Le cas Morris : lorsque l’éthique journalistique vole en éclats (par Eduardo MacKenzie)
Le 5 février 2009
Voici la traduction annoncée par COLIBRI que nous remercions chaudement !
“La présence, dimanche 1er février 2009, des journalistes Hollman Morris, Leonardo Acevedo et Camilo Raigozo (le premier, correspondant de Radio France Internationale, RFI, et les deux autres de l’hebdomadaire communiste colombien Voz), sur le lieu choisi par les FARC pour remettre en liberté les quatre otages (policiers et militaires), a mis en péril leur vie tout autant que la réalisation de cette opération de sauvetage.
Ce sont elles, les FARC, et non le gouvernement, qui ont mis sur pied cette provocation, peut-être avec l’intention que l’armée les attaque et que tout cela se termine dans un bain de sang. Ce qui est grave, c’est qu’un media français (RFI) et l’organe de presse du Parti communiste colombien sont impliqués dans cette provocation. Ce qui est grave aussi, c’est qu’au demeurant, personne n’en fait aujourd’hui le reproche aux FARC, alors que les medias, en revanche, répercutent, sans prendre aucune distance critique avec cette affirmation, le mensonge inventé par le journaliste Enrique Botero, membre de la mission humanitaire, selon lequel l’Armée colombienne a tenté d’“entraver” ce sauvetage.
Il est évident que le but des quatre journalistes impliqués dans cette affaire (Botero, Morris, Acevedo et Raigozo) n’était pas de contribuer au succès de la mission humanitaire, mais d’aider à mettre sur pied une opération de propagande en faveur des FARC, lors même que cela ferait courir des risques aux otages. Par là-même, les FARC ont rompu l’accord qu’elles avaient avec la Croix Rouge Internationale en invitant et en incluant subrepticement trois personnes (Morris, Acevedo et Raigozo), qui n’étaient pas prévues dans les plans de la mission, afin qu’elles arrivent dans la zone de la libération avant la mission humanitaire. Une telle incursion, abusive et extrêmement dangereuse, était impossible à réaliser sans une aide directe des FARC (du fait des anneaux de sécurité - ceux des FARC comme ceux de l’Armée - et des mines antipersonnelles qui entourent certains des campements des FARC).
Les trois étaient donc de mèche avec les ravisseurs, puisque seules les FARC, les autorités brésiliennes et la Croix rouge internationale connaissaient les coordonnées de l’endroit où se trouvaient les otages. Par ailleurs, Jorge Enrique Botero, l’auteur de la fausse information ultérieure sur les “opérations militaires” qui auraient “entravé” la remise des quatre otages –élément qui a été démenti par les quatre libérés, par les autorités colombiennes et par le colonel brésilien Aquiles Furlán, lequel a nié catégoriquement au micro de la radio colombienne qu’il y ait eu dimanche des tirs ou quoi que ce soit de semblable dirigés contre eux, - a vendu à la presse nord-américaine, spécifiquement à Associated Press, quelques photos de cet évènement (publiées par le Washington Post le 2 février), ce qui prouve qu’il ne figurait pas, au sein de cette mission de sauvetage des otages, en qualité de témoin et de garant, mais bien en tant que journaliste et agitateur.
Botero, qui affirme que des avions militaires colombiens ont effectué des survols “en cercle” au-dessus du point où se trouvaient les quatre otages, a révélé en outre qu’il était arrivé au campement de la guerrilla porteur d’un équipement électronique qui lui a permis d’enregistrer “ les conversations des équipages militaires qui (sic) donnent des ordres et disent qu’il faut aller les chercher par la voie terrestre” (source : El Espectador, Bogotá, 2 février 2009). Tout indique que l’équipement électronique sophistiqué utilisé par Jorge Enrique Botero appartient à Telesur.
Botero est le correspondant de cette agence de presse vénézuélienne. Néanmoins, sa présence au sein de cette mission n’avait rien à voir avec le journalisme, aux termes d’un accord qu’il avait accepté et dont il a ensuite violé les termes. A la différence de Botero, le journaliste Daniel Samper Pizano, qui a également fait partie de cette mission humanitaire, en qualité de garant, a eu un comportement de respect absolu du statut de neutralité exigé des membres de cette mission.
