LE FRERE D’ALFONSO CANO APPELLE LES FARC A LIBERER LEURS OTAGES

21 juillet 2008 

Roberto Saenz a appelé son frère, Alfonso Cano, nouveau chef de la guérilla colombienne des Farc, à répondre aux appels lancés dimanche lors de manifestations en Colombie et partout dans le monde pour la libération des otages.

“J'ai appelé Alfonso et tous les membres du secrétariat (commandement central des Farc), pour (…) que nous entrions d'urgence dans un processus de dialogue et qu'ils fassent l'effort de comprendre que ces otages doivent aujourd'hui retrouver leurs familles”, a déclaré Roberto Saenz sur la chaîne privée colombienne Caracol.

Roberto Saenz a estimé que son frère “doit être très sensible” aux manifestations de soutien sans précédent des Colombiens qui “se sont rassemblés, sans distinction d'appartenance politique en faveur d'un accord de paix et surtout pour la libération des otages”.

Plus de quatre millions de personnes se sont mobilisées dimanche en Colombie en soutien aux 3.000 otages retenues par les Farc mais aussi par la guérilla guévariste ELN, des groupes paramilitaires et des gangs mafieux.
Des défilés se sont déroulés également dans 90 grandes villes du monde, dont Paris en présence de l'ex-otage Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
“Cano”, dont la véritable identité est Guillermo Leon Saenz, a succédé à la direction des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) au chef historique Manuel Marulanda Velez, décédé d'un accident cardiaque le 26 mars dernier, selon la version officielle de la guérilla.


Archive pour juillet, 2008

DES MILLIONS DE MANIFESTANTS EN COLOMBIE ET DANS LE MONDE POUR LA LIBERATION DES OTAGES DES FARC

Mille excuses pour mon silence de 48 heures, mais j'étais invité au Salon du livre de Sablet (Vaucluse). Voici un bon bilan de latinreporters.com sur la mobilisation en faveur des otages le 20 juillet, jour de l'Indépendance nationale de la Colombie: 

 

A nouveau plus de 4 millions de manifestants en Colombie

Analyse de Christian GALLOY,
directeur de LatinReporters.com

MADRID, lundi 21 juillet 2008 (LatinReporters.com) - Comme déjà le 4 février dernier, plus de 4 millions de Colombiens et des centaines de milliers de citoyens de 90 villes du monde ont réclamé dimanche la liberté des quelque 3.000 otages encore séquestrés en Colombie par la guérilla marxiste des FARC, ainsi que par d’autres groupes de terroristes ou de délinquants. Acclamé même à Paris, où 10.000 manifestants entouraient Ingrid Betancourt, le président colombien Alvaro Uribe a été, politiquement parlant, la star de ce 20 juillet historique.

Preuve en est l’accord signé ce même 20 juillet, jour de la fête nationale colombienne, par le président Uribe avec ses homologues de deux grands pays voisins, le Péruvien Alan Garcia et surtout le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, figure de proue la plus respectée de la nouvelle gauche latino-américaine.

Les trois chefs d’Etat ont coprésidé le défilé militaire à Leticia, ville de l’Amazonie colombienne où se touchent les trois frontières. Il y ont signé l’accord coordonnant leur combat frontalier contre le trafic d’armes, de munitions, d’explosifs et de stupéfiants. Les militaires de Colombie, du Brésil et du Pérou renforceront leur présence au long des autoroutes naturelles que sont les rivières amazoniennes utilisées par la guérilla narco-marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) pour s’approvisionner ou se mettre à l’abri.

La veille à Bogota, lors de ses entretiens avec le président Lula, Alvaro Uribe avait obtenu des garanties stratégiques lui permettant d’annoncer l’adhésion de la Colombie au Conseil de défense sud-américain que veut lancer le Brésil dans le cadre de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), créée officiellement le 23 mai dernier à Brasilia par les 12 pays du sous-continent.

Ces garanties sont la règle du consensus (permettant un éventuel veto de la Colombie ou de tout autre pays) pour la prise de décision au sein du Conseil de défense; la reconnaissance uniquement des forces institutionnelles de chaque pays signataire et le rejet statutaire des groupes pratiquant la violence, quelle que soit son origine.

Pour autant que ces garanties soient ratifiées par les autres membres de l’Unasur, la guérilla colombienne ne pourrait plus espérer la moindre reconnaissance institutionnelle de la part de l’un quelconque des 12 pays d’Amérique du Sud. La France et la Suisse, ex-médiatrices inutiles et desavouées par Bogota pour déviances pro-FARC, en prendront sans doute note.

Que ce triomphe politique soit avalisé par des icônes de la gauche régionale telles que le président brésilien Lula et la présidente chilienne Michelle Bachelet, consultée téléphoniquement par MM. Lula et Uribe en sa qualité de présidente en exercice de l’Unasur, en dit long sur la capacité de manoeuvre internationale retrouvée par Alvaro Uribe après la libération mondialement applaudie, le 2 juillet par l’armée colombienne, d’Ingrid Betancourt, de trois Américains et de 11 policiers et militaires colombiens, tous séquestrés par les terroristes des FARC pendant plusieurs années.

“Je suis très heureux de cette libération. Je crois que c’est une conquête des droits de l’homme, des citoyens, quelque chose d’extraordinaire… On doit commencer à comprendre que la façon la plus facile d’arriver au pouvoir est de se présenter aux élections” déclarait à Bogota le président Lula.

Cette invitation aux FARC à abandonner la lutte armée pour la voie démocratique est depuis plusieurs semaines lancée à la guérilla par quasi tous les leaders de la gauche latino-américaine, y compris les socialistes radicaux Hugo Chavez (Venezuela), Evo Morales (Bolivie) et Rafael Correa (Equateur).

La célèbre vedette colombienne Shakira, qui chanta l’hymne national aux côtés des trois présidents réunis à Leticia, ajouta cet argument à l’adresse des FARC: “Libérez-vous. Vous vous séquestrez vous-mêmes dans les ténèbres de la jungle.”

Même son de cloche à Paris. “Voyez la main tendue par le président Uribe, comprenez que c’est terminé les bains de sang, le moment est venu d’abandonner les fusils et de les remplacer par des roses” a lancé dimanche aux FARC Ingrid Betancourt.

Entourée sur l’esplanade du Trocadéro par dix mille personnes, dont peut-être une majorité de Colombiens, elle remercia encore le président Alvaro Uribe pour sa libération et insista en s’adressant directement au nouveau chef suprême des FARC, Alfonso Cano: “Regarde cette Colombie, accepte la main tendue par le président Uribe, déposez les armes et relâchez les otages”.

La foule scanda maintes fois “Uribe! Uribe!”. “Merci Uribe” disaient des pancartes en français. Les grands médias de l’Hexagone ont reconnu que des millions de Colombiens se sont mobilisés pour la liberté, contre les enlèvements et contre les FARC.

En février, les mêmes médias firent la fine bouche, réduisant parfois à quelques milliers de personnes une mobilisation similaire. Ingrid Betancourt était alors encore séquestrée. Le président vénézuélien Hugo Chavez était présenté comme la clef de sa libération et certains n’hésitaient pas à dépeindre Alvaro Uribe comme le responsable du drame des otages vu son passé supposé de “fasciste paramilitaire”.

Une telle supercherie, téléguidée par le Quai d’Orsay, les comités Betancourt et la famille de la célèbre ex-otage, conduira-t-elle un jour à désigner le symbole de la nouvelle démocratie espagnole, l’actuel roi Juan Carlos, comme le complice présumé des centaines de milliers de morts imputables au soulèvement militaire et à la dictature de Franco, aux principes de laquelle le souverain, alors jeune prince, jura solennellement fidélité?

Sur un flanc de la tribune d’où parlait Ingrid Betancourt, au Trocadéro, une banderole clamant “Accord humanitaire maintenant” prouvait qu’à Paris on reste à la traîne au moment d’évaluer la situation en Colombie. Si Alvaro Uribe tend à nouveau aujourd’hui les bras aux FARC, c’est à l’évidence, sans besoin de le dire, pour que cette guérilla négocie une défaite plus ou moins honorable et les termes de sa reddition. Un “accord humanitaire” pour libérer une poignée seulement d’otages parmi des centaines ou des milliers d’autres n’est plus à l’ordre du jour à Bogota.



LA COUR CONSTITUTIONNELLE VALIDE LA REELECTION D’ALVARO URIBE EN 2006

18 juillet 2008

Cette décision met fin aux tentatives de la Cour suprême de justice de Bogota (CSJ) de remettre en cause la réélection du président Uribe en 2006. La CSJ avait demandé le 28 juin à la Cour constitutionnelle d'invalider sa propre décision, prise en 2006 d'autoriser le chef de l'Etat à se représenter conformément au vote en ce sens du Congrès.

La CSJ avait pris pour prétexte les dénonciations d'une ex-parlementaire, Yidis Medina, présumée auteur d'enlèvements avec la guérilla de l'ELN en 2000. Elle avait affirmé avoir donné son vote en faveur du droit du président à se représenter contre la promesse d' avantages en nature. Le président Uribe avait nié toute tentative de corruption etdemandé  à être entendu, en vain, par la CSJ.

Alvaro Uribe a été élu en 2002 avec 54% des voix dès la premier tour, et réélu en 2006, également au premier tour, avec 62%.

 

UN ARTICLE DE LA REVUE “POLITIS” SUR BETANCOURT

 

À la hauteur ? 

PAR Bernard Langlois 

jeudi 17 juillet 2008 

  

 

Lundi 14 juillet : rédaction de cet avant-dernier bloc-notes sous les flonflons, un œil sur l’impeccable défilé militaire que la France éternelle offre à une palanquée de « grands de ce monde », comme on dit dans les gazettes bien élevées. 

