix’.
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La suite, toujours avec Colibri aux manettes:
Q : les évènements du 2 juillet qui ont débouché sur la libération de 15 prisonniers paraîtraient indiquer que les opérations militaires de libération constituent une solution au problème. Que s’est-il passé dans la jungle du Guaviare ?
R : dans la libération inattendue de 15 prisonniers de guerre dans la jungle du Guaviare, ni Uribe ni Santos, ni les généraux Padilla et Montoya ne sont les héros qu’ils prétendent être. Dans cette prétendue opération, la seule chose qu’ils aient faite, c’est de fournir les hélicos ; tout le travail a été réalisé par deux traîtres qui, à leur tour, ont été trahis par les généraux et par le gouvernement. L’opération a été utilisée à fond pour lancer des fleurs au Président, aux militaires, à la politique de Sécurité démocratique et, surtout, pour masquer l’illégitimité et l’illégalité scandaleuses du second mandat de monsieur Uribe, fruit du délit de subornation qui a permis sa réélection immédiate. Le président Uribe cherchait à dissimuler son talent d’épouvantable dictateur qui attaque avec tous les feux de sa colère les arrêts de la Cour qui lui sont défavorables. En agissant hors du cadre de son propre état de droit, il prétend vaincre, depuis le palais de Nariño, l’indépendance de la Cour à coups de puissantes charges explosives. Il a déjà soumis la branche législative du pouvoir ; il s’attaque maintenant à la branche judiciaire.
Q : au sujet de cette libération du 2 juillet, le commandant Fidel Castro a dit que les FARC n’auraient jamais du capturer Ingrid Betancurt [NDT : sic] et qu’elles ne devraient pas non plus maintenir les soldats et les civils en leur pouvoir dans les conditions de vie qui sont celles de la jungle, ce qu’il considère comme un acte de cruauté. Que pensez-vous de cet argument du commandant ?
R : je ne voudrais pas extérioriser les sentiments que provoquent de type de positions. Je veux simplement dire que les FARC sont dans leur droit le plus entier de rechercher par tous les moyens la liberté des guerrilleros combattants détenus aussi bien dans les prisons du régime que dans celles de l’empire. Nous cherchons une porte de sortie qui mette fin aux souffrances de la captivité pour les prisonniers des deux parties en présence. Il faut penser également à la cruauté et aux chaînes que supportent les nôtres dans les oubliettes du régime uribiste et dans celles de l’empire, qui sont les mêmes que celles dont souffrent les 5 héros cubains et les milliers de prisonniers niés dans leurs droits dans les prisons d’Abu Graih [NDT : re-sic] et de Guantánamo. Je veux ajouter qu’en Colombie, certains dirigeants politiques sont plus militaristes et plus va-t-en-guerre que les militaires eux-mêmes. Nombre d’entre eux instrumentalisent et sont des protagonistes actifs de la législation sur la guerre et de la répression contre le peuple de Colombie sous la forme du terrorisme d’Etat.
Q : le président Uribe parle d’encerclement humanitaire des camps où pourraient se trouver les prisonniers de guerre ? Quelle signification revêt cette annonce pour les FARC ? L’ordre selon lequel on n’autorisera pas les libérations par la force perdure-t-il ?
R: il n’y a pas d’encerclement humanitaire, seulement des encerclements militaires. Le thème des encerclements humanitaires est une tromperie pour donner la sensation d’un contrôle du territoire qui n’a jamais existé. Au milieu de tout cela, ce qui existe, c’est un ordre infâme du président Uribe à ses généraux de libérer les prisonniers par les armes et en faisant couler le sang, sans attacher d’importance aux conséquences. Dans ces circonstances, tout dénouement fatal sera de la responsabilité de monsieur Uribe.
Q: le gouvernement français a offert de recevoir tous les membres des FARC qui seraient inclus dans l’échange. Si l’échange se concrétise, les FARS seraient-elles disposées à laisser les guerrilleros libérés se rendre dans un autre pays ?
R : cette hypothèse est en soi un affront à la dignité des guerrilleros des FARC. Les véritables combattants n’échangent ni les montagnes de la patrie ni leurs convictions contre un exil humiliant outremer.
Q: la France a pris le premier juillet la présidence de l’Union européenne. Du fait de l’intérêt que porte ce pays à l’échange humanitaire, les FARC envisageront-elles la possibilité de rechercher leur reconnaissance politique, la reconnaissance de leur statut de force belligérante, et le retrait de leur nom de la liste des groupes terroristes ?
R: de fait, nous sommes une force belligérante dans l’attente de cette reconnaissance de la part de ceux qui souhaitent contribuer à la paix de la Colombie. C’est une condition temporaire, le temps que soit résolu le conflit de légitimités. Le qualificatif de terroristes ne nous a été imposé que du fait du pire terroriste qu’ait jamais connu l’humanité ; le gouvernement des Etats-Unis.
Q : les médias parlent à profusion de FARC mal en point politiquement et militairement, et décimées tant en nombre de combattants qu’en termes de ressources financières. Les analystes considèrent que les FARC traversent le pire moment de leur histoire. Jusqu’à quel point les FARC sont-elles mal en point ?
R : en réalité, ce qui les préoccupe, c’est le déchaînement éventuel de la protestation sociale avec l’existence d’une guerrilla bolivarienne comme les FARC, qui a déjà achevé le déploiement stratégique de ses forces sur l’ensemble du territoire national. D’où le Plan patriote. D’où l’escalade de l’intervention militaire des Etats-Unis en Colombie. D’où la conversion de la base aérienne de Tres Esquinas en base américaine, dans cette Amazonie qu’ils convoitent. Si les FARC étaient déliquescentes ils n’annonceraient pas le transfert en Colombie de la base de Manta. Ce qui est en pleine déliquescence en revanche, ce sont les institutions colombiennes pourries, éclaboussées par le sang et la cocaïne, le narco-paramilitarisme et l’illégitimité.