Comme l’équipage de l’hélicoptère brésilien impliqué dans la mission humanitaire n’a pas accepté de transporter Hollman Morris après le sauvetage des otages, au motif qu’il ne faisait pas partie de la mission, le journaliste a quitté le campement de la guerrilla par la voie terrestre et à été soumis ultérieurement, à Unión Peneya, à un contrôle de la part des militaires.
Un communiqué du ministère colombien des relations extérieures reconnaît ce fait et explique que “le commandant de la base militaire lui a proposé, à titre préventif, une protection, que Monsieur Morris a rejetée”. La chancellerie colombienne a souligné qu’Hollman Morris “bénéficie de mesures préventives sollicitées par la Commission interaméricaine des droits de l’homme” et que “bien qu’il invoque un risque extraordinaire pour sa vie, il s’est exposé à un risque extrême [en se rendant dans le campement des FARC], sans informer l’Etat dont il revendique la protection”.
Le ministère public colombien (le parquet) a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si Hollman Morris s’est rendu coupable du “délit de contrainte illégale, de menace ou autre délit, au cours des faits vécus par les agents de force publique avant leur libération” (source : El País, Cali, 4 février 2009). Mais il ne s’est pas prononcé sur le rôle joué par Jorge Enrique Botero et par les journalistes de Voz dans les faits qui se sont déroulés dimanche dernier 1er février.
Quant à RFI, tout indique que cette radio essaie de prendre ses distances avec l’affaire dans laquelle est impliqué son correspondant en Colombie. Dans un communiqué, RFI a indiqué qu’“aucune interview liée à cette libération [des policiers et du militaire] n’a été proposée par Hollman Morris ” à RFI et que ladite radio ne lui en avait pas demandé. Le communiqué ajoute qu“aucune déclaration des otages n’a été diffusée ou utilisée dans les programmes de RFI”. Si Morris n’a pas enregistré ces déclarations pour RFI, on ne comprend pas pourquoi il a accepté de courir de tels risques énormes, pour sa vie et pour celle des otages. Il ne faut pas oublier ceci, les déclarations très claires des ex-otages libérés le 1er février, surtout celles de Juan Fernando Galicia et de Walter José Lozano. Ceux-ci ont expliqué à Bogotá comment les hommes des FARC les avaient préparés et obligés, eux, les otages “libérables”, sous la menace de les tuer ou de ne pas les remettre en liberté, à mentir à des journalistes qui allaient les interviewer (Morris, Acevedo y Raigozo), avant leur libération.
Le président Alvaro Uribe, qui a suspendu les survols dans la zone de libération des otages, même à une altitude supérieure à 20 000 pieds, a expliqué que les survols militaires du 1er février avaient été inclus dans les accords passés avec la mission humanitaire. Le chef d’Etat a critiqué avec force l’attitude de Jorge Enrique Botero et d’Hollman Morris, qui, selon lui, ont profité de la mission pour se faire “les complices permissifs du terrorisme”. Uribe a particulièrement critiqué l’attitude de Botero qui “n’a pas respecté les règles du jeu” de la mission humanitaire. “Il ne s’y est pas joint en tant que garant, mais en tant que publiciste du terrorisme. La liberté de la presse, c’est une chose, mais c’en est une autre d’utiliser la carte de journaliste pour se transformer en publiciste du terrorisme”.
Botero, Morris, Acevedo et Raigozo sont une honte, un discrédit pour la profession de journaliste. Ce qu’ils ont fait dans ces circonstances est une insulte pour tout journaliste qui se respecte. Ils ne se sont pas rendus dans ces endroits pour obtenir honnêtement des informations pour leurs lecteurs. Ils se sont déplacés là-bas pour y jouer un rôle écrit à l’avance par d’autres, pour se mettre au service d’une propagande, de la propagande d’un groupe terroriste. Avec cette manœuvre, les FARC ont violé les termes de leur accord avec la Croix rouge internationale et se sont moqué du reste des journalistes du pays et du monde. Dans deux lettres adressées à Antoine Schwarts, président de RFI, et à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, les ex-otages libérés, Walter José Lozano Guarnizo, Alexis Torres Zapata, Juan Fernando Galicia Uribe et William Giovanny Domínguez Castro ont demandé que les déclarations forcées et recueillies sous la menace de la mort qu’ils ont données au correspondant de RFI ne soient pas diffusées. Les méthodes utilisées par les FARC, consistant à intimider et à faire mentir leurs victimes sans défense pour essayer de se donner une image internationale positive, expliquent ce qui s’est produit ensuit : la libération de l’otage Alan Jara a été suivie de déclarations inadmissibles de la part de celui-ci.