Parmi eux, cet échalas de président syrien, Bachar al-Assad, sorte de grand Duduche arabe occidentalisé, dont on disait, quand il a succédé à son père en 2000, qu’il n’acceptait qu’avec réticence la charge du pouvoir. Vrai ou faux, il s’y est coulé sans anicroche, perpétuant les mœurs politiques du régime avec quelques aménagements formels, ce que de bons spécialistes appellent : « le fard du changement ». La formule figure dans un gros ouvrage collectif qui livre au lecteur une masse d’informations sur cette Syrie au présent [1] que le président français a cru bon de réintroduire dans un jeu diplomatique dont elle était (relativement) exclue, suite à l’assassinat du Premier ministre libanais Rafic Hariri, attribué aux services spéciaux syriens. On ne lui reprochera pas cette invitation, tant il est évident qu’aucune perspective diplomatique au Proche-Orient n’est ouverte sans la participation alaouite et qu’il faut donc bien causer avec l’héritier de la dynastie. 

On se posera simplement la même (bonne) question que se posait la semaine dernière (sur une photo de couverture montrant en gros plan Sarkozy et Kouchner) notre confrère L’Express : « Sont-ils vraiment à la hauteur ? »  

UN BILAN RIDICULE 

D’évidence, la réponse est non, sur l’ensemble des grands dossiers. Qu’il s’agisse de l’Europe (l’échec du traité de Lisbonne, que Sarkozy se vantait tant d’avoir « inventé »), de la Chine (où il se rendra, la queue basse, à la cérémonie d’ouverture des JO, qui en doutait ?), du grand projet d’Union pour la Méditerranée (qui se solde par un grand raout dispendieux ne débouchant sur rien) ; sans parler de l’alignement sur Washington (et des grandes démonstrations d’amitié avec un président américain discrédité jusqu’au croupion), de l’Afrique (où l’on a vite fait de reprendre les mauvaises habitudes du passé après avoir juré d’en changer) ou de la libération d’Ingrid Betancourt (qui doit tout à Uribe, aidé des États-Unis, et rien à la France, qui n’a fait que du bruit et des numéros de claquettes) : le bilan est ridicule. Même si elle sait encore faire défiler ses troupes, ses fanfares, ses gros dadas, ses chars et ses avions dans un ordre sans reproche, la France de Sarkozy et de Kouchner n’impressionne plus grand monde, il faudra qu’ils s’y fassent ! 

OTAGES 

L’autre grande vedette de ce 14 juillet d’esbroufe était donc Ingrid Betancourt, la « miraculée » de la jungle colombienne. Passe qu’on ait fait des efforts (diplomatiques, publics ou discrets) pour obtenir la libération d’une jeune femme qui a, par son premier mariage, des attaches françaises – même s’il est bien d’autres otages dont on ne fait pas si grand cas. De là à nous en avoir rebattu les oreilles, nous l’avoir vendue comme une savonnette (avec les efforts conjugués de MM. Villepin, Fixot et Séguela) et présentée comme une bienfaitrice du peuple colombien (pour qui elle n’est qu’une grande bourgeoise politicienne et arriviste comme tant d’autres), il y a de l’abus ! La voici libre, tant mieux pour elle, on peut décrocher les portraits, la compassion bobo et la petite famille horripilante vont enfin la mettre en sourdine ; et va cesser cette dégoulinante de confiture médiatique (le pompon au tandem gonflant Paoli-Levaï sur Inter) qu’on nous inflige depuis quinze jours jusqu’à la nausée. On va pouvoir lire, sans se sentir coupable, le livre démystificateur de Jacques Thomet, un journaliste qui connaît le dessous des cartes pour avoir dirigé pendant cinq ans (1999-2004) le bureau de l’AFP à Bogota, Ingrid Betancourt, histoire de cœur ou raison d’État ? [2], qui nous narre une aventure bien différente de la légende dorée en vigueur. 

Te voici donc en prime, chère Ingrid, chevalière de la Légion d’honneur, grand bien te fasse. Tu peux rentrer exercer tes talents dans ton pays d’origine, on ne te retiendra pas, vu que tu n’as même pas été capable de demander à ton nouvel ami, le merveilleux président Sarkozy, la libération de cette autre otage (de la France, celle-ci) : Marina Petrella.

 

 

LE CRIMINEL PEDERASTE DANIEL ORTEGA, « PRESIDENT » DU NICARAGUA, VEUT DIALOGUER AVEC LES FARC

 

  

17 JUILLET 2008 

 

L’infamie dépasse toutes les limites, avec cet accord de Daniel Ortega, violeur de sa belle-fille Zoilamerica, pour un « dialogue sur la guerre et la paix » avec les FARC de Colombie. 

 

Il m’en coûte de perdre un temps précieux pour évoquer cette horreur, mais comme aucun média ne s’en fait l’écho, il convient de rappeler que cet individu n’est pas un « président », mais un pédéraste auteur du viol de sa belle-fille Zoilamerica. Il n’a toujours pas été jugé, pour avoir bénéficié de « l’immunité parlementaire » comme élu de son pays. 

 

La presse colombienne va-t-elle enfin enfoncer le clou pour stigmatiser ce criminel qui relève désormais des assises ? 



LES ERREMENTS DE LA PRESSE COLOMBIENNE

17 JUILLET 2008

A lire les commentaires critiques des médias colombiens sur l’écusson du CICR porté par l’un des 9 membres de l’héroïque commando dans l’Opération Jaque, pour mieux discréditer ce succès phénoménal de Bogota comme le fait déjà l’agence ABP, bras politique des FARC, on ne peut que s’interroger. 

Cette mise en cause d’un acte de « perfidie », ainsi qualifié par un grand quotidien colombien, n’a rien de primaire ni de gratuit. Elle s’inscrit dans le mouvement des élites colombiennes opposées, à l’inverse de 94% du peuple colombien, à une éventuelle reconduction du président Alvaro Uribe pour un nouveau mandat de quatre ans en 2010. Une première tentative de ridiculiser l'opération avait échoué quand les FARC avaient réussi à intoxiquer une radio suisse pour affirmer que Bogota avait payé une rançon en échange de la libération d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages.

Pour ma part, je ne suis pas favorable à cette réélection du chef de l’Etat, mais mon opinion n’a aucun intérêt puisque je ne vote pas en Colombie. Par contre, comme observateur et analyste quotidien du contexte latinoaméricain, je trouve dommage de disqualifier « Jaque » à cause de cette légère entrave aux “bonnes manières”, pour des raisons de politique politicienne. 

A l’évidence, ces mêmes élites, incapables de mettre fin au conflit avant l’élection d’Uribe, sont pressées de profiter de l’écrasant succès de ce président contre les FARC depuis 2002, avec une sécurité revenue, les enlèvements annuels passés de 3.200 à moins de 250, et une croissance de 8%, pour reprendre les rênes du pouvoir avec leur corollaire : les prébendes. 

Si un écusson est une perfidie dans une opération qui a permis la libération de 15 otages, certains DEPUIS 10 ANS comme l’infirmier et sauveteur d’Ingrid Betancourt, le caporal William Humberto Perez, sans une seule goutte de sang, il convient de mieux l’expliquer, puisque les 2.000 soldats colombiens mobilisés dans 39 avions et hélicoptères dans une base proche pendant l’opération Jaque pouvaient réduire en miettes les 60 guérilleros restés au sol. Ils n'ont pas bougé ! 

Si cet écusson est une perfidie, comment qualifier l’action des FARC quand les rebelles, déguisés en soldats, ont enlevé les onze députés de Cali en 2002 avant de les exécuter le 18 juin 2007 ? Comment qualifier l’assassinat de deux soldats blessés, dans un véhicule du CICR,  en avril dernier, par les FARC ? Comment qualifier l’enlèvement de l’ex-gouverneur du Meta, Alan Jara, le 15 juillet 2001, alors qu’il se trouvait dans un véhicule de l’ONU, donc doté de l'immunité diplomatique ? Depuis 7 ans, l’ONU n’a rien fait pour le sortir de l’enfer vert ! Et comment oublier le martyre du colonel Alvaro Acosta, un autre héros colombien ?  Son hélicoptère avait été abattu par les FARC en 2000 (alors qu'un dialogue de paix était en vigueur entre la guérilla et le président Andrés Pastrana depuis 1998, avec un territoire de 42.000 km2 octroyé aux FARC sans armée ni police ni justice!). Les jambes en bouillie, il avait demandé à ses hommes de s'échapper et de le laisser. Un groupe de guérilleros, déguisés avec l'uniforme du CICR, l'avaient enlevé. Il n'avait été libéré qu'un an plus tard, presque mort. 

Si l’on me répond qu’il ne faut pas employer les méthodes de l’ennemi, il est facile de rétorquer que les barbares des FARC tuent, enlèvent, massacrent, alors que « Jaque » a sauvé 15 vies vouées à une mort lente, sans verser le sang. 

LES FARC ET LA CROIX ROUGE

17 juillet 2008

Après la tempête dans un verre d'eau provoquée par le sigle du CICR que portait sur son gilet l'un des agents secrets dans l'Opération Jaque, je ne résiste pas à la rediffusion de ce post que j'avais placé le 16 avril dernier sur ce blog:

 

LA VIE QUOTIDIENNE DES FARC : LA GUERILLA ASSASSINE DEUX SOLDATS BLESSES DANS UNE AMBULANCE DE LA CROIX ROUGE

16 avril 2008

Ces auteurs d’un tel crime contre l’humanité sont les mêmes que les rebelles des FARC appelés à être accueillis en France comme « réfugiés politiques » par François Fillon dans le cadre d’un éventuel échange avec Ingrid Betancourt. Les deux soldats, Diego Alexander Echeverri Echeverri et Emilio Gómez Hernández, avaient été grièvement blessés dans l’explosion de mines antipersonnel placées par la guérilla près de la bourgade de El Cedro, au nord-ouest de la Colombie.

L’ambulance de la Croix rouge chargée de les conduire en urgence à l’hôpital a été interceptée par un groupe du 36e front des FARC. Selon le chauffeur et

l’infirmière, les rebelles ont fait descendre les deux blessés du véhicule et les ont criblés de balles. Les soldats n’avaient aucune arme sur eux.

LE SIGLE DU CICR A ETE PORTE PAR L’UN DES MEMBRES DU COMMANDO DANS L’OPERATION « JAQUE »

 

16 juillet 2008 

 

Cette erreur, reconnue par le président Alvaro Uribe, a été imputée par le chef de l’Etat à la « nervosité » de cet agent secret quand il a vu « le grand nombre de guérilleros des FARC » dans la clairière où a eu lieu la récupération des 15 otages dont Ingrid Betancourt dans la stupéfiante Opération « Jaque » (Mise en échec). 