Q : dans les circonstances actuelles, il est possible d’arriver à une négociation de paix avec le gouvernement Uribe ?
R : avec Uribe, la paix n’est rien d’autre qu’une chimère. La solution politique du conflit n’est possible qu’avec un autre gouvernement, et d’autant plus s’il est le résultat d’un Grand Accord National dans lequel les forces du changement et le souverain, c’est-à-dire le peuple, joueraient un rôle de premier plan. Un nouveau gouvernement qui, plaçant la paix au sommet de ses priorités, rassemble les troupes dans leurs casernes et renvoie les gringos chez eux.
Q : quelle analyse les FARC font-elles en ce moment du gouvernement d’Uribe et de la situation des institutions colombiennes au milieu du sabbat de la narco-parapolitique et d’autres scandales comme celui de la Yidis-politique ?
R: c’est un gouvernement narco-paramilitaire, illégitime et illégal, qui n’est soutenu que par l’appui criminel du gouvernement de Washington, par le terrorisme d’Etat, par la manipulation de l’opinion à travers des campagnes médiatiques, par les massacres, par la confiscation des terres, le déplacement forcé, la tronçonneuse, les fraudes et la corruption. Les Etats-Unis ont besoin d’un régime comme celui de la Colombie pour l’utiliser comme tête de pont dans l’assaut néo-libéral sur le continent.
Q : les FARC ont dit que le gouvernement d’Uribe Vélez est illégal et illégitime. Pour quoi, dans ces conditions, se maintient-il, selon les informations de la presse colombienne, aux niveaux de popularité les plus élevés ? Pourquoi ce gouvernement ne s’effondre-t-il pas ?
R : ces enquêtes ne consultent pas les 70% de la population qui se débat dans la pauvreté et la misère, ni les 4 millions de déplacés du fait du terrorisme de l’Etat. Elles ne consultent pas les 50% de la population économiquement active qui connaît l’angoisse quotidienne du chômage et du sous-emploi. Elles ne consultent pas les syndicalistes persécutés, ni les indigènes agressés, ni les négritudes oubliées, ni les étudiants réprimés. 80% de la popularité d’Uribe relèvent d’une farce et n’est que le résultat de la manipulation la plus répugnante de l’opinion.
Q : que peut-on espérer de la nouvelle génération de commandants qui a assumé la conduite des FARC : une ligne militaire plus dure ou, au contraire, l’accès à la politique totale ?
R : qu’elle continue à suivre le chemin tracé par l’inoubliable Commandant en chef Manuel Marulanda Vélez, c’est-à-dire celui de la politique totale, qui est la lutte stratégique pour la prise de pouvoir par la voie des armes et de l’insurrection, à travers laquelle on parviendrait à la création d’un gouvernement révolutionnaire, ou par la voie des alliances politiques en vue de l’instauration d’un gouvernement réellement démocratique, en résonance avec la Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie.
Q: selon les soit-disant ordinateurs saisis auprès du commandant Raúl Reyes, les FARC ont été financées par le gouvernement du Président Hugo Chávez. Qu’y a-t-il d’exact là-dedans ?
R : si cela avait été le cas, nous aurions déjà renversé le gouvernement, cette marionnette des Etats-Unis. Cette affirmation constitue un prétexte interventionniste. Ce qui doit attirer l’attention en Amérique latine et dans le monde, ce sont les 10 milliards de dollars que la Maison blanche a apportés au gouvernement terroriste d’Uribe pour massacrer le peuple, le faire disparaître, le spolier, le déplacer… La Colombie est le premier récipiendaire de l’aide militaire des Etats-Unis en Amérique latine, et le troisième dans le monde. Bien sûr, le gouvernement de Washington appuie de cette manière son homme de paille favori pour la déstabilisation de la région, pensant contenir la puissante fore bolivarienne que l’on voit déjà venir à l’horizon de ce siècle. Un tribunal des peuples doit amener sur le banc des accusés l’empire rapace et violent qui veut continuer à asservir les peuples.
Q : les FARC ont-elles financé la campagne présidentielle de Rafael Correa en Equateur ? Et comment ?
R : c’est un contre-sens. Ce sont les FARC qui ont besoin de l’action de l’internationalisme solidaire des peuples du monde.
Q: avec toutes les difficultés qui ont surgi autour du thème de la présence de la guerrilla en tant que prétexte ayant déclenché la crise diplomatique entre la Colombie et l’Equateur et entre la Colombie et le Venezuela, la nécessité ne se pose-t-elle pas de reconsidérer la poursuite de cette forme de lutte, surtout dans le contexte de la menace latente des Etats-Unis à travers l’argument qu’ils agiront contre ceux dont ils considèrent qu’ils appuient le terrorisme ?
Q : la question de la lutte armée ne se pose pas. Les causes qui l’ont motivée n’ont pas changé. Les oligarchies ne veulent que d’une paix qui ne touche pas à leurs privilèges, qui ne modifie pas les structures politiques, économiques et sociales qui ont engendré la pauvreté publique. La stratégie de domination des Etats-Unis est déjà définie et le prétexte n’a pas d’importance. Ce que veulent les gringos, c’est le pétrole du Venezuela, le gaz de Bolivie, les richesses de l’Amazonie et la misère pour nos peuples. L’articulation de la résistance aux politiques agressives de l’empire s’impose. Je veux rappeler qu’à travers les fusils des guerrilleros des FARC, ce sont les peuples de Notre Amérique qui résistent. Et pour ce qui est de la pertinence de la lutte armée, une réflexion du Libertador : ‘Lors même que les conséquences de la résistance au pouvoir seraient alarmantes, il n’est pas moins vrai qu’il existe dans la nature de l’homme vivant en société un droit inaliénable qui légitime l’insurrection’. Tant que les FARC existeront, personne ne pourra ôter son fusil au Che.