Nul ne peut plus en douter: les FARC soumettent leurs otages à des menaces et à un traitement psychologique dévastateur pour que ceux-ci, même après avoir retrouvé leur liberté, jouent un rôle néfaste en faveur des terroristes, comme si cela était la chose la plus naturelle qui soit. Espérons qu’avec le temps qui passe, Alan Jara récupérera sa véritable identité morale et intellectuelle et rejettera les violentes déclarations qu’il a lancées contre le gouvernement colombien et contre le pays en général, tout en parsemant son propos d’amabilités et de nuances tendant à atténuer la culpabilité de ses ex-bourreaux, les FARC. Jara a dit, par exemple, que les guerrilleros mettaient des chaînes aux otages, “par mesure de sécurité, pas en tant que méthode de torture”. Quelles nouvelles manigances et quelles provocations les FARC auront-elles conçues pour exploiter la remise en liberté de Sigifredo López? La Colombie devrait ouvrir les yeux face aux manœuvres médiatiques sophistiquées des FARC.
Les journalistes devraient se poser cette question: comment est-il possible qu’un journaliste accepte de jouer un rôle dans une opération de propagande des FARC? Comment est-il possible qu’un journaliste interroge de manière insistante une personne qui vient de sortir de plus de sept ans de séquestration aux mains des FARC, comme c’est le cas d’Alan Jara ? Un être humain qui a souffert d’un tel isolement et de tels traumatismes peut-il répondre aux questions et aux insinuations des journalistes ? Je ne le crois pas. C’est une chose de donner la parole aux otages, pour qu’ils s’expriment librement, comme ce fut le cas à la Casa de Nariño ; c’en est une autre de les soumettre, comme ce fut le cas pour Jara à Villavicencio, à une rafale de questions difficiles. Nous autres journalistes devrions nous refuser à profiter de la faiblesse d’ex-séquestrés pour leur soutirer des déclarations de haute politique qu’ils pourraient ensuite devoir regretter. Ce qui s’est passé avec les journalistes Morris, Acevedo, Raigozo et Botero montre jusqu’à quel point les FARC sont parvenues à pénétrer le monde de la presse. Cela doit attirer notre attention. La profession doit trouver un correctif à cette faille, ou, à défaut, les FARC, et les autres acteurs de la subversion, parviendront de plus en plus à imposer leur volonté aux médias colombiens. La déontologie du journalisme existe, et nous autres journalistes devons lutter pour empêcher que des [groupes] violents la détruisent”.
Crée






jacquesthomet écrit :
Ajouté le 5 février, 2009 à 13:01@tous mes lecrteurs
Merci encore à Colibri pour sa superbe traduction. Et félicitations à Eduardo pour ce cinglant point de vue, documenté en tous points. Un énorme travail de pro.
Ma divergence est connue: Hollman Morris ne me paraît pas mériter d’être condamné a priori. Par contre Botero, oui, relève de la justice commune. Qu’attend le procureur général de Bogota ???
Colibri écrit :
Ajouté le 5 février, 2009 à 13:01Jacques, ça ne te plaisait pas, le mot “hebdromadaire”?
Fred écrit :
Ajouté le 5 février, 2009 à 13:01Moi, perso, chui allé voir sur le site de RSF à propos de Morris : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=30199. On y parle du programme Contravia, sur la chaîne publique nationale Canal Uno, animé par Mr Morris; on y apprend que Leonardo Acevedo est le cameraman d’Hollman Morris (et non pas journaliste pour Voz), que Camilo Raigozo semble bien être correspondant pour le journal colombien Voz. Déduction est donc rapidemment faite de ce que Msorris venait faire dans le coin avec un cameraman, probablement pas pour faire un billet pour RFI en effet. Mais peut être me gourre-je ou prends-je des raccourcis simplistes. Dites moi vous qui savez.
Morris “bénéficie de mesures préventives sollicitées par la Commission interaméricaine des droits de l’homme” (CIDH) ”et sous la responsabilité du gouvernement colombien” … Cherchez le truc, Morris est la bête noire du gouvernement Uribe depuis des années et “on” (CIDH) sollicite de ce même gouvernement de fournir un service de protection à ce Mr Morris, et pour le protéger de quoi des Farcs, des paras, des militaires, du gouvernement ?? Je n’en ai aucune idée ! Donc je pose la question, de quoi faut il protéger le soldat (de l’info) Morris ?