 

Alvaro Uribe a annoncé que le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, avait rencontré les responsables du CICR (comité international de la Croix rouge) à Bogota, pour leur présenter des excuses officielles. Il a ajouté que l’agent concerné ne ferait l’objet d’aucune sanction, et qu’il endossait la responsabilité de cette erreur. 

 

Dans la vidéo de l’opération « Jaque », aucun sigle n’avait été inscrit sur l’hélicoptère russe MI, repeint en blanc par les agents Colombiens pour le faire ressembler aux modèles identiques utilisés par Hugo Chavez pour la libération de 6 otages en janvier et février. 

 

Cette révélation sur l’insigne du CICR porté par un seul des 9 agents secrets a été publiée par CNN. Cette chaîne américaine avait été contactée par un officier colombien prêt à lui vendre à prix fort les images de cette anomalie, mais avait refusé l’offre. 

 

En Colombie, les FARC n’ont cessé de mitrailler depuis des années les convois du CICR, y compris pour exécuter des blessés transportés par la Croix rouge, quand les véhicules du comité genevois n’étaient pas incendiés. Jamais CNN n’en a parlé à l’époque, moi oui, pour l’AFP. 



LA GUERRE DES CHEFS A ECLATE AU SOMMET DES FARC MAIS AUCUN MEDIA NE S’EN EST RENDU COMPTE (SAUF CE BLOG)!

 

 16 juillet 2008 

J’ai du mal à y croire, mais les médias, y compris colombiens, sont tombés dans le panneau sans prendre du recul face à une présumée déclaration du secrétariat des FARC sur leur refus de négocier avec Alvaro Uribe et leur appel au président du Nicaragua Daniel Ortega. Publiée le 15 juillet, l'information est datée du…26 juin, une semaine avant l'opération ”Jaque” qui a permis la libération par la Colombie de 15 otages dont Ingrid . 

Au même moment un texte signé POUR LA PREMIERE FOIS par Alfonso Cano, nouveau chef des FARC, a été publié par l’ABP, bras politique de la guérilla (Cf. ci-dessous). Ce document daté de « juin 2008 », donc avant l’opération « Jaque » comme le texte précédent sur le présumé refus par la guérilla de négocier, estime « toujours en vigueur » la proposition des FARC de rencontrer Alvaro Uribe pour déterminer les termes d’un accord, avec pour seule exigence la prise en compte, dans un éventuel échange entre otages et prisonniers, de trois chefs de la guérilla détenus aux USA. 

Le document le plus récent est daté du 5 juillet. Il a été publié le 11 juillet par le secrétariat des FARC, révèle la volonté d’un accord avec le gouvernement colombien, et ne comporte aucune exigence préalable : ni un mini-Etat ni la libération des chefs rebelles détenus aux USA ! 

A l’évidence, il y a de l’eau dans le gaz au sommet des FARC. Jamais la guérilla n’a péché par de telles contradictions.

Je ne serais pas étonné par une nouvelle surprise, dans le genre de l’opération « Jaque ». L’appel à Daniel Ortega dans un même texte hostile à une négociation ne peut provenir que d’un secteur jusqu’au-boutiste de la guérilla. Je pense à Jorge Briceno, le « Mono Jojoy », chef militaire des FARC et principal criminel de guerre de cette guérilla. Après l’abandon des FARC par Hugo Chavez, qui mange désormais dans la main d’Uribe sous peine de la publication d’autres e-mails mortels pour lui dans les ordinateurs de Raul Reyes,  le président nicaraguayen, violeur de la mineure « Zoilamerica » (cf. mon blog)  mais toujours pas inculpé par la justice, est devenu le dernier appui des FARC.

Même Fidel Castro leur a demandé de libérer tous leurs otages. Alfonso Cano serait au bord de la reddition que je ne serais pas étonné. Il est cerné dans le canyon de la Delicias (les Délices !), au centre de la Colombie. 

A suivre… 

Voici les communiqués de la guérilla avant et après l’Opération Jaque, survenue le 2 juillet 2008, avec la libération de 15 otages dont Ingrid Betancourt :

:

- Le 26 juin (mais le texte est publié ce 15 juillet) - La guérilla des Farc refuse de négocier un accord de paix avec le gouvernement colombien du président Alvaro Uribe et demande à rencontrer le président du Nicaragua Daniel Ortega, selon un message diffusé mardi par la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur.
“Sur ces affaires de guerre et de paix, nous souhaitons parler personnellement avec vous ou à vos émissaires”, indique le message adressé au président Ortega, daté du 26 juin dernier et signé par le secrétariat de l'état-major central des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
“Seul un nouveau gouvernement, véritablement démocratique, issu d'un grand accord national pourrait à nouveau emprunter la voie vers une solution politique au conflit social et armé que connaît la Colombie“, souligne le texte écrit avant la libération de 15 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, le 2 juillet à la faveur d'une opération de l'armée colombienne. 

- JUIN 2008 (sans autre précision) : 

A los Combatientes y Luchadores por La Patria Grande y El Socialismo 

    
Junio del 2008. 

Camaradas del Estado Mayor Central, de los Estados Mayores de los Bloques y Frentes, de los Comandos Conjuntos, mandos de las redes urbanas, columnas, compañías, guerrillas, escuadras y comisiones, guerrilleras y guerrilleros, mandos y milicianos bolivarianos, militantes del Partido Comunista Clandestino e integrantes del Movimiento Bolivariano: reciban nuestro revolucionario saludo que extendemos a todos quienes trabajan junto a nosotros por una Nueva Colombia. 

Durante la última semana del mes de mayo recibimos mensajes de solidaridad de todas las unidades farianas, donde destacan la gigantesca dimensión política y militar del Comandante Manuel Marulanda Vélez como uno de los más grandes revolucionarios de nuestra historia, y también reafirmando lealtad absoluta a su legado, a nuestro compromiso y objetivos de transformación revolucionaria y brindando total respaldo a las decisiones tomadas por la dirección de las FARC en esta coyuntura. 

El 27 de marzo, luego del deceso del Camarada Manuel, acordamos que solo a partir del 23 de mayo informaríamos sobre ello a los mandos y guerrilleros, a los amigos y conocidos y, a la opinión, mientras decidíamos lo necesario para garantizar la continuidad de los planes en curso, como efectivamente ocurrió. 

Redistribuimos funciones dentro del Secretariado y lo reajustamos al igual que al Estado Mayor Central, fortalecimos los Estados Mayores de los Bloques donde fue necesario, pasamos revista a la situación orgánica y al trabajo de masas, todo ello en medio de la permanente confrontación y cobijados con la indestructible coraza del secreto de los centenares de guerrilleros conocedores del fallecimiento de nuestro comandante en jefe. 

Y así, entre otras decisiones, definimos al camarada Iván Márquez como jefe de las relaciones internacionales del Estado Mayor Central y al camarada Pablo Catatumbo como nuevo jefe del Movimiento Bolivariano por la Nueva Colombia. 

Nuestro rico intercambio de opiniones frente a la actual situación ratificó el sagrado compromiso revolucionario de las FARC-EP, con su dirección a la cabeza, de mantener firme y muy en alto las banderas de la Nueva Colombia, la patria grande bolivariana y del socialismo; reafirmó la vigencia de todos nuestros planes político militares y de nuestra condición de combatientes de la paz democrática, es decir de la paz con justicia social, sin hambre, con empleo, techo, salud y educación para todos, con soberanía nacional y vigencia de una verdadera democracia política alejada de la violencia y de la corrupción administrativa. 

Valga recordar que las FARC nacieron hace 44 años como una respuesta popular y revolucionaria al terror institucional y para institucional del Estado, a la vergonzosa intromisión gringa en nuestros asuntos internos, al despojo de las tierras y su acrecentada concentración en unas pocas manos, a las profundas injusticias sociales existentes y a la voraz corrupción de la oligarquía, realidades todas que hoy perduran multiplicadas para desgracia de nuestro pueblo. 

Como revolucionarios queremos y luchamos la reconciliación de la familia colombiana y la construcción de un nuevo tejido social justo, pero la oligarquía, esa mezcla maldita de privilegiadas fortunas, inmensas haciendas, cunas de oro y poder político, no ha querido ni quiere compartir un ápice de sus privilegios con las mayorías del país. Por eso elude cualquier posibilidad sólida de acuerdos de paz. 

Camaradas: insistiremos cuantas veces sea necesario sobre nuestra disposición de concretar un acuerdo humanitario que fije unas reglas claras alrededor de la población civil de obligatorio cumplimiento para las dos partes y que, ante todo, priorice la libertad de los camaradas extraditados Sonia, Simón, Iván Vargas y de todos los prisioneros de guerra de uno y otro lado. 

Sin embargo, y no es un secreto, este gobierno no ha tenido el menor interés en concretarlo simplemente porque sería reconocer de facto, el estatus beligerante de una guerrilla revolucionaria a la que quiere satanizar. Por eso tanta disculpa, teorías absurdas, improvisaciones montajes, falsos positivos y temerarias órdenes de rescate que juegan con la vida de los prisioneros para satisfacción de los delirios de grandeza presidenciales. 

Pensó el gobierno que las decisiones unilaterales de las FARC- EP cuando liberamos 6 prisioneros a comienzos del presente año, eran debilidad y no demostraciones innegables de la voluntad que nos acompaña. 

A pesar de ello, nuestra propuesta de encontrarnos con el gobierno para precisar los términos de un acuerdo, continúa vigente así como la decisión de mantener comunicación y redoblar esfuerzos para que la reiterada generosidad de muchísimos gobiernos amigos de las soluciones políticas, finalmente logren hacer entender al régimen colombiano que negar el conflicto existente, tergiversar sus dimensiones y esconder su desgarradora realidad, no soluciona sino que agrava e incrementa los odios y las distancias. 

Persistiremos en nuestros esfuerzos por alcanzar la paz democrática por las vías civilizadas del diálogo tal como lo hemos hecho desde hace 44 años, porque es nuestra concepción revolucionaria, porque así son nuestros principios. El levantamiento armado, la guerra de guerrillas, la clandestinidad y la actividad conspirativa responden básicamente a la violencia institucional que desde la muerte del Libertador Simón Bolívar ejercen los poderosos contra las mayorías que han luchado por libertad, tierra, trabajo, justicia, democracia y soberanía. 