Q: la Guajira appartient au Venezuela, comme le dit le Président Chávez ?
R : sans aucun doute, la Guajira appartient à la Colombie de Bolívar et du premier précurseur de l’indépendance de Notre Amérique, le généralissime Francisco de Miranda. Notre critère est le même que celui présenté par le Libertador à Páez : ‘j’ai oublié de vous dire que nous avons pensé fusionner deux ou trois moitiés des départements de Boyacá, Zulia et Barinas pour qu’il n’y ait plus de frontière entre le Venezuela et la Nouvelle-Grenade, parce que c’est cette division qui nous tue, et c’est pour cela que nous devons la détruire’. Une réaffirmation pour terminer : nous avons juré de vaincre, et nous vaincrons.
FIN






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Fabio écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01El Pais de Madrid présente un nouveau (un autre, help!) portrait de IB, assez flou et complaisant.
Le titre de l’article “El Huracan Ingrid”, dans l’edition de ce dimanche.
Fabio écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Très bon article parcontre dans El Pais de Cali (pas Madrid), titré “Les rapports secrets entre Ortega et les Farc”, sur les soutiens financier et logistique du Nicaragua aux Farc.
Colibri écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Suite et fin de l’entretien d’Ivan Marquez avec TeleChávez
TRADUCTION LIBRE (2/2)
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Q : les évènements du 2 juillet qui ont débouché sur la libération de 15 prisonniers paraîtraient indiquer que les opérations militaires de libération constituent une solution au problème. Que s’est-il passé dans la jungle du Guaviare ?
R : dans la libération inattendue de 15 prisonniers de guerre dans la jungle du Guaviare, ni Uribe ni Santos, ni les généraux Padilla et Montoya ne sont les héros qu’ils prétendent être. Dans cette prétendue opération, la seule chose qu’ils aient faite, c’est de fournir les hélicos ; tout le travail a été réalisé par deux traîtres qui, à leur tour, ont été trahis par les généraux et par le gouvernement. L’opération a été utilisée à fond pour lancer des fleurs au Président, aux militaires, à la politique de Sécurité démocratique et, surtout, pour masquer l’illégitimité et l’illégalité scandaleuses du second mandat de monsieur Uribe, fruit du délit de subornation qui a permis sa réélection immédiate. Le président Uribe cherchait à dissimuler son talent d’épouvantable dictateur qui attaque avec tous les feux de sa colère les arrêts de la Cour qui lui sont défavorables. En agissant hors du cadre de son propre état de droit, il prétend vaincre, depuis le palais de Nariño, l’indépendance de la Cour à coups de puissantes charges explosives. Il a déjà soumis la branche législative du pouvoir ; il s’attaque maintenant à la branche judiciaire.
Q : au sujet de cette libération du 2 juillet, le commandant Fidel Castro a dit que les FARC n’auraient jamais du capturer Ingrid Betancurt [NDT : sic] et qu’elles ne devraient pas non plus maintenir les soldats et les civils en leur pouvoir dans les conditions de vie qui sont celles de la jungle, ce qu’il considère comme un acte de cruauté. Que pensez-vous de cet argument du commandant ?
R : je ne voudrais pas extérioriser les sentiments que provoquent de type de positions. Je veux simplement dire que les FARC sont dans leur droit le plus entier de rechercher par tous les moyens la liberté des guerrilleros combattants détenus aussi bien dans les prisons du régime que dans celles de l’empire. Nous cherchons une porte de sortie qui mette fin aux souffrances de la captivité pour les prisonniers des deux parties en présence. Il faut penser également à la cruauté et aux chaînes que supportent les nôtres dans les oubliettes du régime uribiste et dans celles de l’empire, qui sont les mêmes que celles dont souffrent les 5 héros cubains et les milliers de prisonniers niés dans leurs droits dans les prisons d’Abu Graih [NDT : re-sic] et de Guantánamo. Je veux ajouter qu’en Colombie, certains dirigeants politiques sont plus militaristes et plus va-t-en-guerre que les militaires eux-mêmes. Nombre d’entre eux instrumentalisent et sont des protagonistes actifs de la législation sur la guerre et de la répression contre le peuple de Colombie sous la forme du terrorisme d’Etat.
Q : le président Uribe parle d’encerclement humanitaire des camps où pourraient se trouver les prisonniers de guerre ? Quelle signification revêt cette annonce pour les FARC ? L’ordre selon lequel on n’autorisera pas les libérations par la force perdure-t-il ?
R: il n’y a pas d’encerclement humanitaire, seulement des encerclements militaires. Le thème des encerclements humanitaires est une tromperie pour donner la sensation d’un contrôle du territoire qui n’a jamais existé. Au milieu de tout cela, ce qui existe, c’est un ordre infâme du président Uribe à ses généraux de libérer les prisonniers par les armes et en faisant couler le sang, sans attacher d’importance aux conséquences. Dans ces circonstances, tout dénouement fatal sera de la responsabilité de monsieur Uribe.
Q: le gouvernement français a offert de recevoir tous les membres des FARC qui seraient inclus dans l’échange. Si l’échange se concrétise, les FARS seraient-elles disposées à laisser les guerrilleros libérés se rendre dans un autre pays ?
R : cette hypothèse est en soi un affront à la dignité des guerrilleros des FARC. Les véritables combattants n’échangent ni les montagnes de la patrie ni leurs convictions contre un exil humiliant outremer.
Q: la France a pris le premier juillet la présidence de l’Union européenne. Du fait de l’intérêt que porte ce pays à l’échange humanitaire, les FARC envisageront-elles la possibilité de rechercher leur reconnaissance politique, la reconnaissance de leur statut de force belligérante, et le retrait de leur nom de la liste des groupes terroristes ?