Que les otages soient manipulables et manipulés par las farc, ne fait aucun doute comme il ne fait aucun doute que le gouvernement colombien soit bien incapable d’en faire autant … envers d’ex-otages fraichement libérés et donc absolument plus manipulables.
C’est chiant parfois de chercher l’info, tout le monde pense avoir raison et mieux connaitre son sujet que les autres.
Fabio écrit :
Ajouté le 5 février, 2009 à 13:01Botero presentará pruebas de sobrevuelos colombianos durante liberación FARC
TeleSUR
El periodista informó que comenzó con el trabajo de visualización del material para la emision de un documental de 52 minutos y aunque reconoció que no es fácil porque tiene muchas horas de grabación pero muy pronto podrán ver el trabajo.
El periodista colombiano, Jorge Enrique Botero, informó en exclusiva a Telesur que “muy pronto” hará público un reportaje de 52 minutos en el que se presentan las pruebas de cómo el Gobierno colombiano torpedeó el proceso de liberación de los 4 retenidos por las FARC al violar las garantías de seguridad con el sobrevuelo de sus aviones.
El pasado domingo, Botero hizo parte del comité humanitario responsable de intermediar para la liberación de 4 uniformados en manos de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC). Durante el proceso de liberación el periodista denunció que el gobierno colombiano no cumplió con las garantías de seguridad con las que se había comprometido y realizó sobrevuelos en la zona.
Ante esta denuncia el presidente Álvaro Uribe desautorizó a la senadora Piedad Córdoba para que siguiera participando del proceso, así como a los miembros de Colombianas y Colombianas por la Paz, entre los que se encuentra Botero.
Ante el rechazo hacia la decisión de Uribe por parte de la ciudadania, el primer mandatario cambió de decisión y reautorizó a Córdoba para que continuara con el restante de las fases de liberación pero, mantuvo su postura frente a los miembros de Colombianos por la Paz.
Respecto a la reacción del presidente de Colombia, Botero declaró que “fue notoria la molestia del Gobierno colombiano con el hecho de que una cámara y un grupo de personas hubieran podido registrar exactamente que operaciones miltares estaban poniendo en riesgo la vida de estas personas”.
“Ante la evidencia de las pruebas de que había un Gobierno que estaba entorpeciendo la operación de entrega de los liberados entró en cólera. El precio que se pagó es que quienes estabamos allí haciendo ese registro documental fueramos bajados del helicóptero”, agregó.
El periodista colombiano exaltó la labor de la senadora Córdoba quien “en medio de unas circunstacias muy adversas, de evidente peligro continuó con su tarea, lo que es admirable”.
Botero es miembro de la comisión de “Colombianos por la Paz” que ayudó a las negociaciones con las FARC para la salida de la selva de Juan Fernando Galicia Uribe, Alexis Torres Zapata, Wálter José Lozano Guarnizo y William Giovanny Domínguez Castro, que se finiquitó el pasado domingo.
El presidente de Colombia arremetió este miércoles contra el periodista Jorge Enrique Botero por supuestamente ser “publicista del terrorismo”. Uribe argumenta que ambos, que forman parte del grupo humanitario Colombianos por la Paz”, asistieron a la entrega por parte de las FARC de tres policías y un militar, ” no como garantes sino como amigos del terrorismo”.
Ante esta acusación Botero recordó que “segundos antes de decir que yo era un publicista del terrorismo el presidente hizo una autoexaltacion de que en su gobierno ha habido una dismuncion de los asesinatos de periodistas pero en ese mismo momento le estaba poniendo una lapida en el cuello a dos periodistas”.
Agregó que “muchas personas suelen interpretar ese tipo de frases como una orden, varias personas se han acercado a mí para plantearme que el Presidente tiene que demostrar esas acusaciones porque sino incurre en calumnias”.
Aclaró que no piensa irse del país “no me imagino con mi cámara fuera de mi país. Yo tengo un compromiso con Colombia con el pueblo colombiano, seguir haciendo un periodismo independiente un buen periodismo como lo está haciendo en este momento Telesur”
Fabio écrit :
Ajouté le 5 février, 2009 à 13:01Committee to Protect Journalists
Human Rights Watch
CPJ, HRW object to Uribe accusations
February 5, 2009
Álvaro Uribe Vélez
President of the Republic of Colombia
Casa de Nariño
Bogotá D.C., Colombia
Via facsimile: 011-571-337-5890
Dear Mr. President:
We write to object to the accusations that you and other high-ranking members of your government made this week linking Colombian journalist Hollman Morris to the leftist guerrilla group Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC). These serious allegations endanger the life of the journalist and jeopardize press freedom in your country.