En la búsqueda de esos objetivos nunca desmayaremos. Nuestra palabra la respaldamos con la práctica diaria, en el crisol de la lucha cotidiana. Así nos lo enseñaron Bolívar, Manuel, Jacobo y todos los próceres y héroes de la historia patria. Hemos comprometido nuestra honra y vida en este empeño porque estamos seguros de la justeza y posibilidad real de materializar el sueño de una nueva Colombia. No nos arredran las dificultades, no nos amilanan las amenazas de la oligarquía que hemos escuchado toda la vida, no creemos en los llamados a la claudicación y a la indignidad, ni en los judas que aceptan las monedas de su oponente porque sobre esa moral nunca se construirá un mejor país, ni una sociedad pujante ni una familia solidaria. El valor a fundamentar como piedra angular debe ser el bien común sostenido sobre una ética transparente. 

Camaradas: los caminos que conducen al incremento de la lucha popular en sus más variadas formas y a la conquista del poder, nunca han sido fáciles, ni en nuestro país ni en ninguna otra parte del mundo, ni ahora ni antes. Solo la profunda convicción en la victoria, en la justeza, validez y vigencia de nuestros principios y objetivos y un monolítico esfuerzo colectivo, garantizarán el triunfo. A los reaccionarios que hacen cuentas alegres con las FARC les informamos que la intensidad de la confrontación nos ha fortalecido, hemos estrechado vínculos con las comunidades, sus organizaciones y las luchas populares, elevado la disciplina y el respeto por la población civil e incrementado nuestra cualificación y aprendizaje. Han caído guerrilleros porque así es la lucha, pero también su generosa sangre derramada es evidencia de nuestro total compromiso con el pueblo, otros camaradas ya cubrieron la trinchera y muchos más continúan llegando a filas, así fueron también la gesta de nuestra independencia y todos los procesos liberadores de la humanidad donde se desataron los demonios de la guerra.
 
Somos una fuerza revolucionaria con la suficiente historia, solidez y consistencia para superar el fallecimiento de nuestro Comandante en jefe porque el mismo nos instrumentó y contribuyó en el esfuerzo colectivo de consolidación política y militar. El Secretariado, el Estado Mayor Central, los Estados Mayores de los Bloques y frentes, los comandos de todo nivel, los mandos y combatientes de las FARC-EP garantizaremos el triunfo. 

Continuamos luchando por cumplir todos con los planes aprobados, manteniendo a fondo la práctica de la guerra de guerrillas móviles, incrementando nuestros nexos con la población civil y con el movimiento de masas que resiste la ofensiva del gran capital y de los terratenientes, intensificando el intercambio de opinión con todas las fuerzas interesadas realmente en las salidas políticas al conflicto y por alcanzar un gran acuerdo democrático y patriótico, ante el desmoronamiento de una institucionalidad fracturada irreversiblemente por el narcoparamilitarismo el autoritarismo totalitario y el arrodillamiento ante la Casa Blanca. 

Debemos invitar a las comunidades a denunciar la agresión militar del gobierno, que tras la máscara de la confrontación con la guerrilla, masacra civiles para presentarlos como guerrilleros, arrasa labranzas, campos y bosques de reserva con los bombardeos, genera desplazamiento posibilitando el despojo de tierras y a aterrorizando a quienes protestan a través de la amenaza directa, la agresión y el crimen. 

Y esforzarnos más por informar sobre los centenares de combates diarios que se libran en campos y ciudades porque el régimen esconde la terrible realidad de la guerra fratricida, de sus bajas y reveses, para transmitir un inexistente ambiente de control oficial en el territorio nacional. 

También rechazar la patraña montada alrededor de los supuestos computadores y archivos del Comandante Raúl Reyes, como maniobra y macabra manipulación reeleccionista que busca lesionar a quienes no comparten la estrategia presidencial de la llamada seguridad democrática tras la que se esconde el papel de “cabeza de puente” asignado por el pentágono norteamericano a nuestro país en sus planes de agresión militar contra los pueblos de América Latina buscando recuperar su deteriorada hegemonía imperial. 

La indignante decisión de levantar una base militar norteamericana en Colombia, las pretensiones de una segunda reelección, el cáncer de la narco para política que sumieron las instituciones en estado terminal y las propuestas consignadas en la Plataforma Bolivariana deben ser temas de encuentro y unidad, que alienten a los colombianos a la convergencia por la construcción colectiva y acordada de la paz. 

Camaradas: la espada de Bolívar permanece desenvainada y en manos de todos aquellos que como nosotros, no descansaremos hasta lograr la justicia social, la democracia y la soberanía soportes verdaderos de la convivencia con que soñamos todos los colombianos. 

Un fuerte apretón de manos para todos. . 

Por el Secretariado, 

Alfonso Cano. 

  

- le 5 juillet (mais le texte a été publié le 11 juillet  

1. La fuite des 15 prisonniers de guerre, mercredi dernier 2 juillet, a résulté directement de la conduite méprisable de Cesar et Enrique, qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance dont ils avaient été investis. 

2. Indépendamment d’un épisode tel que celui-ci, inhérent à toute confrontation politique et militaire faite de victoires et de revers, nous maintenons en vigueur notre politique tendant à concrétiser des échanges humanitaires qui permettent l’échange et en outre protègent les populations civiles des effets du conflit. Si le gouvernement devait persister dans la seule voie des opérations de sauvetage, il devrait assumer toutes les conséquences de sa décision téméraire et aventureuse. 

3. La lutte pour la libération de nos combattants politiques prisonniers -et des autres - figurera toujours à l’ordre du jour des unités des FARC, et particulièrement de leur direction. Tous, nous les portons dans notre esprit et dans notre cœur. 

4. En aucune partie du monde ni à aucun moment le chemin pour obtenir les transformations révolutionnaires n’a été facile, tout au contraire, et c’est pour cette raison que notre engagement se renforce avec chaque nouveau défi ou difficulté. 

5. La paix que nécessite la Colombie doit être le résultat d’accords qui bénéficient à la majorité, elle ne sera pas la paix des tombeaux fondée sur la corruption, la terreur d’Etat, la félonie et la trahison. Les causes pour lesquelles luttent les FARC-Armée du peuple demeurent en place, le présent est à la lutte et l’avenir est à nous. 

Secrétariat de l’Etat-major central des FARC-Armée du peuple 

Montagnes de Colombie, le 5 juillet 2008  

LE MEDIATEUR SUISSE JEAN-PIERRE GONTARD FAIT L’OBJET D’UNE ENQUETE EN COLOMBIE

 

  

16 JUILLET 2008 

 

Le procureur général colombien, Mario Iguaran, a annoncé l’ouverture d’une enquête contre le médiateur suisse dans l'affaire des otages, Jean-Pierre Gontard, accusé d'avoir remis 500.000 dollars à la guérilla des Farc.

 

“Il existe des éléments dans cette enquête qui nous permettent de considérer qu'il (ndlr: le médiateur suisse) pourrait être l'auteur (d'un délit) ou avoir participé à une association de malfaiteurs”, a déclaré Mario Iguaran à la chaîne privée de radio W.

 

Le procureur général a expliqué qu'il avait pris cette décision sur la base des déclarations du ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, qui a accusé Jean-Pierre Gontard d'avoir remis en mars 500.000 dollars à un correspondant des Farc au Costa Rica.

 

Le ministre colombien avait également indiqué que le nom de Gontard figurait à de nombreuses reprises sur l'ordinateur de Raul Reyes, le numéro deux des Farc éliminé par l”armée colombienne le 1er mars lors d'une incursion en territoire équatorien.
Le 7 juillet le gouvernement colombien avait annoncé qu'il rechercherait désormais un “contact direct” avec les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pour obtenir la libération des otages car il avait “perdu la confiance” dans les médiateurs européens.
“Le président (colombien Alvaro Uribe) a dit clairement à M. Jean-Pierre Gontard et à M. Noël Saez (les médiateurs suisse et français pour un accord avec la guérilla), qui se trouvaient à Bogota, que le gouvernement colombien n'a pas confiance dans leur travail”, avait affirmé le Haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo.
“Je crois que le travail pendant de nombreuses années des deux facilitateurs n'a, au delà de leur bonne volonté, produit aucun résultat, et en plus ces derniers ont été manipulés par les Farc”, avait-il ajouté.
La Suisse a rejeté dimanche les accusations de la Colombie contre son émissaire.

LES FARC SE CONTREDISENT : LE NON A UN DIALOGUE AVEC URIBE EST DEVENU OUI APRES L’OPERATION « JAQUE »

 

16 JUILLET 2008 

 

 

Voici les communiqués de la guérilla avant et après l’Opération Jaque, survenue le 2 juillet 2008, avec la libération de 15 otages dont Ingrid Betancourt :

:

 

- Le 26 juin (mais le texte est publié ce 15 juillet) - La guérilla des Farc refuse de négocier un accord de paix avec le gouvernement colombien du président Alvaro Uribe et demande à rencontrer le président du Nicaragua Daniel Ortega, selon un message diffusé mardi par la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur.
“Sur ces affaires de guerre et de paix, nous souhaitons parler personnellement avec vous ou à vos émissaires”, indique le message adressé au président Ortega, daté du 26 juin dernier et signé par le secrétariat de l'état-major central des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
“Seul un nouveau gouvernement, véritablement démocratique, issu d'un grand accord national pourrait à nouveau emprunter la voie vers une solution politique au conflit social et armé que connaît la Colombie“, souligne le texte écrit avant la libération de 15 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, le 2 juillet à la faveur d'une opération de l'armée colombienne. 

 

- le 5 juillet (mais le texte a été publié le 11 juillet 

1. La fuite des 15 prisonniers de guerre, mercredi dernier 2 juillet, a résulté directement de la conduite méprisable de Cesar et Enrique, qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance dont ils avaient été investis. 