R: de fait, nous sommes une force belligérante dans l’attente de cette reconnaissance de la part de ceux qui souhaitent contribuer à la paix de la Colombie. C’est une condition temporaire, le temps que soit résolu le conflit de légitimités. Le qualificatif de terroristes ne nous a été imposé que du fait du pire terroriste qu’ait jamais connu l’humanité ; le gouvernement des Etats-Unis.
Q : les médias parlent à profusion de FARC mal en point politiquement et militairement, et décimées tant en nombre de combattants qu’en termes de ressources financières. Les analystes considèrent que les FARC traversent le pire moment de leur histoire. Jusqu’à quel point les FARC sont-elles mal en point ?
R : en réalité, ce qui les préoccupe, c’est le déchaînement éventuel de la protestation sociale avec l’existence d’une guerrilla bolivarienne comme les FARC, qui a déjà achevé le déploiement stratégique de ses forces sur l’ensemble du territoire national. D’où le Plan patriote. D’où l’escalade de l’intervention militaire des Etats-Unis en Colombie. D’où la conversion de la base aérienne de Tres Esquinas en base américaine, dans cette Amazonie qu’ils convoitent. Si les FARC étaient déliquescentes ils n’annonceraient pas le transfert en Colombie de la base de Manta. Ce qui est en pleine déliquescence en revanche, ce sont les institutions colombiennes pourries, éclaboussées par le sang et la cocaïne, le narco-paramilitarisme et l’illégitimité.
Q : dans les circonstances actuelles, il est possible d’arriver à une négociation de paix avec le gouvernement Uribe ?
R : avec Uribe, la paix n’est rien d’autre qu’une chimère. La solution politique du conflit n’est possible qu’avec un autre gouvernement, et d’autant plus s’il est le résultat d’un Grand Accord National dans lequel les forces du changement et le souverain, c’est-à-dire le peuple, joueraient un rôle de premier plan. Un nouveau gouvernement qui, plaçant la paix au sommet de ses priorités, rassemble les troupes dans leurs casernes et renvoie les gringos chez eux.
Q : quelle analyse les FARC font-elles en ce moment du gouvernement d’Uribe et de la situation des institutions colombiennes au milieu du sabbat de la narco-parapolitique et d’autres scandales comme celui de la Yidis-politique ?
R: c’est un gouvernement narco-paramilitaire, illégitime et illégal, qui n’est soutenu que par l’appui criminel du gouvernement de Washington, par le terrorisme d’Etat, par la manipulation de l’opinion à travers des campagnes médiatiques, par les massacres, par la confiscation des terres, le déplacement forcé, la tronçonneuse, les fraudes et la corruption. Les Etats-Unis ont besoin d’un régime comme celui de la Colombie pour l’utiliser comme tête de pont dans l’assaut néo-libéral sur le continent.
Q : les FARC ont dit que le gouvernement d’Uribe Vélez est illégal et illégitime. Pour quoi, dans ces conditions, se maintient-il, selon les informations de la presse colombienne, aux niveaux de popularité les plus élevés ? Pourquoi ce gouvernement ne s’effondre-t-il pas ?
R : ces enquêtes ne consultent pas les 70% de la population qui se débat dans la pauvreté et la misère, ni les 4 millions de déplacés du fait du terrorisme de l’Etat. Elles ne consultent pas les 50% de la population économiquement active qui connaît l’angoisse quotidienne du chômage et du sous-emploi. Elles ne consultent pas les syndicalistes persécutés, ni les indigènes agressés, ni les négritudes oubliées, ni les étudiants réprimés. 80% de la popularité d’Uribe relèvent d’une farce et n’est que le résultat de la manipulation la plus répugnante de l’opinion.
Q : que peut-on espérer de la nouvelle génération de commandants qui a assumé la conduite des FARC : une ligne militaire plus dure ou, au contraire, l’accès à la politique totale ?
R : qu’elle continue à suivre le chemin tracé par l’inoubliable Commandant en chef Manuel Marulanda Vélez, c’est-à-dire celui de la politique totale, qui est la lutte stratégique pour la prise de pouvoir par la voie des armes et de l’insurrection, à travers laquelle on parviendrait à la création d’un gouvernement révolutionnaire, ou par la voie des alliances politiques en vue de l’instauration d’un gouvernement réellement démocratique, en résonance avec la Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie.
Q: selon les soit-disant ordinateurs saisis auprès du commandant Raúl Reyes, les FARC ont été financées par le gouvernement du Président Hugo Chávez. Qu’y a-t-il d’exact là-dedans ?
R : si cela avait été le cas, nous aurions déjà renversé le gouvernement, cette marionnette des Etats-Unis. Cette affirmation constitue un prétexte interventionniste. Ce qui doit attirer l’attention en Amérique latine et dans le monde, ce sont les 10 milliards de dollars que la Maison blanche a apportés au gouvernement terroriste d’Uribe pour massacrer le peuple, le faire disparaître, le spolier, le déplacer… La Colombie est le premier récipiendaire de l’aide militaire des Etats-Unis en Amérique latine, et le troisième dans le monde. Bien sûr, le gouvernement de Washington appuie de cette manière son homme de paille favori pour la déstabilisation de la région, pensant contenir la puissante fore bolivarienne que l’on voit déjà venir à l’horizon de ce siècle. Un tribunal des peuples doit amener sur le banc des accusés l’empire rapace et violent qui veut continuer à asservir les peuples.
Q : les FARC ont-elles financé la campagne présidentielle de Rafael Correa en Equateur ? Et comment ?
R : c’est un contre-sens. Ce sont les FARC qui ont besoin de l’action de l’internationalisme solidaire des peuples du monde.
