L’EUROPE SE DONNE DEUX PANTINS POUR LA DIRIGER : UN CERTAIN BELGE VAN ROMPUY COMME PRESIDENT, ET UNE AUTRE NOVICE, LA BRITANNIQUE ASHTON, A LA TETE DE LA DIPLOMATIE
19 novembre 2009
Le scandale du vol en coupe du Monde du football français a permis de cacher une double absurdité politique en Europe. L'Union européenne a désigné jeudi le Belge Herman Van Rompuy pour devenir son premier président, et la Britannique Catherine Ashton pour diriger sa diplomatie, un tandem peu connu qui n'aura pas la tâche facile pour faire mieux entendre la voix de l'Europe dans le monde.
“J'ai toujours pensé qu'il fallait un président fort”, a pour sa part déclaré le président français Nicolas Sarkozy, soulignant que “d'autres solutions” avaient été envisagées, “notamment celle de Tony Blair”.
“Mais je suis persuadé que Herman Van Rompuy pourra négocier, portera fièrement le drapeau de l'Europe”, a-t-il ajouté, “ce n'est pas du tout un choix par défaut”.
L'objectif initial du traité de Lisbonne, qui créé la fonction de président du Conseil européen, était via ce poste de permettre à l'Europe de mieux faire entendre sa voir sur la scène internationale, face aux Etats-Unis et aux puissances émergentes.
Mais en choisissant deux personnalités peu connues, y compris en Europe même, les dirigeants européens semblent avoir clairement revu en baisse leurs ambitions.
M. Van Rompuy, 62 ans, avec sa présidence stable pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois, va remplacer le système actuel de présidence tournante tous les six mois, qui donnait le tournis à tout le monde.
Ce chrétien-démocrate flamand, dirige le gouvernement belge depuis un peu plus d'un an. Il s'est fait une réputation dans son pays par sa capacité à nouer des compromis entre les différentes communautés linguistiques.
Mais ses opinions sur les questions européennes sont encore peu connues.
Dans sa première déclaration jeudi soir, il a certes affirmé que l'Europe devait jouer “un rôle important” dans le monde, mais a dressé un profil de sa fonction très modeste. Il a indiqué vouloir rester “discret”, et se concentrer sur un rôle de facilitateur de compromis entre pays.
M. Van Rompuy passe pour être plutôt un fédéraliste européen. Il a évoqué la semaine dernière l'idée d'un impôt vert européen, pour alimenter le budget de l'UE, s'attirant immédiatement les foudres de la presse eurosceptique britannique.
Le choix de Catherine Ashton a en revanche surpris car elle est une novice en diplomatie. A 53 ans, elle occupe aujourd'hui le poste de commissaire européenne britannique, chargée des dossiers commerciaux.
Mme Ashton semble avoir bénéficié de deux facteurs: la volonté de nommer un sujet de sa Majesté britannique, pour envoyer un “signal” positif au Royaume-Uni alors qu'un retour au pouvoir des conservateurs britanniques eurosceptiques se profile au printemps 2010.
Elle a aussi été portée par la volonté de nombreux pays de nommer une femme.
Le choix de ces deux responsables n'a toutefois pas été du goût de tous. “Les Britanniques voulaient tuer le poste (de Haut représentant) ils ont réussi” en y faisant désigner une personnalité sans grande expérience, a critiqué un diplomate d'un grand pays européen.
“On va perdre cinq ans” pour mettre en place une diplomatie européenne ambitieuse, a-t-il ajouté.
Plusieurs diplomates estimaient que les grands pays de l'UE, France, Allemagne, Grande-Bretagne en particulier, allaient ainsi garder largement le contrôle des affaires de l'Europe.
Mon commentaire : l’Europe est bien lotie ! Avec un Flamand président de 27 pays, alors que le sien est en pleine explosion dans l’opposition entre Wallons et Orangistes, on a compris que l’Union Européenne n’aura aucun leader sur la scène mondiale. Mais avec une Britannique comme ministre des Affaires étrangères, ce sera pire. Londres refuse l’euro, exècre l’Union européenne mais en tire profit, et son allié historique reste les USA. La candidature de Tony Blair à la présidence a été liquidée à cause de son appui à George W. Bush dans la guerre absurde contre l’Irak, mais cette sous-fifre, comme ministre des Affaires étrangères, continuera de maintenir le cap atlantiste de la Grande-Bretagne, au détriment de l’intérêt européen.