2. Indépendamment d’un épisode tel que celui-ci, inhérent à toute confrontation politique et militaire faite de victoires et de revers, nous maintenons en vigueur notre politique tendant à concrétiser des échanges humanitaires qui permettent l’échange et en outre protègent les populations civiles des effets du conflit. Si le gouvernement devait persister dans la seule voie des opérations de sauvetage, il devrait assumer toutes les conséquences de sa décision téméraire et aventureuse. 

3. La lutte pour la libération de nos combattants politiques prisonniers -et des autres - figurera toujours à l’ordre du jour des unités des FARC, et particulièrement de leur direction. Tous, nous les portons dans notre esprit et dans notre cœur. 

4. En aucune partie du monde ni à aucun moment le chemin pour obtenir les transformations révolutionnaires n’a été facile, tout au contraire, et c’est pour cette raison que notre engagement se renforce avec chaque nouveau défi ou difficulté. 

5. La paix que nécessite la Colombie doit être le résultat d’accords qui bénéficient à la majorité, elle ne sera pas la paix des tombeaux fondée sur la corruption, la terreur d’Etat, la félonie et la trahison. Les causes pour lesquelles luttent les FARC-Armée du peuple demeurent en place, le présent est à la lutte et l’avenir est à nous. 

Secrétariat de l’Etat-major central des FARC-Armée du peuple 

Montagnes de Colombie, le 5 juillet 2008 

 

OPERATION “MISE EN ECHEC”: UN ARTICLE DE MARIO VARGAS LLOSA (El Pais de Madrid)

Voici ce papier traduit par Colibri: 

Opération ‘Mise en échec’

Le président colombien, Álvaro Uribe, est le véritable héros de la libération d’Ingrid Betancourt et de 14 autres otages des FARC. Peu de gens lui reconnaissent ce mérite.

Par MARIO VARGAS LLOSA, le 13 juillet 2008

La libération d’Ingrid Betancourt, et celle de 3 Nord-américains et 11 militaires colombiens otages des FARC depuis plusieurs années, est un fait d’armes digne du cinéma -l’habileté, l’audace et la perfection de l’opération de sauvetage font penser aux prouesses de Jack Bauer, le héros de ‘24 heures chrono’ -, pour lequel il faut féliciter, avant tout autre, le président Álvaro Uribe, ensuite son ministre de la défense, Jan Manuel Santos, ainsi que les officiers de renseignement anonymes des Forces armées de Colombie qui l’ont conçu et exécuté.

Cela paraît une évidence, mais ce n’est en pas une, car toute personne ayant feuilleté la presse et écouté les radios et télévisions ici en Europe au cours de la semaine dernière, dirait que le vrai héros de cette opération a été le président français, Nicolas Sarkozy, qui, sans être intervenu en rien dans l’opération ‘Mise en échec’ – ainsi que ce sauvetage a été baptisé – si ce n’est pour y faire obstruction et la retarder, est celui qui, jusqu’à maintenant en a tiré le plus grand bénéfice publicitaire. Mais - nous le savons déjà - la politique et les hommes politiques sont ainsi.

L’opération de sauvetage ne met pas seulement fin aux indescriptibles souffrances auxquelles ont été soumis tout au long de bien des années Ingrid Betancourt et ses compagnons de captivité aux mains de l’organisation narcoterroriste que sont devenues les FARC. Elle met en outre en évidence la nature criminelle et sadique de cette guerrilla, dont hier encore à peine le président Chávez, du Venezuela, avec d’amples appuis en Amérique latine et en Europe, demandait la légitimation politique internationale et le retrait de la liste des partis, mouvements et groupuscules terroristes sur laquelle elle figure en bonne place, dans l’Union européenne, aux Etats-Unis et dans la communauté des pays démocratiques. Après avoir écouté le témoignage d’Ingrid Betancourt elle-même sur les conditions dans lesquelles s’est passé sa captivité, et sur la conduite et les comportements de ses bourreaux, on espère que personne –sauf à être imbécile ou complice, cela s’entend – ne prétendra encore présenter les FARC comme un mouvement romantique d’idéalistes ayant pris les armes pour lutter en faveur de la justice et de l’égalité de tous les Colombiens.
Mais la conclusion politique la plus importante qu’on doive tirer de l’opération ‘Mise en échec’, c’est la lucidité de perspective et le courage de ce grand homme d’Etat latino-américain qu’est Álvaro Uribe, le premier dirigeant colombien qui, affrontant pour cela non seulement ses ennemis naturels – la guerrilla terroriste, l’extrémisme anti-démocratique, les communistes, Cuba, le Venezuela de Chávez et l’internationale des idiots utiles au service de la révolution pour l’Amérique latine – mais également les gouvernements et partis démocratiques d’une bonne partie du monde qui l’ont diabolisé et harcelé sans trêve durant toutes ces années, a démontré au cours des derniers mois que les FARC n’étaient pas invincibles, pas même populaires, et qu’elles pouvaient être défaites militairement, avec l’approbation et la collaboration déterminée du peuple colombien. Rien d’étonnant à ce qu’Uribe, dont la discrétion et le quasi-mutisme après le sauvetage ont été presque complets, a la différence de l’exploitation frénétique qu’en a fait le président français, jouisse aujourd’hui d’une cote de popularité de 90%, assurément le pourcentage de soutien à un dirigeant démocratique le plus élevé dans le monde entier.

Dans les dizaines d’articles et de commentaires traitant de la libération d’Ingrid Betancourt que j’ai vus, lus ou entendus dans la presse au cours de la semaine, je n’en ai pas vu un seul qui ait rappelé l’insolence et l’insistance avec lequel le gouvernement français a exigé du président colombien qu’il évite les actions militaires contre les FARC, qu’il donne des preuves d’apaisement et de bonne volonté à l’égard de cette bande d’assassins, de tortionnaires, de preneurs d’otages et de narcotrafiquants qui se niche sous ce sigle, jusqu’à libérer l’un de ses hiérarques, pas un seul qui ait rappelé les sympathies qu’avaient suscitées dans la communauté internationale l’ingérence du président Chávez du Venezuela et ses affirmations selon lesquelles lui seul était capable d’obtenir la libération de otages aux mains des FARC (ses amis et complices, ainsi que l’ont démontré les ordinateurs saisis dans le campement de Raúl Reyes).
Nul ne se souvient, apparemment, que le Parlement européen a commis l’ignominie, il y a quelques années à peine, de recevoir le président Uribe comme un ennemi des droits de l’homme, avec une forêt de panneaux offensants, brandis par des députés socialistes, communistes, et même quelques libéraux ; ni qu’Al Gore, lorsqu’il était vice-président des Etats-Unis, a refusé de s’entretenir avec lui, alléguant les mêmes raisons. L’Amérique latine a toujours servi à des politicards européens et nord-américains et à bon nombre d’intellectuels, prétendus démocrates, à se donner, sans risque aucun, un déguisement progressiste et une bonne conscience révolutionnaire. Il est certain que la capacité de l’extrémisme anti-démocratique de gauche à discréditer et à diaboliser ses adversaires est quasi-infinie, et, de ce fait, bon nombre de gouvernants et d’hommes politiques latino-américains, craignant d’être les victimes de ces campagnes de diffamation montées par l’extrême-gauche, cèdent et se laissent manipuler par de prétendues forces populaires qui, souvent, comme les FARC, s’avèrent au final des géants aux pieds d’argile.
Le président Álvaro Uribe n’appartient pas à cette classe d’hommes politiques prêts à tous les accommodements, pusillanimes et dépourvus de principes qui abondent tant en Amérique latine. Depuis sa prise de fonction, il a indiqué de manière très claire qu’au nom de la légalité et de la démocratie, il combattrait la guerrilla terroriste avec détermination, tout en lui laissant toujours une porte ouverte pour négocier sa reddition. Ni les campagnes fantastiques lancées contre lui en Colombie et à l’étranger, ni les attentats contre sa vie, ne l’ont fait dévier d’un millimètre de cette ligne de conduite, très vite adoptée par des pans de plus en plus larges de la société colombienne, à mesure que, par suite de cette politique, l’Etat récupérait les routes et des régions entières du pays, et qu’un sentiment d’espoir s’enracinait dans la population. L’opération ‘Mise en échec’ constitue le point culminant de ces progrès dans la lutte contre la barbarie et la terreur, et un exemple de ce que doit être la conduite d’un gouvernement démocratique face à ceux qui ont déclenché une guerre à mort contre la démocratie et la liberté.

La lutte d’Uribe contre la terreur a été livrée sans entamer le moins du monde la liberté de la presse, l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’opposition parlementaire et extra-parlementaire, dans le même temps qu’était accompli un effort continu pour désarmer les forces paramilitaires et combattre la corruption, malheureusement très étendue dans l’appareil politique et l’Etat, jusque dans son propre entourage. Bien qu’il y ait eu des erreurs et des échecs, dans ces domaines aussi les progrès ont été considérables, ainsi que peut s’en rendre compte toute personne qui se rend en Colombie, voyage dans le pays et parle avec les gens, pour autant qu’elle le fasse avec l’esprit ouvert et sans préjugés. C’est ce que j’ai fait moi-même plusieurs fois au cours de ces années, et j’ai eu chaque fois l’impression de progrès considérables, et que non seulement l’espoir, mais également les institutions et l’économie s’amélioraient, tandis que les FARC perdaient du terrain. C’est pour cela qu’il m’apparaissait comme une injustice atroce que le dirigeant démocratique qui défendait la liberté en Amérique latine avec le plus de talent et de courage reçut sur la scène internationale moins de considération et de respect que des démagogues pittoresques et ruineux pour leur propre pays tels qu’Evo Morales ou Hugo Chávez.

Les choses changeront-elles désormais ? Gageons qu’au moins quelques ingénus ouvriront les yeux et comprendront réellement ce qui se passe en Colombie. Que la libération d’Ingrid Betancourt et de ses 14 compagnons de martyre n’a pas résulté d’un hasard ni d’un miracle, mais d’une politique intelligente, audace et ferme pour défendre la liberté. La seule politique que puisse envisager un gouvernement démocratique qui ne souhaite pas se suicider et livrer le pays à l’absolutisme et à la terreur.