Q: avec toutes les difficultés qui ont surgi autour du thème de la présence de la guerrilla en tant que prétexte ayant déclenché la crise diplomatique entre la Colombie et l’Equateur et entre la Colombie et le Venezuela, la nécessité ne se pose-t-elle pas de reconsidérer la poursuite de cette forme de lutte, surtout dans le contexte de la menace latente des Etats-Unis à travers l’argument qu’ils agiront contre ceux dont ils considèrent qu’ils appuient le terrorisme ?
Q : la question de la lutte armée ne se pose pas. Les causes qui l’ont motivée n’ont pas changé. Les oligarchies ne veulent que d’une paix qui ne touche pas à leurs privilèges, qui ne modifie pas les structures politiques, économiques et sociales qui ont engendré la pauvreté publique. La stratégie de domination des Etats-Unis est déjà définie et le prétexte n’a pas d’importance. Ce que veulent les gringos, c’est le pétrole du Venezuela, le gaz de Bolivie, les richesses de l’Amazonie et la misère pour nos peuples. L’articulation de la résistance aux politiques agressives de l’empire s’impose. Je veux rappeler qu’à travers les fusils des guerrilleros des FARC, ce sont les peuples de Notre Amérique qui résistent. Et pour ce qui est de la pertinence de la lutte armée, une réflexion du Libertador : ‘Lors même que les conséquences de la résistance au pouvoir seraient alarmantes, il n’est pas moins vrai qu’il existe dans la nature de l’homme vivant en société un droit inaliénable qui légitime l’insurrection’. Tant que les FARC existeront, personne ne pourra ôter son fusil au Che.
Q: la Guajira appartient au Venezuela, comme le dit le Président Chávez ?
R : sans aucun doute, la Guajira appartient à la Colombie de Bolívar et du premier précurseur de l’indépendance de Notre Amérique, le généralissime Francisco de Miranda. Notre critère est le même que celui présenté par le Libertador à Páez : ‘j’ai oublié de vous dire que nous avons pensé fusionner deux ou trois moitiés des départements de Boyacá, Zulia et Barinas pour qu’il n’y ait plus de frontière entre le Venezuela et la Nouvelle-Grenade, parce que c’est cette division qui nous tue, et c’est pour cela que nous devons la détruire’. Une réaffirmation pour terminer : nous avons juré de vaincre, et nous vaincrons.
fradet écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Je regrette vivement d’avoir à confirmer ce que j’ai déjà écrit en me retirant de ce blog que je me contenterai désormais de lire (pour ce qui est lisible). Et je rejoins donc Clara dont j’appréciais la qualité d’intervention et sur le fond et pour la forme.
Je pratique 5 langues et pas l’espagnol. Pourquoi ?
Par manque d’inclination pour l’Espagne découverte en 1953, en plein franquisme, j’avais 13 ans, manque d’inclination confirmé par mon expérience professionnelle qui m’a très souvent fait aller en Espagne avant puis après la mort de Franco, confirmé par deux « chemins de Compostelle » et aussi par tout ce que j’ai lu ici et là, depuis la conquête arabe (et même César !).
Donc manque d’inclination pour sa culture (Goya et Dali exceptés) et surtout pour son Histoire notamment en Amérique Latine, redécouverte au travers de l’actualité souffrante de toutes ses anciennes colonies. D’où mon intérêt et pour Uribe et pour la Colombie et d’où ma réaction à l’égard de IB et tutti quanti (ce clan de mantes religieuses). Il se trouve aussi que j’ai connu et aidé à Paris le petit fils d’un ancien ambassadeur de Colombie à Paris et descendant d’un Président de la République de Colombie.
Pour compléter le tableau (désolé pour la rallonge) voici la lettre que je viens d’adresser à l’Ambassadeur du Pérou en France (réaction à son article publié hier par Le Figaro sur son site) :
Monsieur l’Anbassadeur
Puisque Le Figaro a censuré ma réaction à votre article publié hier, je vous la fais parvenir ci-après :
« réaction à son article dans Le Figaro
1. dans le cas IB c’est l’image qui a fait l’émotion populaire pas la parole. L’opinion, friande d’émotions à bon marché, n’a, de plus en plus et c’est une faute des responsables politiques, que cette culture primaire là ; d’où les exhibitions forcenées de la nouvelle sainte laïque.
Tout dans cette affaire a montré au contraire ( je pense entre autres à l’équipée Villepin) la survivance des caricatures gravées dans les cervelles françaises genre Carrosse du St Sacrement devenu La Périchole pour Offenbach ou le Brésilien dans La Vie Parisienne (au passage je recommande vivement au Brésil d’extrader Batista…). et IB elle même a donné corps à ce dédain ne serait-ce qu’en prenant la poudre d’escampette 24h après sa libération pour laquelle elle aurait pu manifester une autre gratitude. Mais on voit bien à qui on a affaire avec ce trio de mantes « religieuses » !
Personnellement et je l’ai écrit ici et là c’est une faute grave qui a été commise depuis l’escapade insensée d’un homme qui était bien que non élu Ministre des Affaires Etrangères et qui pour sanction a eu une promotion !, une faute si répétée qu’elle laissera des traces.
2. effectivement le choix des mots est …éloquent et valide bien ce qui est ci-dessus. Car ces gens là sont bien des terroristes et de la pire espèce parce qu’ils sont aussi des gangsters et Uribe est non seulement un Président démocratiquement élu mais largement soutenu par l’opinion des colombiens.
3. Que voulez vous enfin dans ce pays, le mien, où la logorrhée de gauche qui a sa source dans celle de la Révolution a sanctifié Guevara, ce fou sanguinaire, comme on l’a fait pour nombre de héros de la Terreur ou des massacres de Septembre ! on préfère parler avec le Père Ubu de Caracas ! Certes il a du pétrole mais les ordinateurs de Reyes ont montré sa duplicité et sa dangerosité pour l’AL et même le monde (on vient de le voir en Russie).