After the FARC released four hostages to a humanitarian mission led by the International Red Cross on Sunday, reports in the Colombian and international press said that Morris, producer of the weekly investigative program “Contravía” for the television network Canal Uno and correspondent for the Paris-based Radio France Internationale, had been detained by the Colombian army following his coverage of the rescue operation.
Morris told the Committee to Protect Journalists and Human Rights Watch that he had not planned to be present at the rescue operation. Rather, he said, he had traveled to southeastern Colombia 10 days before the operation to interview senior FARC leaders as part of a documentary on kidnappings in Colombia. Morris said the meeting with the commanders had been scheduled weeks prior to his trip. On Sunday, while in Caquetá province, where the rescue mission later took place, Morris, his cameraman Leonardo Acevedo, and Camilo Raigozo, a reporter for the Bogotá-based weekly La Voz, were contacted by FARC fighters and were offered an interview with the hostages.
Morris said that he met the three police officers and the soldier before they were released. However, according to Morris, once he realized that their answers had been coerced, he decided to only ask their names and their time in captivity. Morris told CPJ that he has not aired the footage, and that he would not publish hostage testimonies scripted by the FARC.
On Tuesday, the four hostages sent letters to the Inter-American Commission on Human Rights and to RFI saying that the FARC had coerced the statements they gave to Morris by threatening to kill them or keep them in captivity, according to Colombian news reports.
After the hostages were handed over to the humanitarian mission, Morris and the other two journalists were stopped at a military checkpoint near the town of Unión Peneya, Caquetá. Morris said that a soldier asked them for their footage but he refused. Ediberto Ramón Endo, a spokesman for the Caquetá government, told the national daily El Tiempo that the army had only stopped Morris because it was not safe for journalists to travel to the area. Fearing for his safety, Morris contacted human rights organizations in Bogotá, and was escorted out of town by local police and the regional ombudsman.
Vice President Francisco Santos Calderón issued a statement saying that the hostages had been forced to give Morris interviews. Santos declared that the journalist’s actions lacked “objectivity and impartiality,” and suggested that they constituted an “apology to violence.” The statement highlighted that Morris has been granted protection by the Colombian government at the behest of the Inter-American Commission for Human Rights. Morris has fled Colombia several times after receiving repeated death threats. Santos said that the journalist exposed himself to “extreme danger without informing the state, which is in charge of protecting him.”
Minister of Defense Juan Manuel Santos also stated on national radio that Morris was “close to the guerrillas.”
On Tuesday, Attorney General Mario Iguarán announced that at the request of your government and the National Police, his office would open a criminal investigation of Morris for alleged ties to terrorism, according to local press reports. We are aware of no evidence linking Morris to the FARC, and call on your government to publicly explain the foundations for this inquiry, or dismiss it all together.
At a press conference the same day, you accused Morris of “[hiding] behind his journalism to become a permissive accomplice of terrorism.” Morris said his reporting was completely independent of the FARC and your government.
You have publicly stated that while your administration does not like media outlets interviewing guerilla and paramilitary fighters, the government respects their right to do so. During a March 2006 meeting with a CPJ delegation, you emphasized that any official who interferes with the work of the press, “is committing a crime, and this is extremely grave.” Colombian journalists have the right to report freely on the decades-long internal armed conflict in your country.
The recent barrage of accusations that you and senior members of your administration have launched against Morris undermines your commitment to freedom of expression. Official comments linking journalists to any actor in Colombia’s internal armed conflict have resulted in serious threats and have led reporters to flee the country or to engage in self-censorship. We call on you as president to publicly retract your recent comments, to respect dissent and to abstain from accusing members of the media of having links to armed actors without any evidence. We urge you to call on other high-level members of your administration, including Vice President Santos and Minister of Defense Santos, to also abstain from making baseless and dangerous accusations against the Colombian and international press.
We thank you for your attention on this urgent matter. We await for your response.
Sincerely yours,
Joel Simon, CPJ Executive Director
José Miguel Vivanco, Executive Director, Americas Division, Human Rights Watch