Que va-t-il se passer maintenant ? S’il souhaitait se faire élire une troisième fois, Uribe y parviendrait avec une facilité déconcertante. Espérons qu’il ne le fera pas et qu’il se retirera au terme de son mandat, pour qu’on ne dise pas de lui que sa soif de pouvoir a brouillé le formidable travail réalisé. Il sait maintenant qu’il y a bien en Colombie quelqu’un qui puisse le remplacer avec succès au service de la politique qu’il a conduite. Juan Manuel Santos, son ministre de la défense, a été pendant tout ce temps un collaborateur loyal et aussi ferme que lui dans l’atteinte de l’objectif, qui est la pacification de la Colombie et la consolidation de sa démocratie. L’une comme l’autre sont aujourd’hui plus proches que jamais elles ne l’ont été au cours des dernières décennies.

LE GEOLIER D’INGRID DEMENT AVOIR TRAHI LES FARC

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15 juillet 2008 

 

« César » (photo), le geôlier d’Ingrid Betancourt, des trois Américains et des 11 autres otages des FARC libérés le 2 juillet par les services secrets colombiens, n’a pas trahi la guérilla, contrairement à ce que veut faire croire l’état-major des rebelles. 

 

C’est ce que vient de révéler l’avocat de César, Me Rodolfo Rios. Dans sa déclaration transmise à la justice, le guérillero “assure qu'à aucun moment il n'a trahi les Farc, et que tout le monde sait que l’opération Jaque (mise en échec) est le fruit d'une opération de renseignement militaire poussée, surtout dans l'interception des communications téléphoniques”, a précisé l'avocat. 


L'opération de libération des otages, attribuée par le gouvernement colombien à une “opération de renseignement militaire impeccable”, a permis d'arrêter les deux principaux responsables des Farc chargés de surveiller les otages, Gerardo Aguilar et Alexander Farfan, alias “Enrique gafas”.

 

“La fuite des 15 prisonniers de guerre, le mercredi 2 juillet, a été la conséquence directe de la conduite méprisable de +Cesar+ et d'+Enrique+ qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance qui leur a été accordée”, avaient affirmé les Farc dans un communiqué daté du 5 juillet. 


Les deux guérilleros, qui ont également démenti avoir reçu de l'argent du gouvernement colombien, ont déjà fait l'objet de demandes d'extradition par les Etats-Unis, qui les accuse de l'enlèvement des trois citoyens américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, retenus durant cinq ans et quatre mois.

 

Le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a estimé qu'”au lieu d'accepter la défaite avec dignité, les Farc rejettent leurs propres hommes”. 

MI ENTREVISTA CON “CONEXION COLOMBIA” / MON INTERVIEW A “CONEXION COLOMBIA” (por Natalia Gnecco)

Por: Natalia Gnecco
natalia_gnecco@yahoo.com

Entrevista a Jacques Thomet

Jacques Thomet periodista francés, ex director de la Agencia de prensa Francesa AFP durante 32 años, autor del controvertido libro sobre Ingrid Betancourt “Razón del Corazón o Razón de Estado” licenciado en historia y graduado del Centro de Formación de Periodistas (CFJ), cuenta con una amplia trayectoria periodística en Cuba, Washington, Paris, Brasil, Colombia, Venezuela y Ecuador. Después de su más reciente publicación AFP Los soldados de la Información, abrió un blog en Internet desde donde pretende combatir la manipulación de los medios de comunicación. Jacques habló en exclusiva desde España para Conexión Colombia sobre la noticia más publicitada en estos momentos: Ingrid Betancourt.

C.C ¿En qué consiste la investigación que podría hacer el Parlamento Francés sobre el caso Betancourt?

La Asamblea Nacional Francesa tiene todo el derecho de abrir una Comisión de investigación parlamentaria (Commission d’enquête parlementaire) para estudiar porqué, cómo y cuánto dinero del erario público se gastó desde el 2002 para intervenir en Colombia y en Francia a favor de la liberación de la Colombiana Ingrid Betancourt. El gobierno francés no hizo nada a favor de Aïda Duvaltier, la Francesa secuestrada por la guerrilla colombiana en el 2001, quien murió en cautiverio en el 2006 después de haber sustituido a su marido secuestrado porque era enfermo del corazón. El contribuyente francés tiene todo el derecho de saber las razones por las que Francia envió un Hércules C-130 hacia Manaos (Amazonas Brasilero) con 11 espías a bordo en julio del 2003 para intentar sacar a Ingrid Betancourt de la selva, sin ningún éxito, bajo la orden del entonces canciller francés Dominique de Villepin (Primer Ministro después, del 2005 a 2007). También debe saber porqué, y a qué costo, Bernard Kouchner, canciller francés, envió un avión de la fuerza aérea francés Falcon-50 en abril del 2008 hacia Bogotá, otra vez sin éxito alguno, para una supuesta ayuda a Ingrid Betancourt, aparentemente enferma de “hepatitis B, leishmaniasis y paludismo”, lo que era falso, como lo confirmó el chequeo médico que recibió ella en el hospital Val de Grâce en Paris esta semana.

C.C Para nadie es desconocido que Francia es un país defensor número uno de los derechos humanos, sin embargo, muchos periodistas canadienses e incluso franceses residentes en Québec no alcanzan a entender porqué hay tanto interés por parte del Gobierno Francés en la liberación de Ingrid Betancourt y cuál es la relación de ella con Francia

El tema Ingrid se volvió un asunto “afectivo y sentimental”, como lo reconoció el ex-embajador francés en Bogotá, Camille Rohou. Ingrid fue una amiga muy cercana a Dominique de Villepin cuando este fue su profesor en ciencias políticas en Paris en el 1981. Su hermana Astrid Betancourt fue amante de Daniel Parfait, embajador francés del 2000 al 2004 en Colombia, quien se divorció de su esposa para luego casarse con esta señora. Se trata a todos los niveles de un conflicto de interés mayor, que debe investigar tal Comisión de Investigación Parlamentaria, si un día la nombran.

C.C. ¿Qué opina usted del cubrimiento de los medios de comunicación franceses sobre la liberación de Ingrid Betancourt y su regreso a Paris después de su cautiverio?

Fue una cobertura parcial, sin distanciarse, bajo el efecto emocional de la liberación, con medios que casi nunca, en los seis últimos años investigaron sobre este conflicto de interés, y dejaron creer que el secuestro de Ingrid era responsabilidad del gobierno colombiano, cuando eran las FARC las que la martirizaban. Nunca la guerrilla aceptó el dialogo propuesto por Alvaro Uribe. Peor todavía, el gobierno francés actuó permanentemente en contra del presidente colombiano en declaraciones públicas, exigiéndole desistir de cualquier intervención militar para liberar a Ingrid. La liberación de Ingrid y de otros 14 rehenes en la Operación Jaque fue, además de un total éxito, una bofetada contra el gobierno francés en este sentido, ya que fue una obra de los servicios secretos del Ejercito colombiano. Hay que recordar que en su video del 30 de agosto del 2003, Ingrid había pedido a Uribe mandar un comando para liberar los rehenes, incluso a ella, pero los medios nunca recordaron este hecho. Yo no me cansé de decirlo en mi blog.

C.C Es cierto que alguien trató de intimidarlo recientemente para que no diera su punto de vista sobre todo el asunto que rodea la liberación de Betancourt?

Si, en el canal I-Televisión, un tal Olivier Roubi, miembro de los Comités Betancourt en Paris, pidió en directo a este canal no darme más la palabra. Estuve varias veces censurado en otros canales, como en TF1, el mayor de ellos en audiencia, porque yo criticaba a Dominique de Villepin. También me intentó intimidar en Colombia el ex-rehen Luis Eladio Pérez (hoy refugiado en Miami en extrañas circunstancias), diciendo a Radio Caracol que “un periodista francés” (era yo) tenia que “temblar” porque Ingrid me iba a demandar por mi libro. Ni tiemblo ni tengo miedo al respecto. Todas las últimas noticias, que relato en mi blog (www.jacquesthomet.unblog.fr), me dan la razón sobre la familia Betancourt y el poder francés. Espero que me persigan, con mucho interés…

C.C Qué opinión le merece la columna de su coterránea francesa Florence Thomas en El Tiempo “palabras para un viaje de regreso”?

¿Cómo se puede comparar este cautiverio con el holocausto que vivieron Primo Levi y Simone Veil? No tiene nada que ver.

C.C. ¿Qué piensa del cambio de posición de la familia Betancourt con respecto al Presidente Uribe? ¿Cree usted que de alguna manera ellos han manipulado la opinión pública en Francia?

Ingrid dijo y sigue diciendo todo lo contrario a lo que dice su familia sobre Uribe, apoyando su reelección, cuando su madre y su hermana no pararon durante seis años de criticar al presidente colombiano y de defender las FARC. La prensa francesa se dejó manipular por los Delloye y Betancourt sin el menor espíritu critico.

C.C ¿Qué piensa sobre la propuesta de la Presidenta de Chile sobre proponer a Ingrid Betancourt como Premio Nóbel de la Paz?

Si un Premio Nóbel de la Paz es merecido, es para todos los secuestrados, y/o Herbin Hoyos, este héroe quien diariamente da la palabra a las familias de los rehenes desde su programa de radio “la Voz del Secuestro”

C.C ¿Cuál cree usted que serán las opciones o retos a las cuales se enfrenta Ingrid Betancourt en el futuro?

La actitud de Ingrid, quien se queda en Francia en lugar de estar presente en su país, es ya muy mal percibida. Nadie entiende porqué no participará en la marcha del 20 de julio en Bogotá para exigir la liberación de todos los rehenes de las FARC. Ni tiene 8% de intención de votos en los últimos sondeos en Colombia, contra 73% por Álvaro Uribe. Me parece que ella intentará entrar en la política francesa, como diputada de los Verdes. Quien sabe si Sarkozy no la nombrará Ministra…

Quiero agregar que lamento mucho la manera como Paris trató a Colombia durante seis años a raíz del tema Ingrid, como si fuera una dictadura, cuando no hay un país más democrático, digno y trabajador en América Latina. Incluso el “cantor” francés (que habla y no canta) Renaud calificó a Uribe de “fascista” en el 2006.Si hubo una República Bananera en este asunto, fue Francia con su desfachatez frente al drama colombiano.