4. Enfin j’ai vécu suffisamment longtemps en AL pour voir la continuité de notre erreur politique et culturelle due justement à un dédain persistant (se rappeler par exemple le mot idiot de Claudel sur le « Brésil pays du futur et qui le restera » ; s’il voyait la situation il aurait peut être honte (mais à vrai dire je ne le crois pas) de son mépris ; Zweig était beaucoup plus fin.
Maintenant, dans un autre ordre d’idées, la question que je me pose en revenant de quelques mois au Chili et au Pérou ( un séjour épuisant après un an en Nouvelle Zélande absolument parfait) qui m’a fait renoncer à poursuivre mon voyage dans d’autres pays ex colonies espagnoles est bien celle-ci: arriveront-ils à se débarrasser de la Tunique de Nessus de leur Histoire ( une question qui renvoie aussi à la France) ?
J’avais décidé à Punta Arenas de mettre un terme à ce voyage qui devait me faire aller sur une année au moins jusqu’au Yucatan: ce que j’avais vu pendant prés de 3 mois d’une découverte en profondeur m’avait horrifié pour un pays célébré en grande pompe en France. N’avais-je pas même entendu Mme Bachelet lors des cérémonies de voeux dire qu’elle n’avait pas pu encore engager son programme en raison de forces qui s’y opposaient… Et, sans entrer dans les détails de ma décision, j’avais résolu d’abandonner mon rêve de Machu Picchu pour regagner l’Europe après plus de 3 ans de voyages. Et je ne dois d’être allé au Pérou qu’à mes contraintes budgétaires et un coût de billet d’avion Punta Arenas Lima Italie bien moins cher que Punta Arenas Santiago Italie…
Je le dis tout net : si j’ai été heureux de voir le Machu Picchu, la découverte de votre pays m’a horrifié et par son actualité et par son Histoire si visible partout et caricaturalement à Cuzco. Penser même que votre pays a élu comme Président un de ses ex présidents condamné à l’exil pour corruption et ayant joué les play boys en Europe avec l’argent volé …En parlant ici et là j’ai découvert une opinion désabusée…
Oui les ex clonies hispaniques sont des sociétés de défiance, caricatures de l’ex maison mère et comme marquées au fer rouge par cette tradition oligarcho-ecclésiale. Il faut lire, mais vous l’avez certainement déjà fait, le remarquable ouvrage de Alain Peyrefitte, La société de Confiance b(Odile Jacob) et l’excellent Richesse et pauvreté des nations de David S. Landes Albin Michel).
Oui la question qui se pose est bien celle d’une comparaison entre la Nouvelle Zélande et ces pays d’origine hispanique.
Je vous prie d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma considération distinguée.
Gabriel Fradet
PS je vais publier prochainement sur mon blog une relation de ce voyage écourté en Amérique Latine (où j’ai vécu déjà 7 ans mais…au Brésil qui a sans doute échappé à la malédiction grâce à Napoléon et son invasion du Portugal !).
Fabio écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Une analyse, que vous trouverez d’interet, sur le parallel Farc-Petrella dans le blog Contre-Journal de Libération
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Le pardon, l’irréparable, l’impunité
«Comment concilier l’idée de proposer un asile aux geôliers d’Ingrid Betancourt et faire la chasse aux ex-brigadistes italiens, trente ans après ?» s’interroge l’universitaire Carine Trevisan. Après la décision de Nicolas Sarkozy d’extrader Marina Petrella, aujourd’hui hospitalisée à Paris, vers l’Italie, la chercheuse établit un parallèle entre Ingrid Betancourt, Marina Petrella et Silvio Berlusconi.
Maitre de conférences à l’Université Paris Diderot-Paris 7, enseignante à la Maison d’Arrêt de la Santé, et à celle de Fresnes, sections Femmes, Carine Trevisan a travaillé sur les violences de guerre (Aurélien, d’Aragon : un “nouveau mal du siècle”, 1996 ; Les Fables du deuil : la Grande Guerre, mort et écriture, 2001) et sur la littérature carcérale.
Carine Trevisan. « On a, lorsqu’on met en regard ce qui est dit ces dernières semaines d’Ingrid Betancourt, de Marina Petrella, de Silvio Berlusconi, un sentiment de malaise, de confusion, presque de chaos. Il peut paraitre incongru de comparer ces trois personnes. Une ex-brigadiste italienne emprisonnée en France, en voie d’être extradée vers l’Italie pour subir la peine à perpétuité, une franco-colombienne, ex-sénatrice tout juste libérée de sa condition d’otage, un premier ministre italien qui vient de bénéficier pour ses actes de l’impunité réservée aux grands de ce monde. Mais le rapprochement n’est pas aussi absurde que cela. Dans les trois cas, il s’agit d’une question de pardon, mais dosée différemment, selon les cas.
Le pardon semble avoir désormais un statut quasi-juridique, mais nulle part inscrit dans la loi, qui accompagne la notion de « dédommagement ». On concède aujourd’hui qu’en lieu ou en complément du “dédommagement” auquel elles ont droit (on ne sait ce que signifie exactement ce terme), les victimes accordent leur “pardon” au coupable, ce qui peut alléger sa peine de prison. On peut s’étonner que ce pardon, qui est l’effet d’un acte individuel, inscrit nulle part dans la loi, puisse avoir un tel poids. A-t-on jamais vu un tribunal relaxer un coupable sous prétexte que les victimes lui ont “pardonné” ? Et pourtant, à propos de l’éventuelle libération de Marina Petrella, on lit dans Libération du 9 juillet 2008 ces mots de Giovanni Bianconi, journaliste et auteur de plusieurs livres sur le terrorisme en Italie : “En général, il faut que l’intéressé ait déjà effectué une bonne partie de sa peine ou encore qu’il y ait eu le pardon des parents des victimes”.
