MUR DE BERLIN, 9 NOVEMBRE 1989: SARKOZY N’Y ETAIT PAS, MALGRE SES AFFIRMATIONS !
10 novembre 2009
L’habileté des politiques à maquiller la réalité pour l’enjoliver vient d’être démontée à leurs dépens dans l’affaire de la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989.
A l'occasion d'un déplacement en Moselle lundi, le chef du gouvernement, François Fillon, a affirmé qu'entre le 7 et le 10 novembre 1989 il se trouvait à Berlin et que dans la soirée du 9 novembre, il avait bien rencontré Nicolas Sarkozy alors que des témoins de l'époque ont mis en avant des incohérences dans le récit du chef de l'Etat.
Photo à l'appui, le président a raconté ce week-end sur Facebook comment le 9 novembre, il a donné des “coups de pioche” dans le Mur, porte de Brandebourg, juste après son ouverture.
“J'étais à Berlin depuis le 7 novembre, je participais à un colloque organisé (…) sur les relations est-ouest”, avait ainsi indiqué François Fillon, qui était alors député.
Mais le Journal officiel est formel: le 8 novembre 1989, François Fillon était à l'Assemblée nationale. Selon le compte-rendu de ce jour-là, il a notamment apostrophé Pierre Bérégovoy, alors ministre de l'Economie.
Interrogé sur cette discordance par l'AFP, Matignon a indiqué “s'en tenir aux commentaires” du Premier ministre.
François Fillon est lui-même revenu sur une imprécision de sa narration, ajoutant à cet embrouillamini historico-politique.
Lundi, il affirmait avoir rencontré dans la soirée du 9 novembre une équipe de TF1 conduite par Ulysse Gosset, ce que ce dernier a démenti. Le Premier ministre a ensuite indiqué avoir “confondu”, peut-être avec un autre journaliste. Il a cité Patrick Bourrat, décédé en décembre 2002 lors d'un reportage.
Les souvenirs brumeux de l'ancien Premier ministre Alain Juppé avaient déjà jeté le trouble, alors que Nicolas Sarkozy et François Fillon assurent qu'il était aussi à Berlin le 9 novembre. Une dépêche de l’AFP en date du 17 novembre 1989 fait état du retour à Paris d’Alain Juppé après un séjour « express » à Berlin, en compagnie de Sarkozy !
Sur le web, les internautes se sont déchaînés. Ainsi Libération a mis en ligne une série de photos détournées sur lesquelles on voit Nicolas Sarkozy assister aux grands événements qui ont jalonné l'histoire, de la prise de la Bastille en 1789 aux événements tragiques de la Place Tiananmen deux cents ans plus tard, en passant par les premiers pas des Américains sur la lune.
Plus sérieusement, la gauche s'est indignée d'un “mensonge” dans lequel le chef de l'Etat a embarqué le gouvernement.
“C'est dérisoire parce qu'il (M. Sarkozy) y était le 16 novembre, apparemment tout le monde converge, mais on oblige des gens à mentir pour dire qu'il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens?” s'est interrogée Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts.
Débat “grotesque”, “dérisoire”, ont de leur côté réagi des membres du gouvernement.
“La polémique autour de cette date, de ce qui se serait passé, me paraît grotesque au regard de l'ampleur de cet événement et des cérémonies de commémoration”, a dit le porte-parole et ministre de l'Education Luc Chatel, confirmant au passage le récit du président.
Pour Bernard Kouchner, tout cela est “dérisoire”. Le chef de la diplomatie française n'a aucun doute sur la version de Nicolas Sarkozy: “j'ai entendu le président (…) je crois ce que dit le président, systématiquement”.
Le dérisoire concerne la lamentable série d’affirmations mensongères proférées par les hommes du pouvoir sur leur présence impossible à Berlin le 9 novembre 1989, afin de se faire mousser. Tristes tropiques…






jose écrit :
Ajouté le 10 novembre, 2009 à 13:01Il faut croire ce qui dit le nano-president sous peine de lese Majeste.
N’est il pas “Son Altesse Royale Kophage” …SARkophage!