Además, no aceptaré nunca que autores de crímenes de lesa humanidad como los de las FARC puedan un día llegar a Francia como asilados políticos, como ya lo propusieron el Primer Ministro François Fillon, y el Presidente Nicolás Sarkozy. Estos criminales tienen que sentarse un día en el banquillo de la Corte Penal Internacional de La Haya.

L’AFFAIRE BETANCOURT : QUEL EN A ETE LE COUT POUR LA FRANCE ?

 

  

14 juillet 2008 

 

Depuis 2002, la France a dépensé une fortune, aux frais du contribuable, pour tenter de faire libérer la Colombienne Ingrid Betancourt. Cette ex-candidate à la présidence de la Colombie a été libérée grâce à une intervention spectaculaire d’agents secrets colombiens le 2 juillet, alors que Paris n’avait cessé de s’opposer à une telle opération. 

 

Le moment est venu d’évaluer ces débours et manque à gagner. Les spécialistes sont invités à donner ou à affiner les évaluations sur chacun des chapitres suivants: 

 

-        Opération 14 juillet 2003 en Amazonie (envoi par D. de Villepin d’un Hercules C-130 de Paris à Manaus avec 11 espions à bord pendant une semaine, suivie d’un fiasco dans la tentative de ramener Ingrid) : 

              - carburant aller et retour :  

              - frais de stationnement sur l’aéroport : 

              - per diem des 11 agents 

              - frais à l’hôtel Tropical de Manaus/ chambres : 

              - location d’un avion en Amazonie : 

              - location d’une vedette : 

              - salaires et indemnités des agents sur une semaine : 

              - frais d’essence et taxis à Paris et Manaus : 

 

-        Opération Falcon 50 en avril 2008 : 

              - Carburant du premier voyage Paris-Cayenne aller/retour : 

              - Carburant du 2e voyage Paris-Bogota aller/retour : 

              - Frais à l’hôtel de Bogota de la mission 

              - frais de taxis 

              - per diem 

              - Indemnités de mission 

 

-        Opération du 4 juillet 2008/ Airbus spécial Ingrid Paris-Bogota : 

              - coût total 

 

-        30 déplacements (ou plus) de Noël Saez entre Paris et la Colombie : 

              - Billets d’avion : 

              - Taxis Paris et Bogota 

                   - Billets lignes intérieures 

                   - Frais bateaux 

                   - Frais d’hôtel : 

                   - per diem 

                   - primes extra durant 4 ans (Saez en retraite depuis 2004) : 

 

-        Deux déplacements de Bernard Kouchner à Bogota et Caracas : 

              - mêmes frais (sauf primes extra et bateau) 

              - mêmes frais pour les membres de la délégation (dont Daniel                  Parfait) 

 

-        Déplacements d’autres agents de la DGSE et de diplomates : 

              _ mêmes frais 

 

-        Frais à Paris : 

              - téléphones 

              - invitations 

              - versement de subventions aux comités et ONG 

              - déplacement de comités à Bogota 

              - déplacements de la famille Delloye-Betancourt 

              - hôtel Raphael du 4 au 8 juillet 

 

-        Manque à gagner : 

              - en contrats d’armement avec Bogota : plus de 700 millions $ 

               

-        Rançon ??? 

14 JUILLET 2008: RESTRICTIONS BUDGETAIRES, MAIS PAS A PARIS

Un billet de Géraldine: 

Tandis que les ambassades de France à l’étranger restreignent leurs invités pour des raisons budgétaires:

exemples:
COLOMBIE:
“Fête nationale : nouvelles dispositions
En raison de restriction budgétaires, le Ministère des Affaires étrangères et européennes a été conduit à prendre de nouvelles dispositions pour la réception du 14 juillet : celle-ci sera désormais de moindre ampleur et les ressortissants français n’y seront plus admis systématiquement.
Les membres de la communauté française de Bogota en ont été informés personnellement dès le mois d’avril, afin qu’ils puissent s’organiser, s’ils le souhaitent, pour fêter le 14 juillet à leur propre initiative, comme le font déjà nos compatriotes dans plusieurs villes de Colombie.”

CHILI:
“La réception officielle à la Résidence de l’Ambassadeur de France au Chili s’adressera cette année, en raisons de restrictions budgétaires qui s’appliquent à l’ensemble des ambassades de France à l’étranger, exclusivement et sur invitation, aux principales autorités chiliennes et étrangères et aux Français ayant des fonctions de représentation au sein de la communauté française.”

ARGENTINE:
Pour répondre à une instruction du Ministre des Affaires Etrangères et européennes, dictée par un souci d’économie des deniers publics, seules les personnes ayant reçu un carton nominatif seront invitées à la réception. Ce carton, qui devra être présenté à l’entrée, ne donnera accès qu’à une seule personne,

je suis rassurée de voir que toute la famille Betancourt: la Sainte, le fils, la fille, la mère, la nièce, le neveu, l’ex-mari, eux ont eu droit d’aller à la garden party de l’Elysée (manque le mari en titre de Mme Ingrid, et le mari en titre de Mme Astrid, mais fi des pièces rapportées)

Comme d’hab, il y a les Français et les Betancourt

le 14 juillet, ce n’était pas la Fête de la fin de la Royauté ???

POUR VINCENT PORTIER

14 JUILLET 2008

Essaie d'éviter d'inonder ce blog de commentaires délirants. Si c'est de l'humour, personne ne le comprend…

 

LA LEGION D’HONNEUR…

14 juillet 2008

Le président français est en train de remettre la légion d'honneur à Ingrid Betancourt en ce jour de la Fête nationale de la France. Sa mère, Yolanda Pulecio, l'avait obtenue le 14 juillet 2003 à l'ambassade de France à Bogota, des mains de Daniel Parfait.

A quel titre ?

Si l'ex-candidate à la présidentielle de Colombie est vraiment française, cette décoration n'est-elle pas méritée par ses sauveteurs ? Ils sont Colombiens, et n'ont pas été invités au palais de l'Elysée.

C'est à eux que je dédie la “médaille” de ce blog. Ils ont risqué leur peau pour la sauver de la barbarie des FARC. Bravo à eux !

 

 

La terrible histoire de l’otage des FARC qui a décidé de se laisser mourir (tiré de Clarin)

Voici une traduction par Colibri de cet article de Clarin (quotidien argentin): 

C’était le capitaine Julian Guevara. L’un des otages libérés en même temps qu’Ingrid a remis à sa mère le journal qu’il avait tenu.

Par Pablo Biffi, Clarin, le 6 juillet 2008

Ingrid Betancourt s’est penchée à son oreille pour lui dire qu’elle avait appris de son père à ne jamais fléchir et qu’elle devait être fière de lui. Ensuite, le sergent John Jairo Durán a pris la parole et – visiblement ému – a dit que dans un moment aussi spécial que celui-ci, il voulait se souvenir du capitaine de la police Julián Ernesto Guevara. Ana María, sa fille de 16 ans, n’a pas pu retenir ses larmes lorsque l’ancienne candidate à la présidentielle lui a caressé le visage. Et Emperatriz Guevara, la mère, a senti son cœur se briser lorsque le compagnon de captivité de son fils durant six ans s’est souvenu de lui devant le président Uribe au Palais présidentiel, le jour même où ces deux otages ont été libérés.

‘Julian est toujours otage, il est toujours séquestré’, a témoigné à Clarin Emperatriz Guevara, une femme menue et chaleureuse qui approche des 70 ans, remplie de douleur pour l’absence de son fils. Julian Ernesto Guevara est né le 4 août 1966 au matin à Bogotá. Il était si noir qu’il ressemblait à San Martín de Porres, le saint noir de l’ordre des dominicains, né à Lima en 1579. Depuis l’enfance déjà, il voulait étudier pour devenir policier –se souvient Emperatriz – et il y est parvenu un après avoir achevé le collège. A sa sortie de l’académie de police, il a été affecté à différents endroits, jusqu’à ce qu’il soit envoyé à Mitú, la capital du département du Vaupés, une zone couverte de jungle dans le sud du pays. C’était en 1997, deux ans avant la matinée tragique du 1er novembre 1999.

Ce jour-là, plusieurs centaines de guerrilleros des FARC, qui dépassaient au moins trois fois les forces de sécurité de la zone en effectifs, en armement et en munitions, ont littéralement rasé la ville, laissant des centaines de morts – le chiffre exact n’a jamais vraiment pu être établi – de blessés et de prisonniers. Ce fut un des assauts les plus sanglants du conflit intérieur colombien.

Celui qui était encore le major Guevara, spécialiste en contre-insurrection, était le commandant opérationnel de la police de Mitú; il dut se rendre après plus d’un jour de combat, alors qu’il ne lui restait plus ni forces ni munitions pour continuer à se battre. Un jour après la prise de la ville, l’auteur de cet article l’a parcourue, détruite par les bombardements avec des bombonnes de gaz, le fleuve Vaupés charriant encore les morts dans les courbes de son lit.

‘Le 17 décembre de cette année, un mois et demi après l’attaque, nous avons su qu’il était vivant et qu’ils l’avaient emmené en otage. Nous avons reçu une photo, celle-ci’ indique Emperatriz en montrant le cadre photo posé sur une table, à côté d’une Vierge et d’un vase rempli de fleurs, dans son appartement simple et chaleureux de Bogota.

Julian Guevara avait alors 33 ans et une fille, Ana María, qui allait sur ces sept ans, se souvient Emperatriz, qui a par ailleurs neuf autres enfants, et qu’accompagnent aujourd’hui Pilar et Claudia et plusieurs petits-enfants qui courent dans la maison.John Jairo Durán, parce qu’en outre il m’a raconté qu’il n’était pas seulement son ami, mais que dans la jungle ils étaient devenus comme des frères’, raconte-t-elle.Ana María fêtait ses 14 ans. Ce jour-là, un groupe de membres des familles des policiers et des militaires aux mains de la guerrilla est arrivé à son domicile et, en voyant leur visage, elle a compris ce que son cœur de mère lui avait annoncé peu de temps auparavant : son fils était mort en captivité, le 28 janvier de cette année-là, selon un communiqué officiel des FARC.