Ingrid Betancourt : française et sénatrice colombienne, elle a été otage de la guérilla colombienne de 2002 à 2008. Capturée parce qu’entre autre, elle représentait une grosse somme d’argent et avait un poids médiatique énorme. M. le président N. Sarkozy propose un asile aux FARC, qui ont fait subir des traitements inhumains à Ingrid Betancourt, et qui sont toujours en activité (plusieurs centaines d’otages entre leurs mains, dont ils font commerce, ainsi que de la cocaïne). La France est prête à pardonner. On ne sait quelle est la position d’Ingrid Betancourt par rapport à cette éventualité. Elle a eu un mouvement de compassion pour l’un de ses geôliers, enchaîné à son tour, dans l’hélicoptère conduit par l’armée colombienne, où elle apprend qu’elle est à présent libre. Un geôlier pourtant particulièrement cruel, selon son témoignage. Elle a même noté qu’il avait peur. Singulière attention, dans une telle circonstance, aux mouvements émotifs de celui qu’elle serait en droit de haïr. Mais a-t-elle « pardonné » aux FARC de l’avoir privé de plus de six années de sa vie ? Cette question ne lui a apparemment pas été posée, ni à aucun des autres otages des FARC.
Marina Petrella est une ex-brigadiste rouge italienne, qui a bénéficié d’un droit d’asile en France, instauré dans les années 80 par le Président François Mitterrand. On connaît les termes de l’accord : la France accueille les brigadistes, à condition qu’ils renoncent à la violence armée. Marina Petrella a déjà fait 8 ans de prison en Italie. Sa première fille est née en prison. Condamnée à la perpétuité en Italie (alors qu’elle n’a jamais été une “exécutante matérielle” des crimes dont on l’accuse), elle s’exile, se réfugie en France, sur la foi de la parole étatique donnée. Elle y travaille comme jardinière, puis comme travailleuse sociale. Elle a, en France, un deuxième enfant : une petite fille qui a aujourd’hui 11 ans.
Après presque 15 ans de vie absolument paisible et pacifique (et plus que cela : on sait combien les tâches des travailleurs sociaux aujourd’hui sont lourdes), elle se retrouve brutalement incarcérée à la Maison d’arrêt de Fresnes, et à présent que M. le Président N. Sarkozy a signé son mandat d’extradition en Italie, où elle risque l’emprisonnement à perpétuité, dans l’attente d’une grâce du Président de la République italienne.
On s’interroge sur la logique présidentielle : pourquoi, soudainement, la reprise de la parole donnée ? Comment concilier (cela a été dit et redit ces derniers jours) l’idée de proposer un asile et une forme d’impunité aux geôliers d’Ingrid Betancourt, les FARC, et faire la chasse aux ex-brigadistes italiens, trente ans après ?
L’un des mots les plus courants de l’administration pénitentiaire française, et qui guide les décisions des juges d’application des peines, lorsqu’ils doivent accorder ou non une libération conditionnelle à un détenu, est “réinsertion”. Le criminel a-t-il, ou non, manifesté le désir de se « réinsérer » et fait ce qu’il fallait pour cela ? Le sens de ce terme reste large. Lorsqu’on n’est pas juriste mais qu’on a un peu d’expérience de l’univers pénitentiaire, on comprend que “se réinsérer” signifie un retour à une vie “normale”, respectueuse de la loi, et que pour prouver cette volonté de réinsertion, on a, en prison, suivi, entre autres, des formations, des études, ou tout simplement renoué contact avec son premier métier. Cela arrive, et cela marche.
Marina Petrella s’est “réinsérée” bien avant qu’elle soit incarcérée. Cela fait plus de 15 ans qu’elle est réinsérée.
Que demander de plus à cette femme qui n’a commis aucun crime imprescriptible (aucun crime contre l’humanité) ? Le pardon des victimes ? Mais, il y a sans doute eu là de l’irréparable. Ingrid Betancourt aurait beau pardonner aux FARC que les séquelles psychiques de sa détention seraient toujours actives.
Dans le même temps, on apprend que Silvio Berlusconi, qui va décider, en partie du sort de Marina Petrella, bénéficie, lui, à présent, d’une impunité pour ses actes illégaux. L’Italie, les institutions italiennes lui ont “pardonné”. »
Clara écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Cher Fradet,
J’espère que vous serez tenté, malgré vos annonces, de nous enrichir avec vos posts, que j’apprécie, même si je ne sui toujours pas d’accord à 100%.
Vous nous donnez matière à réflechir dans votre post #5, merci pour la biblio aussi. Vous êtes très bien placé pour émettre une opinion sur l’état actuel de l’Amérique Latine. Je n’ai pas eu la chance de voyager autant en Amérique du Sud (seulement le Chili, l’Argentine, l’Equateur et un peu le Brésil) et pendant aussi longtemps.
Sur le thème de votre intervention, il y aurait long à dire et à redire. Pour abréger, je me suis toujous posé une question simple et j’espère que on ne me prendra pas pour une simplette : comment une personne normalement constituée, ayant eu accès à une éducation supérieure et opté pour se vouer au service de la chose publique, peut oublier ce que dans toutes les sociétés primitives est une règle de logique et de morale de base, c’est-à-dire que l’intérêt collectif prime sur l’interêt personnel. Dans mon désespoir devant tant d’égïsme et de manque d’humanité j’ai cherché une explication (je la cherche toujours), et votre piste sur les différences entre les origines culturelles est intéressante, je suis arrivée à faire appel aux concepts religieux et à la métaphysiques. Je ne vais pas m’étaler sur ceux derniers, mais pour conclure, il est clair que l’évolution des humains est manqué dans un point essentiel : celui du sens d’appartenance à la même espèce animale et à un système écologique interdependant. Autrement, comment s’expliquer la recurrence des massacres, guerres, exploitation à outrance ou esclavage, traite des humains, prostituion enfantile, etc. etc., sans parler de la destruction de l’environnement ?