Pour le sergent Durán, Julián Guevara est mort le 20 de ce mois. ‘Je le sais parce qu’il est mort dans mes bras à 3 heures et demi du matin’ a-t-il raconté à Emperatriz, dès qu’il a pu la prendre dans ses bras, après sa libération, mercredi dernier.

Le soir de ce mercredi, au Palais présidentiel, Durán a raconté avec un nœud dans la gorge que le capitaine Guevara s’était laissé mourir, sans pratiquement manger, pour ne pas fléchir face aux humiliations de ses geôliers, qui exigeaient de lui, parce qu’il était un officier supérieur, qu’il les suppliât de lui donner sa nourriture ou qu’il insultât la police nationale. ‘Savoir cela m’a rempli de fierté, parce que je sais que Julián n’aurait jamais permis qu’on maltraite ses hommes ou qu’on les humilie. C’était ça, mon fils’ dit Emperatriz avec les yeux baignés de larmes.

Au-delà de l’honneur rendu à la personne de Julián, le sergent Durán a raconté à Emperatriz qu’il avait conservé durant plus de deux ans, depuis ce matin de janvier 2006, les cahiers personnels dans lesquels le capitaine faisait le récit de ses journées dans la jungle. Et qu’à la demande du commandant de la Police, il les lui remettrait au cours d’une cérémonie officielle, au cours des prochains jours, en hommage à son fils, un héros pour l’institution.

‘J’ai hâte de les avoir. Ces cahiers, ce sera comme avoir avec moi une partie de lui. Mais je ne reposerai en paix que le jour où l’on me rendra son corps, pour pouvoir l’enterrer comme il le mérite. Jusqu’à ce que cela se produise, mon fils continuera à être un otage, ‘conclut Imperatriz.

EXPLOSIF: UNE ENQUETE DE EL TIEMPO SUR LE ROLE DE SAEZ ET GONTARD CHEZ LES FARC

13 juillet 2008 

  1. TRADUCTION LIBRE de COLIBRI
    ________________________
  2. LE GOUVERNEMENT PENSE QUE LE MEDIATEUR SUISSE AURAIT MEME SERVI JUSQU’A ENVOYER DE L’ARGENT A DES MEMBRES DES FARC EN SUISSE
  3. Entre autres, il a transporté dans ses poches diplomatiques 2 000 dollars pour Ómar Zabala, alias ‘Lucas Gualdrón’, principal représentant de FARC en Suisse.
    Pour le gouvernement Uribe, Jean-Pierre Henri Gontard, l’émissaire envoyé en Colombie par les gouvernements français et suisse pour effectuer une médiation avec les FARC, s’est tellement rapproché d’elles qu’il a fini par leur suggérer des ‘actions politiques’ pour négocier avantageusement.
  4. Un courrier de 2002, signé par ‘Juan Antonio’ (pseudonyme), indique que l’émissaire suisse les avait prévenus que l’arrivée au poste de premier ministre français de Dominique de Villepin – ami d’Íngrid Betancourt- constituait le moment pour engager ‘des actions politiques et augmenter la division d’avec les Etats-Unis’ sur le sujet de l’exclusion des FARC de la liste des organisations terroristes. Pour des représentants du gouvernement Uribe, il est clair que ces instructions de Gontard allaient au-delà de sa mission.
  5. ‘Il allait jusqu’à prêter le papier à en-tête de l’Institut universitaire d’études du développement dont il était sous-directeur, pour que ‘Reyes’ écrive des messages à Calmy-Rey, qui possède un intérêt marqué pour la cause guerrillera’, indique un haut fonctionnaire de l’exécutif.
  6. Cette inclinaison de Calmy-Rey est mise en évidence par une analyse de ‘Gualdrón’ lui-même, en date de 2006: ‘la droite et l’extrême-droite, actuellement représentées au sein du gouvernement suisse, exercent des pressions sur la ministre qui, malgré son rôle comme représentante de son pays, montre une certaine sensibilité à l’égard de notre cause (…) Elle fait partie, si l’on veut, de la fraction la plus à gauche des socialistes’.
  7. Tout ceci, affirme-t-on à Bogota, expliquerait pourquoi Calmy-Rey s’est montrée si réservée au moment de commenter le succès de l’opération ‘Mise en échec’, tandis que son gouvernement, après les protestations de la Colombie contre Gontard, s’est empressé de préciser que ni ses actions ni ses déclarations n’engageaient la Suisse.
  8. Voyage à Créteil
  9. Mais il y a un autre point qui inquiète la Colombie et qui justifiera certainement que celle-ci pose quelques questions très bientôt à la Suisse et à la France : la réinstallation de membres de la famille de ‘Reyes’ et de ‘’Simón Trinidad’’ à Créteil, une petite ville proche de Paris.
  10. Il est déjà totalement certain qu’en février 2007, Gontard et Nöel Saez – l’émissaire français – ont aidé une fille de ‘Reyes’ (psychologue clinicienne de profession) et son époux cubain à obtenir des visas, des emplois et des aides de France. Et, un an auparavant, il l’avait fait avec des proches de ‘Trinidad’.
    A cela s’ajoute la preuve d’une médiation, ou d’une tentative de médiation du Suisse dans au moins trois enlèvements réalisés par les FARC en association avec la bande des Chauves, ainsi que l’intention manifeste de Gontard de convenir de rencontres avec le Secrétariat dans le dos de la Colombie.
    Mi-2007, ‘Reyes’ écrivait que le Suisse lui avait fait savoir qu’il allait se risquer à entreprendre le voyage jusqu’à son campement sans en informer le gouvernement. Bien plus, il indiquait qu’il suggérait de le faire à travers le Pérou, où il se rend régulièrement.
  11. La confiance perdue du Palais
  12. Jusqu’à il y a 35 jours, Jean-Pierre Henri Gontard était le bienvenu à la Casa de Nariño [NDT : siège de la Présidence colombienne]. Le Suisse de 57 ans, bon vivant et parlant couramment l’espagnol, entrait facilement dans le pays et connaissait non seulement du calendrier avec cette guerrilla, mais également des détails des avancés à la Pyrrhus avec l’ELN.
  13. C’est pour cela qu’aucune autorité n’a prêté une attention particulière au fait qu’il se soit rendu à quatre reprises en Colombie entre avril et juillet dernier. Et qu’à son compteur du nombre d’entrées dans le pays il ait enregistré près de 30 voyages depuis 2001, au moment où il a débuté comme médiateur dans le Caguán, au temps d’Andrés Pastrana.
  14. Les choses ont radicalement changé lorsqu’est parvenu entre les mains du président Uribe un document ne dépassant pas dix pages. S’y trouve décrite la proximité atteinte par Gontard – conseiller personnel de la ministre suisse des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey – avec les FARC, et transcrits les durs qualificatifs employés par le Suisse à propos d’Uribe.
  15. ‘Selon Jean-Pierre, Uribe, en tant que cow-boy fasciste, est plus disposé à les écouter que Pastrana (…) Il (Gontard) sait que le secrétaire de l’ONU (tout indique qu’ils parlent de Kofi Annan) n’apprécie pas Uribe. Du fait de ses positions guerrières, il le considère comme tout-puissant et ignorant, comme un propriétaire terrien ordinaire ou un cow-boy’
  16. Médiateur pur-sang ?
  17. Mais en France et en Suisse, il existe une autre lecture de ces épisodes, selon laquelle il s’agit d’une attaque du gouvernement Uribe contre un médiateur autorisé, pour freiner ceux qui insistent pour négocier avec les FARC.
    C’est par exemple ce que pense Daniel Pécaut, analyste politique expert des FARC et directeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris.
    Dans une conversation avec El Tiempo, Pécaut a fait part de son impression selon laquelle le gouvernement colombien – qui n’a jamais vu favorablement la perspective d’un échange humanitaire – souhaite profiter au maximum du succès mondialement reconnu de l’opération ‘Mise en échec’ pour prévenir qu’il n’acceptera plus aucune pression.
  18. ‘Au-delà du cas de Gontard, il s’agit d’un avertissement à la France et à la Suisse afin qu’elles n’insistent pas pour s’impliquer dans les processus de négociation avec les FARC’, affirme Pécaut, ajoutant que Gontard a toujours joué de manière ouverte – avec l’aval du gouvernement colombien – un rôle de facilitateur sur le sujet de l’échange humanitaire, et, de manière plus spécifique, à la recherche de la libération d’Ingrid, aux côtés de l’émissaire français et, parfois, de l’émissaire espagnol.
  19. Ce qu’il y a de certain, c’est que cet incident fait également ressortir le palmarès du négociateur suisse, qui a accompli des missions en Afrique, en Asie, au Vietnam, au Pakistan, au Bangladesh, au Moyen-Orient, au Cameroun, au Burundi, au Congo, en Côte-d’Ivoire et au Nigéria. Mais d’autres saisissent l’occasion pour rappeler qu’une partie des 240 millions d’euros que la Suisse investit pour des opérations de médiation internationale a fini par financer son aventure en Colombie.
  20. Concrètement, le voyage effectué par le Suisse en Colombie, le 2 juillet dernier, pour mettre au point un rendez-vous avorté avec ‘Alfonso Cano’, nouveau chef des FARC, sera le dernier, du moins en qualité de médiateur.
  21. Les affaires Muramatsu, Novartis et le cas espagnol
  22. Le scandale à propos de Gontard a éclaté dimanche dernier, avec la dénonciation du le fait qu’en 2001, le Suisse, après avoir joué un rôle de médiateur dans la libération de deux employés de Novartis contre une rançon de 500 000 dollars, avait lui-même convoyé cette somme au Costa Rica. Mais cela ne semble pas être le seul cas.
  23. En 2002, il s’est renseigné à propos d’un industriel japonais (apparemment Chikao Muramatsu), enlevé par un gang de policiers, ‘Les Chauves’ et en 2006 d’un Espagnol, enlevé dans le Darién. En outre, il a aidé les FARC à contacter Daniel Leandri, un ancien policier ami de Ramón Rodríguez Chacín, qui a réalisé des missions secrètes en Colombie, Andreas Von Heide, homme d’affaires suédois, Maurice Lemoine, du Monde diplomatique et Ricardo Pescia, du gouvernement suisse.