Maheureusement, ce qui vous a attristé en A.L. au point de vous contraindre au retour, se trouve un peu partout, sauf dans ces endroits (N.Zélande, par exemple ?) où des hommes éclairés ont su se mettre au service de leurs peuples, et non asservir leurs peuples pour assouvir leurs désirs personnels, comme c’est le cas dans des vastes étendues de notre planète.
Merci à nouveau pour la qualité de vos interventions, et je vous en prie, ne cessez pas de nous en faire bénéficier de temps en temps. Et, merci aussi pour ne pas vous offusquer (contrairement à JC) de mon commentaire en castillan.
P.S. Références de votre blog, svp ?
Clara écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Cher Fabio,
Merci de l’article “Le pardon, l’irréparable, l’impunité”. Je vais le traduire en espagnol pour le faire connaître à travers ma soeur (avocate et universitaire dans une université du nord de la Colombie et très active dans un projet d’éducation citoyenne et enregistrement civil dans le milieu des déplacés de la violence) à tous ceux, colombiens anonymes, qui oeuvrent pour une meilleure société. Mme Trevisan pose une question très pertinente, surtout dans le contexte actuel en Colombie : comment incrire le pardon dans la loi et jusqu’où on peut aller sans tomber dans l’impunité ?
Quant au parallèle entre IB et Petrella, c’est très bien vu et expliqué. Rien à rajouter, tout est dit.
Fabio écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01Chère Clara,
Etrangement la societé francaise vit dans le déni systematique sur la question de Aida Duvaltier, d’autres francais et des societé francaises qui ont été cible des crimes des Farc. C’est comme si les Farc n’avaient jamais fait quoi que ce soit. L’article de Mme Trevisan est tres bon, mais tombe sur ce meme probleme.
La précondition du pardon est la maitrise de la verité.
J’ai posé une question ici il y a quelques jours, je la repete. Gafas et Cesar, auraient-ils ete les geoliers de Mme Duvaltier aussi? Si Mme Duvaltier a subi son kidnappement dans El Guaviare ou El Caguan, il y a une forte probabilité que ses geoliers soient proches de ces deux gangsters.
Pourquoi il n’y a pas d’investigation en France et plutot l’offre genereuse de refuge “politique” ? Les ordinateurs de Reyes pourraient pourtant en donner des pistes.
Mme Trevisan ne mentionne pas non plus que les Brigades Rouges sont des enfants de choeur a coté des Farc. Comment pourrait-on pardonner des crimes contre l’humanité des Farc?
En fait la Loi Justicia y Paz touche plus profond les aspects de pardon et justice.
fradet écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01merci Clara
je vous réponds, a vrai dire pas moi mais…un Pape, JPII et pourtant …Bon au fait! JPII a l’occasion de la journée annuelle de la paix, début Janvier 1997 a écrit une lettre pastoraloe dont j’ai eu lecture dans l’abbaye bénédictine dont j’étais oblat:
Le pardon est une reconnaissance de la faute adressée à la victime ou , à défaut, à ses proches. Alors la victime accorde ou pas son pardon mais puisqu’il y a eu faute, la victime est en droit de réparation. Et c’est là qu’est tout le probléme que l’Eglise elle meme a esquivé en trouvant un truc …la repentance vers Dieu et surout pas vers les hommes.
Je n’ai pas lu la moindre contrition de M Petrella ou de Battiti; Alors ils doivent etre extraDÉS et suivre la procédure de leur pays.
On ne doit surtout pas relativiser les valeurs..ilo y en a de moins en moins.
Dans le cas IB je crois que l’on est vraiment dans une comédie de boulevard ou d’opéerette d’Offenbach.
Je crois que c’est vous qui avez inventé le mot Ingrititude qui dit tout de la médiocrité de cette femme. J’y ai ajouté celui de mante religieuse:Elle pouvait etre beaucoup elle a dèmontré qu’elle n’est rien.
mais je n’ai pas l’intention de sortir de ma décision relative à ce blog. J’ai ecrit pourquoi.
ciao Clara
www.labernique.typepad.fr
fradet écrit :
Ajouté le 27 juillet, 2008 à 13:01@clara
pour compléter mon premier texte. Alain Peyrefritte dont j’ai découvert le livre à St Malo chez des protestants ( je suis un ancien catholique devenu agnostique) a brusquement éclairé une recherche que j’ai engagéee dés 1957 sur la France et je viens de relire ce livre admirable. il faut lui ajoindre les minutes d’un colloque international organisé autour de lui par le Collége de France sur le théme Valeurs et Modernité et enfin Le Miracle en économi, une série de cours au Collège de France à la demande de ce dernier
Et si l’on veut compléter cette ouverture magistrale et trés lisible, je p’ense qu’il faut aussi lire le livfre superbe de Sefan Zweig sur Ersme. Erasme est la figure clé, paradigmatiquel, de la renaisiance qui avorte en Italie en raison de nla réaction de l’Eglise et ce pays qui n’en est p’as un encore se recroqueville comme l’Espagne alors que Luther va faire éclater le carcan et ouvrir le Nord , via Calvin, à la confiance et donc au dèveloppement. Et l’espagne s’endort dans un orgueilluex et tragique carcan qu’lle se sera empressée de dupliquer en Amérique Latine.
Je poursuis mes recherches sur la France qui m’ont ouvert au monde d’autant p’lus facilement que j’en suis et notamment sur la Révolution. Car la violence nait de la defiance et non de la confiance.
Cette piste anthropologique est une ouverture fantastique.. Et nos jeunes colombiens et AUTRES HISPANISANTS devraient pour comprendre et se scomprendre lire aussi ces ouvrages clè.
a votre dispostion pour poursuivre via mail.je cesse mes i9nterventions.
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